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Un ancien boxeur du Manitoba intente une poursuite pour son isolement « cruel » en prison

L'ancien champion de boxe Ralph 'Junior' Moar dans une salle d'entraînement.

Dans sa plainte, Ralph Moar affirme que ses droits ont été bafoués et qu'il a été « maltraité et agressé » à plusieurs reprises. (archives)

Photo : Radio-Canada / Meagan Fiddler

Radio-Canada

L'ancien champion de boxe Ralph « Junior » Moar poursuit le procureur général du Canada et le personnel du pénitencier de Stony Mountain parce qu'il a passé 27 mois consécutifs en isolement préventif alors qu'il était incarcéré. Il qualifie cette expérience de « cruelle » et dit que c'était de la « torture ».

M. Moar, qui a parlé de son expérience en avril, allègue que le personnel du pénitencier et le procureur ont failli à leur devoir de veiller à son bien-être.

Dans sa déclaration du 28 septembre à la Cour du Banc du Roi du Manitoba, il ajoute que ses droits ont été bafoués et qu'il a été maltraité et agressé à plusieurs reprises.

« Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi. »

— Une citation de  Ralph « Junior » Moar, en entrevue avec CBC/Radio-Canada en avril

Ralph Moar a été emprisonnné au pénitencier fédéral de Stony Mountain pendant quatre ans et en est sorti en 2005. Après une fusillade au volant d'une voiture, il a été accusé de tentative de meurtre et d'avoir déchargé une arme à feu. Il a été condamné pour ce deuxième chef d'accusation.

Il a passé 27 mois des quatre ans de sa peine en isolement, après s'être battu. Selon la plainte déposée en cour, cet isolement lui aurait causé un stress grave, de l'anxiété et de la dépression, entre autres.

Souvent, M. Moar était confiné à sa cellule 24 heures par jour, stipule la plainte. Les seules occasions qu'il avait d'en sortir étaient pendant l'exercice ou la douche quotidiennes, ou encore pour passer un appel de 30 minutes, trois fois par semaine.

Après plusieurs décisions de tribunaux provinciaux reconnaissant que les droits des personnes incarcérées avaient été bafoués, le gouvernement canadien a mis fin à l'isolement préventif dans ses établissements carcéraux en 2019.

Recours collectif

Ralph Moar allègue dans sa plainte que ses droits ont été bafoués parce qu'il a reçu une punition et une privation de sa liberté allant au-delà de la peine qu'il devait purger.

Il estime qu'il doit être dédommagé pour les problèmes psychologiques découlant de son expérience, la perte de revenus liée à son incapacité à obtenir un emploi et à recevoir une indemnisation substantielle.

Selon la plainte déposée en cour, les indemnisations financières que M. Moar entend obtenir serviront non seulement à le dédommager, mais aussi à décourager des violations systémiques des droits à l'avenir.

Au printemps 2022, la Cour du Banc du Roi du Manitoba a jugé que les prisonniers qui avaient été placés en isolement préventif dans la province pouvaient entreprendre un recours collectif.

Ce recours vise toute personne au Manitoba ayant passé 15 jours consécutifs ou plus en isolement depuis décembre 1992.

CBC/Radio-Canada a demandé aux avocats de M. Moar s'ils envisageaient de se joindre au recours collectif en plus de continuer leur propre poursuite, mais ils n'ont pas répondu.

CBC/Radio-Canada a aussi contacté le procureur général du Canada et Service correctionnel Canada lundi, sans recevoir de réponse. Aucune défense n'avait été déposée en date du 4 octobre.

Avec les informations de Rachel Bergen

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