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Service médical en cas de viol : quatre infirmières démissionnent au N.-B.

L'hôpital Dr Everett Chalmers.

Il ne reste que trois infirmières examinatrices des cas d'agression sexuelle au Réseau de santé Horizon pour toute la région de Fredericton, selon l’une d’elles, Janet Matheson.

Photo : La Presse canadienne / Kevin Bissett

Radio-Canada

Au moins quatre membres du programme d'infirmières examinatrices de cas d'agression sexuelle (SANE) dans le Réseau de santé Horizon ont démissionné à la suite de certains propos de la dirigeante du réseau et du premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Deux d’entre elles travaillaient dans la région de Fredericton et les deux autres dans celle du Haut de la Vallée, selon Horizon.

C’est le sentiment d’un manque de respect envers nous et l’absence d’excuses publiques. Nous nous sommes senties non respectées, explique Janet Matheson, qui travaille toujours dans le cadre du programme, à Fredericton.

Une femme de 26 ans qui n’avait pas pu obtenir un examen lorsqu'elle s'est présentée à l’hôpital Dr Everett Chalmers à la suite d'une agression sexuelle a donné une entrevue à ce sujet à CBC en septembre.

Selon elle, on lui a dit qu’aucune infirmière du SANE n’était disponible pour effectuer cet examen, qui consiste aussi à recueillir des preuves admissibles en cas de procès, et qu’elle devait revenir le lendemain.

La jeune femme a ajouté qu’elle a ensuite demandé des conseils à la police, qu’un agent est intervenu et que l’hôpital a appelé une infirmière pour l’aider.

Le premier ministre Blaine Higgs a décrit l’incident comme étant inacceptable et reflétant un processus guidé par de mauvaises prises de décision et un manque de compassion.

La PDG intérimaire d’Horizon, Margaret Melanson, a aussi dit que c’était inacceptable et que la gestion du programme allait faire l’objet d’une révision.

Janet Matheson a exprimé en septembre son souhait pour des excuses publiques et pour qu’un plus grand nombre d'infirmières soient formées pour aider les victimes d’agressions sexuelles.

Selon Janet Matheson, ses collègues ont démissionné peu après une grande réunion à laquelle participaient des représentants du SANE et d’Horizon. Vous devez appuyer votre personnel, dit-elle.

L’opposition réclame des excuses

À l’Assemblée législative, mercredi, le chef de l’opposition, le député libéral Rob McKee, a demandé à Blaine Higgs de présenter des excuses parce que baisser le moral du personnel ne fait qu'aggraver le problème.

Blaine Higgs a reconnu l’excellence du travail effectué par le personnel médical, mais il a refusé de présenter des excuses pour ses propos jugés irrespectueux par les infirmières démissionnaires.

Rob McKee parle devant l'Assemblée législative.

Le chef de l'opposition officielle, le député libéral Rob McKee, a demandé à Blaine Higgs de présenter des excuses.

Photo : Assemblée législative du Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs et Rob McKee ont tous deux exprimé de la compassion pour la jeune femme qui n’avait pas pu obtenir un examen.

M. Higgs a déclaré qu’il ne pouvait imaginer que l’une de ses propres filles subisse un viol et soit refoulée au service des urgences. Il a ajouté qu'il est important de prendre des décisions pour le bien des personnes qui ont besoin d’aide.

Blaine Higgs parle devant l'Assemblée législative.

Le premier ministre Blaine Higgs a refusé de présenter des excuses. L'important, selon lui, n'est pas de trouver la faute, c'est de tirer des leçons pour améliorer les choses.

Photo : Assemblée législative du Nouveau-Brunswick

Rob McKee a rappelé l’importance de ce genre d’examen pour les procédures judiciaires en disant qu’ils sont essentiels pour que les victimes obtiennent les services et les traitements dont elles ont besoin.

Le chef de l’opposition attribue la situation à l’inaction du gouvernement en matière de santé.

Blaine Higgs a répliqué qu’il est malheureux que l’opposition souhaite en faire une question politique. Il a ajouté que c’est plutôt une situation très sérieuse.

Un horaire épouvantable

À la suite de ces départs, il ne reste plus que Mme Matheson et deux collègues pour faire ce genre d’examen dans toute la région de Fredericton 24 heures par jour, 7 jours par semaine.

Notre horaire maintenant a l’air épouvantable, dit-elle en ajoutant que le trio va faire ce qu’il peut pour répondre à la demande.

Janet Matheson, souriante, travaille dans une chambre d'hôpital.

Janet Matheson, 69 ans, compte 45 ans d'expérience en soins infirmiers. Elle est une infirmière examinatrice des cas d'agression sexuelle depuis 2006.

Photo : Gracieuseté/Janet Matheson

Le SANE dans le Haut de la Vallée ne compte plus que deux infirmières, selon Horizon. Le porte-parole n’a pu préciser s’il y a eu des démissions dans d'autres régions.

Janet Matheson affirme pour sa part qu’elle a travaillé à Fredericton samedi et qu’elle a effectué l’examen sur deux victimes d'agressions sexuelles provenant de Saint-Jean. Elle croit que le programme manque aussi de personnel à Saint-Jean.

Moins d'infirmières examinatrices

Horizon employait 26 infirmières examinatrices des cas d'agression sexuelle le 15 septembre dernier alors que le réseau en comptait environ 40 un an auparavant.

Selon Greg Doiron, vice-président aux activités cliniques chez Horizon, la révision de la gestion du SANE doit être terminée dans les prochaines semaines.

Il promet un plan d’amélioration du service qui répondra aux besoins des victimes d’agression sexuelle.

D’après un reportage de Bobbi-Jean MacKinnon, de CBC

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