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Des enzymes « mangeuses de plastique » découvertes dans la salive de larves

Une larve sur un sac de plastique.

Des enzymes présentes dans la salive des larves d'un papillon de nuit attaquent le polyéthylène en quelques heures.

Photo : CIB-CSIC/César Hernández

Agence France-Presse

Des enzymes présentes dans la salive de certaines larves peuvent dégrader rapidement l'une des matières plastiques les plus utilisées dans le monde, ouvrant une piste de lutte contre cette forme de pollution, selon une étude publiée mardi.

Sur les 400 millions de tonnes de matières plastiques produites chaque année selon les estimations de l'OCDE, un tiers environ sont des polyéthylènes. Issus de la pétrochimie, simples et peu chers à fabriquer, ils sont notamment très utilisés pour les emballages.

L'ONU, qui qualifie la pollution au plastique de fléau mondial, a récemment lancé des négociations pour l'élaboration d'un traité international destiné à réduire ce phénomène.

Le fait que des enzymes puissent attaquer les matières plastiques était déjà documenté, mais sur de longues durées.

Or, selon les travaux d'une équipe de chercheurs espagnols publiés dans Nature Communications (en anglais) (Nouvelle fenêtre), deux enzymes présentes dans la salive des larves de fausses teignes de la cire (Galleria mellonella), un papillon de nuit, attaquent le polyéthylène en quelques heures seulement à température ambiante.

Federica Bertocchini, du centre d'études biologiques Margarita Salas de Madrid, auteure principale de l'étude et apicultrice amateur, a expliqué avoir eu l'idée de cette recherche en nettoyant des ruches stockées pour l'hiver et dont les rayons de cire avaient été colonisés par ces larves.

Ayant nettoyé les ruches, elle a mis les larves dans un sac en plastique et constaté peu après que celui-ci était plein de trous.

La question était : est-ce qu'elles [les larves] le mangent ou y a-t-il un processus chimique? Nous avons vérifié en laboratoire et découvert que le polyéthylène avait été oxydé, a-t-elle expliqué à l'AFP.

De nombreux travaux et expérimentations complémentaires seront nécessaires pour comprendre parfaitement le processus avant d'envisager une application concrète de la découverte, soulignent les chercheurs.

Mais Federica Bertocchini imagine déjà différentes pistes d'utilisation contre la pollution du plastique.

Les enzymes pourraient être intégrées à une solution liquide et versées sur du plastique en déchetterie, ou bien être utilisées dans des lieux isolés où la collecte ou le recyclage sont difficiles, voire à terme dans des foyers individuels pour dégrader leurs propres déchets.

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