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Le Parti québécois souhaite garder le statut de groupe parlementaire reconnu

Paul St-Pierre Plamondon tient une feuille.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon après son discours devant les médias mardi

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Au lendemain d’une défaite historique aux élections générales, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s’est adressé aux chefs des autres principales formations politiques pour qu'ils tiennent compte de la réalité du vote populaire lorsque viendra le moment de décider si le PQ pourra conserver le statut de groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée nationale.

Il a lancé cet appel aux autres leaders en conférence de presse, mardi matin, quelques heures seulement après que le PQ n'eut réussi à faire élire que trois candidats, loin des dix sièges remportés en 2018, dont trois ont été perdus en cours de mandat.

Essentiellement, il leur a demandé un espace équitable pour poser des questions sur la base du résultat au suffrage universel, et non en fonction des sièges obtenus.

Un statut de parti officiel à l’Assemblée nationale lui allouerait notamment plus de temps de questions en Chambre et un budget de fonctionnement adéquat afin de former une équipe parlementaire respectable.

Il a dénoncé une injustice sur le plan du nombre de députés, mentionnant que sa formation détient 15 % des voix, mais qu’elle ne bénéficie même pas de 3 % des sièges au Salon bleu.

Pour illustrer une distorsion historique, il a fait remarquer que son parti a obtenu plus de votes au suffrage universel que le Parti libéral du Québec, mais que ce dernier formera l’opposition officielle avec 21 députés. Avec une représentation davantage proportionnelle, son parti aurait décroché 18 sièges au lieu de 3.

Le leader souverainiste a appelé les partis à leur sens du devoir et à leur intégrité. Il a souligné la volonté du chef caquiste François Legault de travailler avec les oppositions et celle de la cheffe libérale Dominique Anglade de rassembler les Québécois, et les a invités à manifester concrètement leur intention. Je m’attends à une collaboration, a-t-il résumé.

Paul St-Pierre Plamondon a admis ne pas avoir eu d’échanges avec les autres chefs à cet égard, étant donné le court laps de temps écoulé depuis la soirée électorale. En cas de refus, il y verrait une attaque contre la démocratie qui est volontaire.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Réformer le système

La même logique s’applique, d’après lui, au Parti conservateur du Québec qui a récolté près de 13 % des voix, mais n’est pas parvenu à faire élire un seul candidat. Doit-on lui accorder le statut d’observateur au Salon bleu? Selon M. St-Pierre Plamondon, un parti qui récolte plus de 10 % des votes au Québec mérite d’être entendu à l’Assemblée nationale.

Quel accommodement peut être fait pour que des gens ne soient pas contraints à la rue ou au quasi-mutisme par gourmandise du gouvernement?, s'est-il interrogé.

Paul St-Pierre Plamondon a un air déçu.

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon a rencontré les médias au lendemain d'une défaite historique de la formation à un scrutin provincial.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le chef péquiste a également invité les autres chefs à s’engager à réviser le mode scrutin, invoquant une distorsion historique entre le vote populaire et le nombre de sièges obtenus.

Le dirigeant indépendantiste incite la Coalition avenir Québec à procéder à une nouvelle réflexion sur le système électoral en vigueur et à s’engager à permettre une représentation proportionnelle.

« La disproportion entre le vote populaire et le nombre de sièges est historique, et elle est problématique pour la démocratie au Québec. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Et si les autres chefs refusaient ses demandes? M. St-Pierre Plamondon a répondu que la solution se trouvait dans l’opinion publique, puisque 60 % des citoyens n’ont pas voté pour la Coalition avenir Québec, et a fait référence à une forme de mobilisation citoyenne.

Legault ouvert à reconnaître les partis

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s’est dit prêt à reconnaître le Parti québécois et Québec solidaire comme des groupes parlementaires officiels. Un tel débat était survenu à l’issue des élections provinciales en 2018 après la victoire de la CAQ, et le leader caquiste avait accédé à leurs demandes.

