•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un ex-infirmier plus heureux à vendre des planchers

Jean-Michel Mallais tenant des échantillons de planchers.

Jean-Michel Mallais, un ex-infirmier, est aujourd'hui vendeur de planchers.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Aider les autres : c’est ce qui a poussé Jean-Michel Mallais à devenir infirmier auxiliaire. Mais, exténué, il a quitté son emploi au CHU Dumont à Moncton, il y a quelques mois, pour devenir vendeur de planchers. Selon lui, il s’agit d’une autre manière d’aider les autres et ça le rend plus heureux.

Jean-Michel Mallais a troqué l'administration de pilules aux patients et des conditions écrasantes pour la présentation d'échantillon de plancher aux clients dans un environnement détendu.

Après six ans comme infirmier auxiliaire, il travaille aujourd'hui chez Ritchies à Moncton, un emploi qu’il pourrait occuper longtemps.

« Je n’ai jamais été autant valorisé comme personne. J’ai jamais eu autant de compliments dans les deux mois et demi que je travaille là que des six ans de nursing que j’ai fait. »

— Une citation de  Jean-Michel Mallais, ex-infirmier auxiliaire

L'ex-infirmier de 28 ans dit qu'il n'a jamais reçu autant de merci et de s’il-vous-plaît lorsqu’il travaillait à l’hôpital.

Des années difficiles comme infirmier

Dès qu'il a obtenu son premier emploi dans un foyer de soins à Shédiac, l'homme de Paquetville a constaté que les conditions de travail étaient radicalement différentes de celles qu'il avait vues pendant son stage.

Il était parfois responsable de 45 patients. Selon lui, c’était en partie dû à un manque d’employés.

Je me suis déjà vu dans une chambre en train de crusher les pilules de patient X, puis d'aider avec les soins en même temps, raconte-t-il.

Façade de l'établissement.

La Villa Providence à Shediac, au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Sarah Déry

En 2018, il n’en peut plus. Un épuisement professionnel et une mononucléose le forcent à prendre un congé de maladie prolongé, accompagné d’une interrogation sur son avenir.

Ok, ça va tu être ça ma vie pour les prochains 30, 40 ans?

Quitter le foyer de soins pour l'hôpital

Décidé à quitter ce foyer de soins, mais pas la profession d’infirmier, il obtient un poste en 2018 au CHU Dumont à Moncton.

C’est vraiment le jour et la nuit, dit celui qui était ravi de troquer ses quarts de travail de huit heures pour ceux de 12 heures et ainsi travailler moins de jours dans la semaine.

L'enseigne de l'hôpital.

Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton (archives).

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Mais, petit à petit, on lui demande de faire du temps supplémentaire. Ces demandes se multiplient et se transforment en obligations.

Et, le nombre de patients dont il doit s’occuper ne cesse d’augmenter, à un point tel qu’il compare ses tâches au travail à la chaîne.

« Tu deal avec quelqu’un qui est en soins [palliatifs]. Puis, tu as pas le temps de te remettre dedans. Tu viens juste de prendre soin de quelqu’un qui est sur le seuil de mourir. Puis, tu as encore toute la journée qui te tape dedans à 100 miles à l’heure, parce que tu peux pas te permettre de prendre un souffle. »

— Une citation de  Jean-Michel Mallais, ex-infirmier auxiliaire

Ces conditions de travail le poussent donc à remettre sa démission au début de l’été.

Il n’est pas le seul à avoir posé un tel geste dans la dernière année. Pendant l’exercice financier 2021-2022, 500 employés du Réseau de santé Vitalité, dont 152 infirmières, ont remis leur démission.

Jean-Michel Mallais.

Jean-Michel Mallais

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Avec un peu de recul, Jean-Michel Mallais dit que les patients ne comprenaient pas que les infirmiers ne puissent s’occuper d’eux immédiatement. Une situation qu’il trouve lui-même incorrecte, mais qui est malheureusement la réalité.

À la fin de la journée, je suis plus content de vendre du plancher que d’avoir aidé des gens, lance-t-il en précisant que cette phrase, bien que vraie, lui paraît toujours étrange.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !