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Le sébaste, victime de la pêche illégale en Colombie-Britannique?

Un sébaste à dos épineux au fond de l'eau.

La pêche illégale touche notamment l'habitat du sébaste.

Photo : Central Coast Indigenous Resource Alliance (CCIRA)

Une étude montre que les actes présumés de pêche illégale ont bondi pendant la pandémie de COVID-19 dans des aires de conservation du sébaste autour de l'île Galiano, en Colombie-Britannique. Cette tendance met à mal les efforts des résidents de l'île pour protéger cette espèce en déclin.

C’était tellement bien parti, puis la pandémie est arrivée et la pêche récréative illégale est repartie à la hausse, c’est vraiment décevant, explique Natalie Ban, professeure à l'Université de Victoria et coauteure de l’étude publiée dans la revue scientifique ICES Journal of Marine Science.

Des actes présumés de non-conformité aux règlements des aires de conservation ont ainsi bondi pendant la pandémie, passant d’environ 18 sur une période 100 jours en 2019, à plus de 286 durant la même période en 2021.

Ces chiffres ont toutefois une limite, puisqu'il est difficile d’identifier, sur les photos, les bateaux appartenant à des communautés autochtones autorisées à pêcher dans ces aires de conservation. À l’avenir, les auteurs de l’étude souhaitent travailler avec les Premières Nations pour affiner leurs travaux.

Des caméras pour détecter les actes illégaux

Pour obtenir ces chiffres, les auteurs de l’étude et leurs partenaires se sont servis de huit caméras installées dans les aires de conservation du sébaste autour de l'île Galiano.

Elles prennent des photos toutes les cinq minutes durant la journée et permettent aux chercheurs de repérer les bateaux de pêche présents dans ces aires de conservation.

Une carte avec des zones colorées en vert.

Les aires de conservation des sébastes autour de l'île Galiano.

Photo : Galiano Conservancy Association

Installé en 2015, cet outil de surveillance et de dissuasion a pourtant fait ses preuves dans le passé et a permis de faire baisser fortement le nombre d’actes de pêche illégaux.

« Les sébastes sont très vulnérables à la surpêche. Ils sont très faciles à pêcher et si l'on ne les protège pas, ils risquent de disparaître. »

— Une citation de  Natalie Ban, professeure à l'Université de Victoria et coauteure de l’étude

La pandémie a toutefois rebattu les cartes. La pêche récréative est restée très populaire et, en même temps, le respect des règles et la sanction contre les actes illégaux se seraient faits plus timides.

« Les gens ont été moins enclins à respecter les règlements. »

— Une citation de  Natalie Ban, professeure à l'Université de Victoria et coauteure de l’étude

Natalie Ban précise que tous les pêcheurs récréatifs n’ont pas forcément agi intentionnellement. Pendant la pandémie, les activités de sensibilisation auxquelles nous participions ont été annulées. C’est peut-être l’une des raisons qui expliquent que certains n’étaient pas au courant des règles, ajoute-t-elle.

Protéger le sébaste

Sur l'île Galiano, des résidents se mobilisent pour protéger cette espèce à faibles niveaux d’abondance, selon Pêches et Océans Canada.

Martine Paulin milite au sein de l’Association de conservation de Galiano, avec qui les auteurs de l’étude ont collaboré. Selon elle, il est urgent de renforcer la sensibilisation.

L'été, il y a énormément de tourisme sur l'île. La population quadruple. Avec elle, il y a davantage d'activités de pêche, et de pêche illégale, explique Martine Paulin.

« C’est encore une région sauvage, malgré la proximité des grands centres de Vancouver et de Victoria. C’est très important de conserver ces zones à l’heure des changements climatiques. »

— Une citation de  Martine Paulin, Association de conservation de Galiano
Un sébaste à queue jaune photographié au large de la côte britanno-colombienne.

Les résidents de l'île Galiano tentent de protéger la population de sébastes.

Photo : Kieran Cox

Outre la sensibilisation, l’étude recommande également de renforcer et surtout de faire respecter les règlements en vigueur.

C’est bien beau d’avoir ces aires de conservation, mais s’il n’y a aucune conséquence, ce n’est pas très utile en bout de ligne, affirme Martine Paulin, qui habite sur l'île.

Réponse du Ministère

Pêches et Océans Canada reconnaît qu’il y a eu une légère baisse de la fréquence des patrouilles du service général peut-être au début de la pandémie en disant que, à ce moment-là, il devait élaborer des procédures sécuritaires de travail pour ses travailleurs.

Le Ministère ajoute que ce manque a été compensé par le soutien de patrouilles aériennes et maritimes.

Une fois les protocoles de COVID-19 établies, les fréquences de patrouille de surveillance auraient repris leur rythme de croisière, selon Pêches et Océans Canada.

Dans sa lutte contre la pêche illégale, Ottawa demande au public de lui signaler tout acte qui contreviendrait aux règlements en vigueur.

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