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Vers un référendum sur les Jeux olympiques à Vancouver en 2030?

Deux personnes glissent sur une luge avec le logo des JO représenté sur la glace.

Les Jeux olympiques de 2010 avaient été organisés après la tenue d'un référendum en 2003, lors duquel une majorité de Vancouvérois avaient donné leur appui pour la tenue de l'événement. (Archives)

Photo : AFP/Getty Images / LEON NEAL

La candidate à la mairie de Vancouver Colleen Hardwick promet de tenir un référendum sur la venue des Jeux olympiques dans la métropole en 2030 si elle est élue. Les quatre autres candidats principaux ne partagent pas sa position.

Alors que la cheffe de TEAM Vancouver avait proposé une motion sur un référendum en tant que conseillère municipale en avril dernier qui avait été finalement rejetée, elle revient à la charge dans le cadre de sa plateforme électorale.

Selon elle, l’événement est trop coûteux pour ne pas consulter les citoyens. Je crois qu’avec les effets des Jeux olympiques sur la Ville et les coûts qui y sont associés pour Vancouver, il est nécessaire d’interroger le public, précise-t-elle.

Colleen Hardwick sourit.

Colleen Hardwick estime que la décision du Comité international olympique de repousser la sélection du pays hôte pour les Jeux olympiques de 2030 à l'automne prochain donne du temps à la Ville pour tenir un référendum.

Photo : Radio-Canada / Fred Gagnon

Vancouver est l’une des trois villes candidates à l'organisation des Jeux d'hiver de 2030. Les autres sont Sapporo, au Japon, et Salt Lake City, aux États-Unis. L’Espagne a également manifesté son intérêt.

Les positions d'autres partis

La candidate semble faire cavalier seul en ce qui concerne sa position sur la tenue d’un référendum.

Le maire sortant, Kennedy Stewart, estime que la question a été réglée et que le conseil municipal a déjà voté contre la tenue d’un référendum. Selon lui, l’organisation des Jeux olympiques, en collaboration avec quatre Premières Nations, fait partie du processus de réconciliation. En promettant un référendum, Colleen Hardwick nuit à nos efforts pour être une Ville de réconciliation, a-t-il répliqué à la proposition de son adversaire.

Le chef de Forward Together, qui dirige la ville depuis 4 ans, avait pourtant des positions semblables à Colleen Hardwick en 2020 quand les balbutiements des Jeux olympiques en 2030 avaient été formulés. Il avait à l’époque proposé la tenue d’un référendum.

Kennedy Stewart parle dans un parc.

Kennedy Stewart croit que la tenue d'un référendum nuirait aux efforts de réconciliation menés par la Ville.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

De son côté, le parti du candidat Ken Sim, ABC Vancouver, écarte aussi complètement l’option d'un référendum.

La candidate du parti pour l'association des parcs de Vancouver Marie-Claire Howard est claire : La réponse rapide c’est non, répond-elle. Chez ABC, on veut être pragmatique, on veut être efficace. Un référendum, ça coûte cher et ce n’est pas certain que ça rentre dans l’échéancier actuel.

À son avis, les référendums ne sont pas un outil efficace en politique. C’est un moyen de gouverner qui ne représente pas énormément de leadership, insiste-t-elle.

Pour Fred Harding, de la Non Partisan Association, il est trop tôt pour s’engager pour un référendum. Il ne cache d’ailleurs pas sa vision favorable des Jeux olympiques : Ce sera incroyable pour Vancouver, s'exclame-t-il. C’est incontournable pour notre économie, ça permettra de rendre le logement plus abordable et ça logera des milliers de personnes.

Les candidats pour la mairie de Vancouver, de gauche à droite : Fred Harding, Colleen Hardwick, Mark Marissen, Ken Sim and Kennedy Stewart.

Les divers candidats à la mairie durant un débat.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Du côté de Progress Vancouver, la candidate au conseil municipal Morgane Oger précise que son parti est aussi contre la tenue d’un référendum. Il ne faut pas oublier que ce sont des nations autochtones qui poussent ce projet, et nous les regardons pour être certains que c’est toujours un projet qu’[elles] cherchent, avance-t-elle.

Colleen Hardwick n’estime pas qu’il faut être pour ou contre les Jeux olympiques pour proposer un référendum : Pour moi l’enjeu c’est le droit de la population d’exprimer sa volonté, souligne-t-elle. Si tu es confiant que tu fais la bonne chose, tu devrais vouloir te tenir debout et faire face au public.

Une baisse d’intérêt du public?

Colleen Hardwick souligne qu’un référendum avait déjà été tenu en 2003 auprès des Vancouvérois pour les Jeux olympiques de 2010. Les Jeux avaient été appuyés à 65 %, ça l’avait donc une certaine légitimité, constate-t-elle.

Le dernier référendum sur la venue des Jeux olympiques au Canada avait été tenu pour les Jeux de 2026, et les résidents de Calgary avaient rejeté la candidature de leur Ville.

Yann Roche, professeur au département de géographie à l’UQAM, souligne que la perception du public par rapport aux Jeux olympiques semble avoir changé. Depuis une vingtaine d’années, on a noté une baisse de l’intérêt pour recevoir les Jeux, notamment dans les pays occidentaux, note-t-il.

Les anneaux olympiques installés aux abords du stade de Tokyo pendant le lancement de feux d'artifice.

Une majorité de Japonais s'opposaient à l'organisation des Jeux olympiques à Tokyo en 2021.

Photo : Getty Images / Lintao Zhang

Dans les dernières années, chaque fois qu’on a fait un référendum, c’était assez systématiquement non, précise-t-il. Il y a la sensation que la magie des Jeux opère beaucoup moins.

Yann Roche nuance toutefois que les Jeux à Vancouver de 2010 ont été considérés comme un grand succès par une grande partie du public.

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