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Éric Duhaime se dit prêt à débaucher des députés caquistes

Le chef conservateur travaille déjà en coulisses pour assurer un maximum de visibilité à son parti.

Le chef conservateur donne un discours.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Photo : La Presse canadienne / Bernard Brault

12,9 % des votes, mais aucun député. S'il dénonce la « distorsion démocratique » qui prive son parti de représentation à l'Assemblée nationale, Éric Duhaime travaille déjà en coulisses pour assurer un maximum de visibilité aux idées conservatrices au cours des quatre prochaines années.

Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire du Québec qu’un parti obtienne autant de votes et soit exclu de l’Assemblée nationale, a dénoncé le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) au micro d'Alec Castonguay, au lendemain d'un scrutin qui a octroyé une forte majorité à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Quelque 530 000 Québécois ont voté pour le PCQ.

« On représente un Québécois sur sept, si on veut maintenir la confiance dans les institutions. [...] Je pense que c'est légitime pour nous de réclamer une place à l'Assemblée nationale. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Tout le monde comprend qu’il va falloir regarder quel type d’aménagement on peut faire. Les autres chefs de partis semblent ouverts à cette discussion.

Tenir des conférences de presse à la tribune de la presse de l'Assemblée nationale, avoir un bureau, avoir un budget de recherche, ou encore un budget de communication, il s'agit là de certains des aménagements auxquels réfléchit Éric Duhaime, à défaut de faire une réforme du mode de scrutin.

J'en ai parlé à François Legault hier, a-t-il confié.

Le chef du Parti conservateur revient sur les résultats des élections en entrevue avec Patrice Roy.

Or, questionné mardi quant à la possibilité de permettre à M. Duhaime de tenir des conférences de presse à l'Assemblée nationale, François Legault n'a pas du tout semblé ouvert. Il ne m’a pas parlé de ça, a-t-il lâché, en référence à sa conversation avec le chef conservateur. Et, effectivement, ce n’est pas évident qu’on peut permettre à des gens non élus de faire des points de presse à l’Assemblée nationale.

Ils ont un chef [...] Je pense qu’il est représentatif de ce 13 % de la population qui a voté pour le Parti conservateur, a relaté M. Legault. Il va avoir des idées. Quand je lui ai parlé hier, il semblait ouvert à ce qu’on travaille ensemble. Ça peut prendre plusieurs formes, mais l’idée, c’est de se rencontrer régulièrement et d’essayer d’écouter et de mettre en pratique certaine des suggestions.

M. Legault s’est par contre dit ouvert à reconnaître le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) comme groupes parlementaires, eux qui ont fait élire des députés, mais pas tout à fait assez pour obtenir ce statut. En 2018, le chef caquiste leur avait accordé ce statut, ce qui leur avait conféré certains avantages, notamment un droit de parole au Salon bleu et des budgets de recherche.

Recrutement hors normes?

M. Duhaime a toutefois plus d'un tour dans son sac pour s'assurer d'une certaine visibilité au cours des quatre prochaines années.

D’après moi, il y a une dizaine ou une vingtaine [de députés caquistes] qui ne vont pas recevoir d’appels dans les prochains jours et qui vont être déçus, a-t-il laissé tomber, car il estime que François Legault ne pourra pas satisfaire tous ceux qui font partie de son énorme caucus de 90 députés.

Tentera-t-il de débaucher certains d'entre eux, comme il l'avait fait avec Claire Samson, élue sous la bannière caquiste, mais déçue de ne pas avoir reçu de ministère? C’est sûr qu’on va mettre des efforts là-dessus, a fait savoir le chef conservateur, amusé par la question.

La politique, c'est rempli d'inconnu. Quatre ans, c'est long. Il peut se passer toutes sortes de choses, a-t-il ajouté, évoquant la possibilité d'élections partielles.

Des surprises à Montréal

Si la popularité du Parti conservateur était prévisible dans la région de Québec, elle a eu l'effet d'une surprise, y compris pour le chef, sur l'île de Montréal.

Le PCQ est arrivé deuxième dans plus d'une vingtaine de circonscriptions du Québec, dont certaines dans l'ouest de Montréal. C'est le cas dans Jacques-Cartier, Robert-Baldwin et D’Arcy-McGee.

Ç'a été une surprise, même pour nous! On a rejoint des anglophones et des allophones, il y a des gens à aller chercher là, a souligné M. Duhaime.

À l’extérieur du vote anglophone, il faut réaliser que le Parti libéral est devenu un tiers parti au Québec, a-t-il argué, promettant d'être présent comme chef à la prochaine élection générale québécoise, dans quatre ans.

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