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Se lancer en politique comme mairesse, mais à quel prix?

Les candidats à la mairie de Vancouver, de gauche à droite : Fred Harding, Colleen Hardwick, Mark Marissen, Ken Sim et Kennedy Stewart.

Colleen Hardwick pourrait devenir la première mairesse de Vancouver depuis sa création, il y a 136 ans.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Parmi les candidats qui se présentent aux élections municipales du 15 octobre en Colombie-Britannique, 28 % sont des femmes, et certaines, qui ont aussi siégé comme conseillères municipales, remettent en question l'égalité de genre en politique.

À Vancouver, comme à Nelson, les candidates à la mairie Colleen Hardwick et Janice Morisson veulent s’attaquer au coût de la vie, à la crise du logement, aux surdoses et au manque de travailleurs de la santé.

Colleen Hardwick sourit à la caméra.

Colleen Hardwick conseille aux jeunes femmes qui souhaitent se lancer en politique d'être bien préparées dans tous les dossiers qui touchent leur communauté et de ne pas se laisser intimider par le métier.

Photo : Radio-Canada / Fred Gagnon

Colleen Hardwick est devenue conseillère municipale en 2018 à Vancouver, mais elle a toujours baigné dans la politique municipale grâce à son père, Walter Hardwick. En 1968, il a été élu conseiller municipal et a fondé le parti politique TEAM. Professeur en géographie à l’Université de la Colombie-Britannique, il a façonné les quartiers de Vancouver. Colleen est désormais à la tête de TEAM.

Ses filles et ses petites-filles l'inspirent également : Ma famille a toujours vécu à Vancouver. Penser que mes filles seront forcées de partir pour s’installer ailleurs en raison du coût de la vie, cela me brise le cœur. C’est la réalité de bien d’autres familles.

Colleen Hardwick pourrait devenir la première mairesse de Vancouver, mais la campagne électorale n’a pas été de tout repos et elle ne s'attendait pas à ce que le fait d'être une femme soit un obstacle.

Elle affirme avoir reçu plusieurs menaces depuis 2018 qui se sont multipliées ces dernières semaines.

Mes filles ne veulent pas que nos photos de famille se retrouvent sur les réseaux sociaux par peur de représailles, affirme la Vancouvéroise, qui estime que les politiciennes font face à plus d'animosité.

Cette animosité, elle le ressent aussi du côté de ses collègues masculins qui, selon elle, n’ont pas toujours pris au sérieux ses idées et son leadership parce qu'elle est une femme. Je suis soit trop émotive, trop dure ou pas assez intelligente. C’est difficile, il faut être faite forte pour se lancer en politique, dit-elle.

Janice Morrison pose devant un pont.

Janice Morrison constate que, dans les plus jeunes générations, il y a de l'engouement pour la politique municipale et des thèmes comme les changements climatiques.

Photo : Envoyée par Janice Morrison

Janice Morrison, la seule femme candidate à la mairie de Nelson, a fait face à des défis similaires. Passionnée par sa communauté, elle a été élue pour la première fois comme conseillère municipale en 1999. Puis, elle s’est représentée à nouveau en 2014 et en 2018.

J'ai fait trois mandats avec deux maires et une mairesse, Deb Kozak. C'est la seule qui ne m'a jamais dit d'arrêter de parler parce que j'étais émotive, explique-t-elle.

Janice Morrison trouve qu'il est important d’arrêter d’amalgamer la passion et l’émotion. Comme Colleen, elle reconnaît qu’il faut avoir une carapace en politique et toujours être bien préparée.

Elle ajoute qu’un conseil municipal doit refléter la diversité de la communauté. Sa crainte, à Nelson, c’est que le conseil municipal ne soit composé que d’hommes cette année. Deb Kozak, qui a été la première femme élue à la tête de Nelson en 2018, partage ce sentiment.

Malgré tout, l'amour de leurs concitoyens et de leurs familles incite Colleen et Janice à tenir tête aux stéréotypes qui, selon elles, ne peuvent être brisés que par la sensibilisation et l'éducation.

Elles espèrent que les femmes qui rêvent de se lancer en politique ou qui sont en politique seront davantage soutenues par leurs pairs, leurs proches et la population.

Le poids des réseaux sociaux

Lois Jackson est considérée par ses pairs comme une source d’inspiration. Vers la fin des années 1960, elle a quitté l’Ontario pour s’installer dans le nord de Delta, en Colombie-Britannique, afin d’offrir une meilleure vie à ses enfants.

À l’époque, la ville n’en était qu’à ses balbutiements. C’est pourquoi elle a décidé de se lancer en politique. Elle a été élue en 1972 comme conseillère municipale, ce qui faisait d'elle la première femme de sa région à exercer cette fonction. Depuis, elle a été conseillère municipale et mairesse pendant près de 50 ans.

Lois Jackson semble écouter attentivement son interlocuteur.

Lois Jackson, qui a été au service de sa communauté depuis près de 50 ans, estime que les réseaux sociaux contribuent à un climat beaucoup plus toxique qui décourage les femmes de se lancer en politique.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Maintenant à la retraite, elle raconte qu’il était très difficile de faire valoir ses idées auprès de ses collègues.

« Je ne pense pas qu’ils me prenaient au sérieux. Au départ, je chuchotais à un conseiller municipal à côté de moi : "Que penses-tu de cette idée? C’est intéressant." Et c’est lui qui mettait de l’avant mon idée. C’était comme cela que mes motions étaient soutenues par des conseillers municipaux. C’était frustrant. »

— Une citation de  Lois Jackson, ancienne mairesse et conseillère municipale

Selon elle, la grande différence dans la dégradation du traitement des femmes en politique, et même des hommes, provient des réseaux sociaux. Ceux-ci permettent à des individus de menacer ou de dire des méchancetés à l’endroit de politiciens.

Ce sont des choses que des personnes ne se permettraient pas de dire à une autre personne en pleine face. On dirait que nous avons perdu le respect et le civisme, estime-t-elle.

Comme Colleen Hardwick et Janice Morrison, Lois Jackson croit qu’il est important de sensibiliser les jeunes à la politique municipale à l’école. Selon elle, il est primordial que ces derniers comprennent qu’un conseil municipal, qui est un gouvernement de proximité, c'est important.

Elle estime qu'ils doivent avoir des réponses à plusieurs questions. À quoi sert-il? Comment fonctionne-t-il? Quelles sont ses responsabilités? Quelle est l’importance de la parité et de la diversité?

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