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Mode de scrutin : l’élection « de la distorsion », déplore Manon Massé

Les deux co-porte-parole en point de presse dans un parc.

Manon Massé en compagnie de Gabriel Nadeau-Dubois, les deux co-porte-parole de Québec solidaire

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

Le « tsunami caquiste » de 70 % des sièges, qui repose toutefois sur moins de la moitié du vote populaire, devrait inciter le gouvernement Legault à réformer le mode de scrutin, selon la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé.

C'est l'élection de la distorsion. Plus que jamais, on voit comment le mode de scrutin est brisé au Québec, a lancé la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques en entrevue au lendemain du jour du scrutin.

Mme Massé, qui a été élue pour une troisième fois, a joint sa voix à celle des chefs péquiste et conservateur, qui ont déploré une disparité entre le nombre de sièges obtenus et les suffrages recueillis.

S'il est sincère lorsqu'il tend la main aux partis d'opposition, le premier ministre François Legault devrait en premier lieu aborder avec eux la question d'un mode de scrutin proportionnel, estime Mme Massé.

« Si M. Legault croit en la démocratie, je pense qu'il va être obligé de prendre un pas de recul et de revenir à sa promesse de 2018. [...] Dans cette élection-ci, la représentation au Parlement n'est pas fidèle à l'expression des voix de nos concitoyens et concitoyennes. »

— Une citation de  Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a rappelé en point de presse mardi s'être engagé à ne pas relancer le débat sur le mode de scrutin. Et je vais respecter mon engagement, a-t-il dit.

Au même titre que le Parti québécois (PQ), QS devra négocier avec les autres formations pour obtenir le statut de parti officiel à l'Assemblée nationale puisqu'il ne répond pas à au moins un des deux critères pour être un groupe parlementaire reconnu. Un parti doit obtenir 12 députés ou 20 % des suffrages afin d'avoir du temps de parole et des budgets.

QS a récolté 11 sièges et a recueilli 15,4 % des votes. En 2018, ce parti avait été mis dans la même situation et avait finalement été reconnu comme groupe parlementaire officiel.

Mme Massé croit qu'à la prochaine législature, les autres partis ne pourront pas faire abstraction du fait que sa formation est au deuxième rang quant au vote populaire après la CAQ.

La co-porte-parole promet que QS sera une opposition redoutable face au gouvernement Legault sur les enjeux du changement climatique.

Au lendemain des élections générales, le co-porte-parole de Québec solidaire revient sur la performance de son parti.

Confiante dans l'avenir

Les résultats espérés par Québec solidaire n'ont pas été au rendez-vous lundi soir. Ce parti a su maintenir la plupart de ses acquis et ravir deux circonscriptions aux libéraux sur l'île de Montréal. Cependant, QS n'est pas parvenu à faire des gains en région ni à former l'opposition officielle, comme le souhaitait le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

Malgré ces déceptions, Mme Massé se réjouit que son parti ait été le seul à ne pas reculer face à la vague caquiste, gagnant même un siège de plus.

QS a toutefois perdu une de ses seules circonscriptions en dehors des deux plus grands centres urbains du Québec. La députée sortante de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a mordu la poussière face au candidat caquiste Daniel Bernard.

Québec solidaire reste donc majoritairement présent sur l'île de Montréal avec 8 de ses 11 sièges, les trois autres étant à Québec et à Sherbrooke. Mme Massé a néanmoins mentionné que le parti a augmenté son score de façon significative par rapport à 2018 dans des circonscriptions rurales qu'il convoitait hors de la métropole, telles que Saint-François en Estrie ou Ungava dans le Nord-du-Québec.

Moi, ça me fait dire que Québec solidaire est en marche. On continue d'être en marche. On a vraiment résisté à cette vague-là parce qu'on a réussi à agrandir notre famille. On fera les bilans en temps et lieu, mais ça me rend confiante pour la suite des choses, conclut-elle.

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