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Un rapport recommande le retrait de la police de certaines écoles de Winnipeg

Un policier marche dans le couloir d'une école.

Le document retrace l’expérience de plusieurs élèves avec les policiers dans les écoles du quartier North End et du centre-ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans un rapport dévoilé mardi, le Centre canadien de politiques alternatives suggère le retrait de policiers de certains milieux scolaires à Winnipeg, faisant ainsi écho aux appels à la fin du programme d'agents scolaires du Service de police de Winnipeg.

Le rapport Safer Schools Without Policing Indigenous and Black Lives in Winnipeg (Des écoles plus sûres sans surveillance des vies autochtones et noires à Winnipeg) décrit l’expérience des élèves avec les policiers dans les écoles du quartier North End et du centre-ville de Winnipeg.

Le document comprend les témoignages de 24 élèves, 13 parents ou tuteurs légaux et deux informateurs.

Ceux-ci estiment que la  présence policière dans les écoles cause du tort et aggrave la discrimination que les étudiants de couleur subissent déjà de la part de leurs pairs et du personnel scolaire.

Quand je vois la police [à l'école], c'est comme un interrupteur qui se déclenche dans ma tête, affirme un élève noir rencontré par les auteurs du rapport.

Le rapport note que la présence de la police dans les écoles exacerbe la discrimination à laquelle les étudiants racialisés sont déjà confrontés à l'intérieur et à l'extérieur du système scolaire.

Les participants ont eu le sentiment que, parfois, le personnel de l'école mettait en pratique ses préjugés raciaux en utilisant la police pour effrayer et punir les élèves racialisés, peut-on lire dans le rapport.

Selon le chercheur principal et étudiant au doctorat à la Faculté d'éducation de l'Université du Manitoba, Fadi Ennab, la présence de la police à l’école est notamment préjudiciable dans les quartiers défavorisés, où des enjeux liés à que la pauvreté, au racisme et les effets persistants de la colonisation sont fortement ressentis.

Nous érodons vraiment la confiance, a-t-il dit. Nous portons atteinte aux communautés et nous ne promouvons pas forcément toutes ces relations équitables que la police et des directions d'écoles promeuvent.

Des divisions déjà à la touche

L’automne dernier, la Division scolaire Louis-Riel a invoqué, entre autres, les préoccupations relatives aux inégalités et au racisme soulevées par les Noirs, les Autochtones et les autres personnes racialisées pour cesser sa participation au programme. 

La Division scolaire de Winnipeg s'est également retirée du programme, en raison des contraintes financières auxquelles elle est confrontée.

La surintendante des services communautaires de la police de Winnipeg, Bonnie Emerson, a jugé pertinent le rapport, mais a estimé qu'il manquait les points de vue des personnes qui souhaitent la présence de la police dans les écoles.

J'ai vu les avantages positifs des agents de ressources scolaires […] j'espère que les conversations se poursuivront.

Elle a indiqué que des discussions sont en cours pour savoir s'il est possible de permettre aux agents de sécurité d'abandonner leurs uniformes et de travailler en civil dans les écoles.

Mais le rapport soutient que l'argent dépensé pour les agents de sécurité serait mieux utilisé en engageant des aînés, des travailleurs sociaux et des conseillers. 

Il recommande aussi une formation sur le racisme à l’intention du personnel des écoles et l’embauche d’un personnel plus diversifié.

Le rapport sera publié dans son entièreté jeudi.

Avec les informations de Bryce Hoye

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