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Enquête Portapique : des groupes s’expriment sur le contrôle des armes à feu

Montage photo des visages de 22 personnes disposés sur quatre rangées.

Les 22 personnes tuées dans le massacre survenu les 18 et 19 avril 2020 à Portapique, Wentworth, Debert et Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les défenseurs des droits des propriétaires d'armes à feu et ceux qui désirent un contrôle plus strict de ces armes affirment que la police, le gouvernement fédéral et les services frontaliers pourraient prendre des mesures pour aider à empêcher une autre fusillade comme celle d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

La Commission des pertes massives, qui a dirigé l'enquête publique sur la fusillade d'avril 2020, au cours de laquelle 22 personnes ont été tuées par un homme armé au volant d'une réplique d’une voiture de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a entendu les soumissions pour les recommandations finales des groupes pour et contre le contrôle des armes à feu.

Blair Hagen, de l'Association canadienne des armes à feu, a déclaré que la commission ne devrait pas resserrer la réglementation canadienne sur les armes à feu, car les lois actuelles n'ont rien fait pour arrêter le tireur Gabriel Wortman.

Il n'avait pas de permis d'armes à feu et il a fait passer illégalement des États-Unis des armes à feu utilisées lors de la fusillade.

L'agresseur a planifié cet acte de violence incroyable pendant une très longue période, accumulant soigneusement les outils et accessoires dont il avait besoin au mépris total de toute loi ou réglementation, soutient Blair Hagen.

Rod Giltaca debout sur le trottoir.

Rod Giltaca, de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu

Photo : Gracieuseté : Coalition canadienne pour les droits des armes à feu

Rod Giltaca de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu croit que la seule réglementation qui aurait pu influencer la fusillade concerne les mandats de perquisition.

Il souligne l'article du Code criminel qui permet à un agent de demander à un juge un mandat de perquisition, ou, dans certains cas, une perquisition sans mandat, dans l'intention de saisir des armes dans l'intérêt de la sécurité publique.

Rod Giltaca croit que les policiers auraient pu appliquer cette section du Code à plusieurs reprises au cours des années précédant la fusillade, entre autres lorsque le tireur a proféré des menaces contre sa famille.

Une arme en héritage

Joanna Birenbaum, de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes à feu, croit qu'il existe de nombreux domaines dans lesquels la réglementation sur les armes à feu devrait être renforcée, y compris un domaine qui aurait pu empêcher au moins une arme de tomber entre les mains du tireur.

Joanna Birenbaum s'exprime par vidéoconférence.

Joanna Birenbaum, de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes à feu, s'adresse à la Commission des pertes massives le 22 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada

L'une des cinq armes à feu trouvées en possession du tireur, un Ruger Mini 14, provenait de la succession de son ami néo-brunswickois Tom Evans, qui le lui a légué après sa mort.

Joanna Birenbaum déplore que le tireur ait pu mettre la main sur cette arme sans que personne ne pose de question.

Il y a également peu ou pas de suivi effectué par les autorités lorsque les permis d'armes à feu d'une personne expirent ou qu'un titulaire de permis décède, dit-elle.

C’est donc à la famille ou aux avocats d'alerter la police s'il y a une arme à feu qui doit être saisie.

Joanna Birenbaum pense qu'il devrait y avoir des changements administratifs et juridiques immédiats pour empêcher le transfert illégal d'armes à feu.

La voiture roule à côté de beaucoup de fleurs.

Une voiture de la GRC est vue près d'une exposition commémorative à Portapique après la fusillade de masse en avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Brett Ruskin

La Coalition demande aussi la création d'une ligne d'assistance téléphonique nationale sur les armes à feu où les citoyens pourraient signaler des problèmes d'armes illégales au personnel du commissaire de la GRC, et non à leur force de police locale

Joanna Birenbaum pense également que le gouvernement fédéral devrait conclure un accord avec les autorités frontalières américaines pour mieux prévenir la contrebande d'armes à feu.

Elle souhaiterait que le pays s’engage à poursuivre ou extrader les résidents et les entreprises américaines qui vendent ou transfèrent des armes à feu à un Canadien qui n'a pas de permis.

Un inventaire illégal

Le tireur avait cinq armes avec lui lorsqu’il a été tué dans une station-service d'Enfield.

Cinq armes et leurs munitions.

Voici les armes que le tireur avait en sa possession lorsqu'il a été tué dans une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse. Il y a trois armes de poing et deux carabines. Trois de ces armes provenaient du Maine.

Photo : Gracieuseté : Commission des pertes massives

Le Ruger de Tom Evans et un pistolet de service de la GRC volé à la policière Heidi Stevenson étaient les seules armes à feu provenant du Canada.

Les trois autres venaient des États-Unis, et les archives judiciaires suggèrent que l'ami du tireur Sean Conlogue, de Houlton, dans le Maine, en possédait autrefois deux.

La police pense que le tireur s'est arrangé pour acheter une carabine semi-automatique de 5,56 mm de marque Colt Law Enforcement à un autre homme après l'avoir admirée lors d'une exposition d'armes à feu à Houlton.

Les preuves amassées par la Commission ont montré que le tireur était capable de faire passer clandestinement la frontière aux armes à feu, souvent enroulées dans le couvercle du plateau de son camion.

Avec les informations de Haley Ryan, de CBC

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