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Procès de Daniel Laframboise : une victime alléguée aurait perdu son autonomie

Daniel Laframboise sort du palais de justice.

Daniel Laframboise à sa sortie du palais de justice de Rouyn-Noranda, lundi le 3 octobre.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier

Johanie Bellemare St-Georges poursuit son témoignage au procès devant jury de Daniel Laframboise, cette semaine, au palais de justice de Rouyn-Noranda.

Présentée comme l’une des victimes alléguées de M. Laframboise, Mme Bellemare St-Georges déclarait la semaine dernière avoir vécu sous son joug pendant onze ans.

Elle a décrit lundi comment les courriels de menace qu’elle recevait l'auraient contrainte à pratiquer des activités sexuelles, y compris des pratiques de bondage, de discipline, de domination, de soumission, de sadomasochisme (BDSM), avec l’accusé.

Elle devait, assure-t-elle, lui envoyer régulièrement des photos intimes ainsi que des courriels réitérant son appartenance, en plus de subir diverses formes d’humiliation.

L’inscription Maître D aurait été tatouée sur une zone intime de son corps. Elle devait aussi porter des colliers d’appartenance dans des lieux publics, indique son témoignage.

Un courriel m’a présenté un remède énergétique ancestral pour régler mes allergies. Il indiquait que mes allergies guériraient si je me laissais sodomiser par Daniel avant de lui faire une fellation, ajoute celle qui aurait subi ce traitement une dizaine de fois.

Elle aurait été fouettée et violée des centaines de fois par ce dernier.

Briser son égo

Mme Bellemare St-Georges a annoncé qu’elle devait assumer plusieurs tâches ménagères pour le compte de Daniel Laframboise, dont son lavage et la préparation de dîners.

Pendant que tu seras avec tes parents, voici ce que tu auras à faire : manger de la main gauche, pas de dessert sauf des fruits, te masturber après avoir pris ta douche [...], mentionne par exemple un courriel de Daniel Laframboise envoyé à Johanie Bellemare St-Georges en juillet 2010.

La plaignante croit que l’accusé a tenté de briser son égo pour qu’elle accepte son statut de soumise, qu’elle apprenne à apprécier la douleur et qu’elle lui témoigne de la gratitude.

Rappelons que la Couronne a affirmé lors de l’ouverture du procès que Johanie Bellemare St-Georges avait reçu des milliers de courriels provenant de faux usagers. Certains auraient présenté sa soumission comme une forme de mission divine.

Ces messages, qui menaçaient notamment de divulguer des photos intimes d’elle, l’auraient dissuadé de porter plainte et de s’éloigner de l’accusé. Ils auraient été envoyés par M. Laframboise, soutiennent les procureures Me Andrée-Anne Gagnon et Me Émilie Larose.

Johanie Bellemare St-Georges aurait emménagé chez Daniel Laframboise et sa famille vers mai 2007. Elle se décrivait à l’époque comme vulnérable en raison de ses problèmes de consommation de drogues et d’alcool.

Les sévices et autres contacts sexuels se seraient échelonnés sur une période de 11 ans.

Éléments complémentaires

Le procès de Daniel Laframboise, qui entame sa seconde semaine, est censé se poursuivre jusqu’en décembre prochain.

L’interrogatoire de la plaignante continuera mercredi.

La défense, représentée par Me Véronique Talbot et Me Stéphanie Gariépy, enchaînera avec l’étape du contre-interrogatoire lorsque la Couronne aura terminé de poser ses questions.

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