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« On ne se met pas la tête dans le sable », assure la cheffe libérale

Les libéraux de Dominique Anglade étaient réunis en Mauricie mercredi pour faire leur autopsie électorale.

Dominique Anglade, Marc Tanguay et Désirée McGraw derrière des micros.

Dominique Anglade, accompagnée des députés désignés Marc Tanguay et Désirée McGraw, a parlé aux médias après une première rencontre avec son équipe au lendemain des élections.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Radio-Canada

À peine deux jours après les élections générales, l'heure était au bilan de campagne mercredi au Parti libéral du Québec (PLQ). Si la cheffe dit avoir reçu une « dose d'amour » de ses candidats, défaits ou élus, elle assure toutefois être très consciente des défis qui attendent les libéraux.

Flanquée des députés désignés de LaFontaine, Marc Tanguay, et de Notre-Dame-de-Grâce, Désirée McGraw, Dominique Anglade s'est montrée souriante et enthousiaste devant les médias, tout juste après une rencontre avec tous ceux qui ont brigué les suffrages, dans un restaurant de Yamachiche, en Mauricie.

Il s'agissait de procéder à la traditionnelle autopsie électorale de la formation politique, qui s'apprête à retourner sur les banquettes de l'opposition officielle.

C'était une dose d'amour, beaucoup d'amour des candidats. Beaucoup de personnes nous disent : ''On veut être impliquées, on veut continuer à rebâtir le parti'', a-t-elle assuré en mêlée de presse.

Elle admet cependant avoir pris connaissance des commentaires de son équipe selon lesquels l'organisation a fait défaut pendant la campagne et qu'une meilleure présence sur le terrain aurait dû être assurée partout au Québec.

Dominique Anglade en mêlée de presse.

La cheffe libérale Dominique Anglade a fait l'autopsie de la campagne électorale avec son équipe mercredi à Yamachiche.

Photo : Radio-Canada / Simon Brown-Racine

« On ne se met pas la tête dans le sable non plus, là. Il faut qu'on regarde des enjeux d'organisation, faire le bilan des choses [...], regarder ce qui n'a pas fonctionné. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Alors que certains de ses candidats déçus croient que les idées du parti ont peut-être eu de la difficulté à passer auprès d'une frange de la population, Dominique Anglade voit plutôt un lien entre la perte d’appuis parmi les électeurs francophones et le manque de présence des libéraux sur le terrain.

Selon elle, si le PLQ veut aspirer au pouvoir lors des prochaines élections générales, en 2026, il faudra améliorer la présence terrain sur l’ensemble du territoire sur le long terme, de même que l’organisation. On a eu des commentaires par rapport à l’organisation, ça ne va pas vous surprendre non plus. On a eu un début de campagne où ç'a été plus difficile.

C’est sûr que quand on arrive avec des candidats plus sur le tard, c’est un enjeu, cet élément-là. On veut arriver avec des gens qui sont préparés depuis longtemps, a reconnu la cheffe libérale, qui a réussi à compléter son équipe de candidats seulement une semaine après le début de la campagne.

Imbroglio sur la reconnaissance de QS et du PQ

Quant à la reconnaissance de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) comme groupes parlementaires – alors qu’ils n’ont ni le nombre de députés ni les suffrages suffisants pour y prétendre, au sens de la loi –, Dominique Anglade refuse toujours de s’y engager. Ce sont des discussions qui auront lieu lorsqu’on va rentrer à l’Assemblée nationale.

De plus, selon elle, ce n’est pas à l’opposition de décider. La réforme du mode de scrutin, c’est dans la cour de François Legault, qui a fermé la porte. C’est la première chose à faire, a-t-elle assené. La réforme du mode de scrutin n’était pas dans notre plateforme, mais j’ai montré une ouverture par rapport à ça, a souligné Mme Anglade.

« J'entends bien les questions de distorsion par rapport à tout ce qu’on vit avec le résultat électoral. Mais ce que ça prendrait, c’est une véritable discussion par rapport au mode de scrutin. J’invite le premier ministre à rouvrir cette porte-là. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Qui bénéfice le plus de la distorsion aujourd'hui? C'est clairement le gouvernement en place, a-t-elle souligné. Interpellée par les journalistes, elle a cependant dû reconnaître que son parti en bénéficie également dans une moindre mesure. Si le projet de loi 39 sur la réforme du mode de scrutin n'avait pas été abandonné en décembre 2021, le PLQ aurait récolté 17 sièges plutôt que 21 lundi soir.

Le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, et le leader péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, ont tous deux indiqué leur volonté de demander le statut de groupe parlementaire reconnu. QS a obtenu 11 sièges avec 15,4 % des votes, tandis que le PQ en a obtenu trois avec 14,6 % des votes.

Pour être reconnu comme un groupe parlementaire officiel, il faut avoir obtenu au moins 12 sièges ou 20 % des suffrages. En 2018, ce statut ainsi que le temps de parole et les budgets qu'il permet d'obtenir avaient toutefois été accordés aux deux partis même s'ils ne réunissaient pas les conditions de base requises.

Mardi, au lendemain des élections, le premier ministre désigné François Legault s'est dit ouvert à l'idée de procéder au même type d'arrangement qu'en 2018.

Un caucus renouvelé

Lundi, le PLQ a fait élire 21 députés, soit 13 femmes et 8 hommes. Tous devaient être présents à la réunion de mercredi, sauf Marwah Rizqy (Saint-Laurent) et Gregory Kelly (Jacques-Cartier) qui, en raison de l'arrivée imminente de leur premier enfant, ont dû y assister par vidéoconférence.

Parmi les 21 membres du nouveau caucus libéral se trouvent 10 nouveaux venus à l'Assemblée nationale, tous recrutés par Dominique Anglade.

Les 10 nouveaux députés du Parti libéral du Québec

Fred Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys); Madwa-Nika Cadet (Bourassa-Sauvé); Linda Caron (La Pinière); Virginie Dufour (Mille-Îles); Brigitte Garceau (Robert-Baldwin); Sona Lakhoyan Olivier (Chomedey); Désirée McGraw (Notre-Dame-de-Grâce); André A. Morin (Acadie); Elisabeth Prass (D'Arcy-McGee); Michelle Setlakwe (Mont-Royal–Outremont).

La réunion s'est tenue dans une région où tous les candidats du PLQ ont terminé lundi en cinquième place, derrière la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ), le PQ et QS, obtenant en moyenne 5,2 % des suffrages.

En fait, la formation libérale n'a pu faire élire aucun député à l’est de l’île de Montréal. Dans ce contexte, la décision de tenir un caucus à Yamachiche, deux jours après le scrutin, n’était pas anodine.

Avec les informations d'Alexandre Duval

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