« Je suis ouvert à reconnaître ces partis. Je vais avoir des discussions avec eux. Je suis ouvert à les reconnaître comme on avait fait en 2018. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ

Néanmoins, il a fermé la porte à une réforme du mode de scrutin. J’ai été très clair pendant la campagne électorale. Je me suis engagé à ne pas rouvrir le débat sur le mode de scrutin. Je vais respecter mon engagement, a-t-il convenu.

J’ai l’intention de travailler sur une réforme parlementaire pour améliorer le rôle de chacun des 125 députés. Donc, autant de notre parti que des partis d’opposition, a-t-il ajouté.

Francois Legault en point de presse.

Le chef de la CAQ François Legault en point de presse, mardi

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Anglade se montre hésitante

De son côté, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a montré de l’ouverture à propos d’une réforme du mode de scrutin. Je reconnais les distorsions. Comme j’ai dit, je suis ouverte à ce qu’il y ait des discussions par rapport à cela, a-t-elle affirmé.

Par contre, elle ne s’est pas engagée à reconnaître le PQ et QS comme des groupes parlementaires officiels. Cela va faire partie des discussions qu’il va y avoir dans les prochaines semaines, s’est-elle limitée à dire en mêlée de presse.

Le système en place est imparfait, a-t-elle concédé, avant de rappeler rapidement que son parti a été désigné pour occuper le rôle d’opposition officielle.

On a été élu opposition officielle de manière claire. On a 21 députés qui vont vouloir s’exprimer comme opposition officielle. Donc, on va faire ce travail en étant extrêmement ouverts, a-t-elle assuré.

Dominique Anglade parle dans un parc vert.

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade en point de presse au lendemain des élections provinciales.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Une grande fierté pour PSPP

Par ailleurs, Paul St-Pierre Plamondon ne renie pas la campagne qu’il a menée, malgré les résultats décevants. Je referais exactement cette campagne. Elle nous rend fiers. Les gens étaient contents, a-t-il admis.

Même si le nombre de sièges n’est pas à la hauteur de nos attentes, je ressens une très grande fierté par rapport à ce qu’on a accompli dans cette campagne, par rapport à la qualité de la campagne qu’on a menée et à l’appréciation de la population pour nos idées, a-t-il soutenu.

Alors, comment expliquer cette défaite historique? Paul St-Pierre Plamondon considère que le gouvernement caquiste a passé l’essentiel de son mandat à gérer la pandémie, occupant tout l’espace médiatique et décidant par décrets, et que cela a clairement eu un effet sur tous les partis.

« Ce qu’on voit, c’est la volonté, suite à une pandémie, de donner un deuxième mandat à un gouvernement qui a passé le plus clair de son temps à [la] gérer. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

En revanche, il a souligné que le PQ était un parti national implanté aux quatre coins de la province, et non un parti régional, une flèche lancée au Parti libéral du Québec.

Pas de fusion avec les solidaires

Le dirigeant indépendantiste n’envisage pas de discussions avec Québec solidaire sur une possible fusion entre les deux formations. Ce n’est pas la bonne piste de réflexion, a-t-il affirmé, insistant davantage sur la nécessité d'une révision d’un mode de scrutin qui est à la limite de l’absurde.

Malgré de nombreux points communs entre les deux groupes, Paul St-Pierre Plamondon a plutôt évoqué des divergences d’opinion sur plusieurs sujets, comme la protection du français ou la promotion de l’indépendance.

Et il dit se souvenir très bien des derniers pourparlers et de comment on a été traités en 2018 par Québec solidaire. Mes militants ne l’ont pas oublié. Cela fait partie de l’environnement politique. On ne peut pas le nier, a-t-il déclaré, citant entre autres des insultes reçues de la part des solidaires au sujet de la défense de la laïcité.

On a déjà la démonstration que de tenter de prendre deux partis qui n’ont pas le même ADN et qui n’ont pas la même opinion sur des choses fondamentales […] c’est une mauvaise idée, a-t-il tranché.

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