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Décès de l’écrivaine franco-ontarienne Marguerite Andersen

L'auteure Marguerite Andersen.

L'auteure Marguerite Andersen.

Photo : Gregory Misumi

Radio-Canada

La romancière, essayiste et poète Marguerite Andersen est morte à l’âge de 97 ans.

La nouvelle a été annoncée mercredi par la maison d'édition Prise de parole et confirmée par sa codirectrice générale et directrice de l’édition denise truax, jointe par Radio-Canada.

Le départ de Marguerite ouvre un grand vide dans la vie littéraire canadienne, déclare Prise de Parole par communiqué. Mais son œuvre continuera de témoigner de son parcours d’exception et de son grand talent littéraire.

Photo de Marguerite Andersen

Marguerite Andersen, en 2020.

Photo : Radio-Canada

Membre de l'Ordre du Canada depuis fin 2016, Marguerite Andersen est l'auteure d'une œuvre prolifique et distinguée par de nombreux prix au fil de sa carrière, dont le prix des lecteurs Radio-Canada et le prix littéraire Trillium pour Le figuier sur le toit.

La doyenne de la littérature franco-ontarienne était par ailleurs membre de la Société des écrivains canadiens, de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français et a publié de nombreuses critiques littéraires, rappelle Prise de parole.

« Au-delà du rayonnement de son œuvre, Marguerite laisse un important legs dans les milieux universitaire et littéraire.  »

— Une citation de  Les éditions Prise de parole

Née en 1924, Marguerite Andersen a grandi dans une famille d'intellectuels dans l'Allemagne d'Hitler. Son œuvre, établie en partie sur le style de l'autofiction, est marquée par un sentiment de culpabilité.

L'auteure a écrit pour essayer de se comprendre elle même dans l’ensemble des époques, dans les presque 100 ans qu’elle a vécus, en commençant par son adolescence quand la guerre est déclarée en Allemagne, relate denise truax, en entrevue avec Radio-Canada.

« Une partie importante de son œuvre c’est aussi pour essayer de comprendre ça, de surmonter la honte et la culpabilité qu’elle avait d'être Allemande. Mais Marguerite, c’est aussi une féministe [...] Elle voulait comprendre la femme dans les époques qu’elle traverse. Il y a toute cette richesse-là dans son œuvre qui se décline de toutes sortes de façons. »

— Une citation de  denise truax, codirectrice générale et directrice de l’édition chez Prise de parole

De ses propres mots rappelés par Prise de parole, Mme Andersen évoque la nécessité de conter sa vie à travers ses livres. Au moment de commencer à écrire la mienne, j’avais déjà vécu une bonne partie de ma vie : l’enfance bourgeoise, la guerre en Europe, le mariage, les enfants, l’immigration, les études, la carrière universitaire et le féminisme renaissant des années 70.

Après avoir vécu en Tunisie et en Éthiopie, elle s'installe à Toronto dans les années 1970 avec ses trois enfants. C'est là qu'elle choisit de vivre et d'écrire en français et devient l’une des écrivaines franco-ontariennes les plus en vue.

La femme devenue l’amie était drôle, et elle aimait rigoler, reprend Mme truax dans le communiqué. Si elle pouvait parfois sembler brusque dans sa manière de dire les choses, c’était toujours sans méchanceté aucune. J’aimais son franc-parler. Son rire, ah! son rire, et ce regard limpide me manquent déjà.

Prise de parole compte publier en 2023 un ultime recueil de nouvelles et de récits que Marguerite Andersen avait bouclé quelques semaines avant sa disparition.

Ce recueil a été réalisé conjointement avec son ami le poète Paul Savoie, qui évoque son émotion depuis qu'il a appris la triste nouvelle il y a quelques jours.

Ça m'a vraiment bouleversé, évidemment parce que j'avais une grande estime, une grande admiration pour cette dame assez extraordinaire, explique-t-il en entrevue avec Radio-Canada.

M. Savoie se remémore l'écriture de cette dernière œuvre, pour laquelle il était comme son secrétaire, à catalyser la créativité et la force d'esprit de Marguerite Andersen malgré ses pertes de mémoire.

« Elle voulait jamais arrêter d'écrire [...] C'est limpide son écriture, toujours assez précis, mais toujours avec une petite touche, une sorte d'ironie [...] On va se souvenir d'elle comme quelqu'un qui avait une plume magnifique, mais aussi une profondeur. »

— Une citation de  Paul Savoie, poète et ami de Marguerite Andersen

Pour la dramaturge franco-ontarienne Mishka Lavigne, le legs de ce monument de la littérature est l'idée que les expériences féminines peuvent être l'apanage de la grande littérature.

« Margaret Anderson a vraiment laissé une une trace indélébile en tant que voix féminine. Je crois que [son style] a laissé sa marque sur beaucoup de créatrices qui sont venues après elles. »

— Une citation de  Mishka Lavigne, dramaturge
Avec les informations de Mathieu Grégoire

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