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Liz Truss promet de sortir le Royaume-Uni « de la tempête »

Plus impopulaire encore que Boris Johnson, la première ministre veut donner un nouveau souffle à son mandat.

Mme Truss prononce un discours.

La première ministre britannique Liz Truss a livré un discours pendant le congrès conservateur, le 5 octobre, à Birmingham.

Photo : Getty Images / AFP/Leon Neal

Agence France-Presse

Déjà affaiblie après un petit mois au pouvoir, la première ministre britannique Liz Truss a cherché à reprendre l'ascendant mercredi, promettant de sortir le Royaume-Uni de « la tempête » grâce à la croissance, à l'issue d'un congrès conservateur marqué par les doutes et les dissensions.

Dans ces temps difficiles, nous devons agir. Je suis déterminée à faire avancer le Royaume-Uni pour nous sortir de la tempête, a lancé Mme Truss. Croissance, croissance, croissance, a-t-elle martelé dans un discours sans annonce devant les élus et les militants de son parti réunis à Birmingham (centre de l'Angleterre).

Le statu quo n'est pas une option

Avec la volonté de renouveler un pouvoir conservateur à la tête du pays depuis 12 ans, la première ministre a réaffirmé vouloir en finir avec le cycle d'impôts élevés et de faible croissance et a insisté sur son objectif de faire croître l'économie britannique. Le statu quo n'est pas une option, a-t-elle soutenu dans un discours introduit par un succès des années 1990, Moving on up, qui parle de ras-le-bol et de séparation sans retour.

Tentant de faire taire ceux qui dans, ses rangs, ne cachent pas leurs doutes, et se disant une nouvelle fois prête à faire les choix difficiles, elle a insisté sur ses priorités : baisser les impôts, améliorer les services publics, en particulier la santé, et lutter contre l'immigration illégale.

À la tribune, elle s'en est prise à ce qu'elle a appelé la coalition anti-croissance regroupant partis d'opposition, syndicats et organisations écologistes et qui, selon elle, préfère protester plutôt qu'agir.

Un homme tente d'enlever la banderole des mains des deux jeunes femmes.

Deux militantes ont interrompu le congrès conservateur britannique pour brandir une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Qui a voté pour ça? ».

Photo : Associated Press / Kirsty Wigglesworth

Interrompue brièvement par des militants de Greenpeace dénonçant la fin du moratoire sur la fracturation hydraulique, Mme Truss a longuement réaffirmé le soutien du Royaume-Uni à l'Ukraine dans sa guerre avec la Russie.

Elle a aussi défendu une nouvelle fois son approche budgétaire responsable, alors que son mini-budget présenté le 23 septembre pour faire face à la crise du coût de la vie a été vivement critiqué pour ses baisses d'impôts financées par la dette, faisant chuter la livre.

Sous la pression de sa majorité, le gouvernement a renoncé lundi à supprimer la tranche d'imposition la plus élevée, une volte-face qui a affaibli Mme Truss, en créant le doute sur sa capacité à garder le cap.

Chez les militants présents au congrès, le discours semble avoir rassuré. Il était bien mieux que ce à quoi je m'attendais, a déclaré à l'AFP Debbie Richard, une élue locale de 66 ans du Suffolk qui était inquiète après cette volte-face.

Mais les marchés n'ont rien trouvé de rassurant, et la livre a glissé de 2,01 % face à un dollar américain en pleine forme, tombant à 1,1241 dollars mercredi en fin d'après-midi. Jeudi matin, elle s'échangeait à 1,1336.

L'agence de notation Fitch a quant à elle baissé la perspective de la note du Royaume-Uni de stable à négative, dans le sillage d'une décision similaire de l'agence S&P liée aux importantes baisses d'impôts annoncées.

Une première ministre sous surveillance

Ce discours suffira-t-il à réaffirmer l'autorité de la première ministre, quand la ministre de l'Intérieur Suella Braverman a accusé de putsch mardi certains conservateurs l'ayant ouvertement critiquée?

L'ancien ministre des Transports, Grant Shapps, qui avait soutenu le rival de Mme Truss, l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak, dans la course à Downing Street, a averti que les députés du parti ne resteraient pas sans rien faire si les sondages restent calamiteux.

Selon une étude YouGov publiée juste avant le discours de Mme Truss, elle est à 14 % d'opinions favorables, plus bas encore que le pire score de son prédécesseur Boris Johnson.

L'ancien premier ministre Boris Johnson salue de la main alors qu'il marche.

La première ministre Truss est moins appréciée que l'était l'ancien premier ministre Boris Johnson. (archives)

Photo : Associated Press / Frank Augstein

Quantité de dossiers minés attendent encore son gouvernement et pourraient alimenter la fronde, notamment la future revalorisation des prestations sociales, à propos de laquelle le nouveau gouvernement ne se juge pas lié par l'engagement pris par Boris Johnson de les augmenter à hauteur de l'inflation.

Plusieurs voix se sont élevées au sein de la majorité pour rappeler à Liz Truss de ne pas trop s'éloigner du programme de Boris Johnson, qui avait valu en décembre 2019 aux conservateurs un triomphe inédit depuis Margaret Thatcher, première ministre de 1979 à 1990.

Les prochaines élections sont attendues dans les deux ans et l'opposition travailliste est ressortie revigorée de son congrès de la fin de septembre.

Les Tories refusent toujours d'abandonner leur budget kamikaze qui a fait éclater l'économie, a tweeté le dirigeant travailliste Keir Starmer.

Un récent sondage leur donne 33 points d'avance par rapport aux conservateurs, du jamais-vu depuis la fin des années 1990, quand Tony Blair était arrivé au pouvoir.

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