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La Corée du Nord tire encore deux missiles; elle blâme Séoul et Washington

Un écran de télé montre le tir simultané de plusieurs missiles nord-coréens.

Ce tir a eu lieu deux jours après le lancement d’un projectile similaire au-dessus du Japon (archives).

Photo : Associated Press / Ahn Young-joon

Agence France-Presse

La Corée du Nord a lancé jeudi deux nouveaux missiles balistiques et a qualifié ces essais d'armes de « justes mesures de rétorsion » contre Washington et Séoul en raison de leurs exercices militaires dans la région.

Ces nouveaux tirs sont survenus au moment où, à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait pour évoquer le lancement d'un autre missile nord-coréen qui avait survolé le Japon deux jours plus tôt.

Selon l'armée sud-coréenne, deux missiles à courte portée ont été lancés jeudi matin depuis les environs de Pyongyang en direction de la mer du Japon. Les garde-côtes japonais ont confirmé avoir détecté ces projectiles.

Ce sixième lancement en moins de deux semaines est absolument inacceptable, a aussitôt réagi le premier ministre japonais Fumio Kishida.

Un système d'interception de missiles au Japon.

Cette photo montre un système d'interception de missiles au sol Patriot (PAC 3), de la Force d'autodéfense aérienne du Japon, installé à côté du ministère de la Défense à Tokyo le 5 octobre 2022.

Photo : Getty Images / KAZUHIRO NOGI

Mardi, un missile de type Hwasong-12 avait survolé le Japon et parcouru environ 4600 km, soit probablement la distance la plus longue jamais atteinte par Pyongyang lors de ses essais, selon Séoul et Washington.

C'était la première fois en cinq ans qu'un projectile nord-coréen passait au-dessus du territoire japonais.

La Corée du Nord, qui a adopté en septembre une nouvelle doctrine rendant irréversible son statut de puissance nucléaire, a intensifié ses tirs cette année et a lancé un missile balistique intercontinental (ICBM) pour la première fois depuis 2017.

Ces tirs constituent les justes mesures de rétorsion de l'Armée populaire coréenne contre les manœuvres militaires conjointes entre la Corée du Sud et les États-Unis, qui provoquent une escalade des tensions militaires dans la péninsule coréenne, a déclaré jeudi le ministère nord-coréen dans un communiqué.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité

À la suite du lancement de mardi, Washington avait appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais la Chine, alliée et partenaire économique de la Corée du Nord, y a elle aussi blâmé les États-Unis.

Les essais de missiles par Pyongyang sont étroitement liés aux exercices militaires américano-sud-coréens, a déclaré devant le Conseil de sécurité l'ambassadeur chinois adjoint auprès des Nations unies, Geng Shuang.

Il a accusé Washington d'empoisonner l'environnement de sécurité régional.

Séoul, Tokyo et Washington ont multiplié les manœuvres militaires conjointes ces dernières semaines, notamment des exercices de lutte anti-sous-marine et des manœuvres navales à grande échelle.

Mercredi, la Corée du Sud et les États-Unis avaient tiré cinq missiles balistiques – dont un s'est écrasé après son lancement – vers des cibles fictives en mer du Japon. Et la veille, les aviations des deux pays avaient mené des exercices de tir en mer Jaune.

Séoul a également annoncé le retour dans la région du porte-avions à propulsion nucléaire américain USS Ronald Reagan, qui a effectué en septembre des exercices avec la marine sud-coréenne.

La réunion du Conseil de sécurité a été soutenue par la France, le Royaume-Uni, l'Albanie, la Norvège et l'Irlande.

L'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, y a dénoncé un effort clair de la Chine et de la Russie destiné à récompenser [la Corée du Nord] pour ses mauvaises actions et a appelé à un renforcement des sanctions contre Pyongyang.

En mai, Pékin et Moscou avaient opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité visant à imposer de nouvelles sanctions à la Corée du Nord, alors que cette instance avait adopté à l'unanimité de lourdes sanctions en 2017.

Selon les analystes, le régime du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un saisit l'occasion de l'impasse à l'ONU pour pousser toujours plus loin ses essais d'armes.

Séoul et Washington s'attendent à ce que la Corée du Nord reprenne ses essais nucléaires, interrompus depuis 2017, probablement après le congrès du Parti communiste chinois, qui débutera le 16 octobre.

À ce stade, pour Kim, faire marche arrière et arrêter les provocations paraîtrait contre-productif pour ses intérêts, sans parler de la quantité de ressources gaspillées pour mener ces essais d'armes, a expliqué à l'AFP Soo Kim, analyste à la RAND Corporation.

Nous sommes assurément dans un cycle de provocation armée, a-t-elle dit estimer.

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