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Une institution d’autrefois : l’école de rang

Une salle de classe dans une école de rang en 1963.

L'école de rang a été une institution essentielle au Canada français et anglais jusque dans les années 1960.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les écoles de rang ont été un lieu d’apprentissage essentiel pour l’éducation de générations de Canadiens qui vivaient en milieu rural. Leur fonctionnement était la plupart du temps assuré par des femmes qui travaillaient dans des conditions difficilement acceptables de nos jours.

Une institution essentielle

L’école de rang est une institution qui a existé partout au Canada français et anglais.

Des générations de Canadiens français qui vivaient en milieu rural s'y sont fait inculquer des connaissances de base en français, en mathématiques, en histoire et en géographie.

Au Québec, l’école de rang a pris son essor en 1829 avec l’Acte pour l’encouragement de l’éducation populaire.

La réforme des établissements scolaires à partir du milieu des années 1940 a contribué à la disparition graduelle des écoles de rang.

Malgré le mouvement de modernisation des établissements scolaires, l’école de rang a été omniprésente dans les campagnes canadiennes jusqu’au milieu des années 1960.

Un métier majoritairement féminin et difficile

« La petite maîtresse d’école était obligée de travailler avec un matériel didactique plutôt simple. »

— Une citation de  Mme Tessier, 1960

Le journaliste Paul-Émile Tremblay interview une institutrice d'école de rang sur les tâches quotidiennes de son travail.

Le 9 janvier 1960, le journaliste Paul-Émile Tremblay présente à l’émission Droit de cité une entrevue avec Mme Tessier, institutrice à Notre-Dame-de-la-Paix, dans la région de l’Outaouais.

Mme Tessier décrit le contexte de travail difficile des institutrices des écoles de rang avant la réforme de l’éducation au Québec.

Par exemple, elles devaient souvent parcourir de grandes distances pour aller travailler et enseignaient à de très nombreux élèves dans des salles souvent mal chauffées.

De plus, elles devaient se débrouiller avec un matériel scolaire souvent très sommaire et souffraient fréquemment d’isolement, comme le rappelle Mme Tessier.

À ces problèmes s’ajoutaient de piètres conditions salariales.

Entrevue de la journaliste Andréanne Lafond avec l'institutrice d'école de rang Mme Pigeon.

À l’émission Aujourd’hui du 20 mai 1963, une institutrice de la commission scolaire de Châteauguay, Mme Pigeon, décrit sa journée de travail à la journaliste Andréanne Lafond.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne se tourne pas les pouces.

L’institutrice exprime aussi son opinion sur son salaire, qu’elle juge insuffisant.

En tant qu’institutrice non syndiquée, elle reçoit une rémunération de 2500 $ par année.

Ce traitement et l’évaluation qu’en fait Mme Pigeon contrastent avec l’opinion d’une autre institutrice qui enseigne dans une école située tout près.

La grande différence, semble-t-il, c’est que la collègue de Mme Pigeon est pour sa part syndiquée.

Des faits surprenants

Le journaliste Joël Le Bigot interviewe l'institutrice d'école de rang à la retraite Agathe Gariépy sur son métier.

Le 8 avril 1981, le journaliste Joël Le Bigot interviewe l’institutrice d’école de rang Agathe Gariépy à l’émission Le temps de vivre.

Elle confirme l’absence d’équité salariale entre les instituteurs et les institutrices à l'époque.

Le matériel didactique était souvent soit inadéquat, soit tout simplement inexistant.

Agathe Gariépy se souvient par exemple que c’était le cas pour l’apprentissage de l’anglais.

Les méthodes d’enseignement et les dictionnaires dans la langue de Shakespeare n’étaient même pas fournis par la commission scolaire.

Le fait le plus surprenant est peut-être la politisation de la notion de sécurité d'emploi dans les écoles de rang.

À l’époque, rappelle Agathe Gariépy, pour obtenir un poste d’institutrice dans une école, il fallait que sa famille vote du bon bord, c’est-à-dire pour le parti au pouvoir.

C’est ainsi qu'un jour, elle a été remerciée parce que son père militait pour un parti opposé au gouvernement.

Elle a alors dû chercher à enseigner dans une autre école.

Autres temps, autres mœurs, comme dit le proverbe.

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