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Le prix Nobel de la littérature à la Canadienne Margaret Atwood?

Elle porte une écharpe et sourit sur le tapis rouge du gala du prix Giller, à Toronto.

L'auteure Margaret Atwood

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Agence France-Presse

Remis en question, critiqué et parfois sulfureux, le prix Nobel de littérature, qui sera décerné jeudi, pourrait encore surprendre cette année. Sera-t-il remis à un grand nom ou à une personne moins connue, comme cela a été le cas les deux dernières années? Deux Canadiennes sont pressenties pour mettre la main sur cet honneur ultime : la romancière Margaret Atwood et la poétesse Anne Carson.

Avec la poétesse américaine Louise Glück et le romancier britannique d'origine tanzanienne Abdulrazak Gurnah, qui ont respectivement remporté les honneurs en 2020 et en 2021, l'Académie suédoise chargée de décerner le plus célèbre des prix littéraires avait coup sur coup choisi d'éclairer des plumes peu traduites et très peu connues.

Après l'année dernière, je trouve que c'est peut-être encore plus difficile de deviner qui gagnera, admet Lina Kalmteg, responsable de la littérature à la radio nationale suédoise, en se remémorant la surprise totale en studio à l'annonce du lauréat, Abdulrazak Gurnah.

Je pense que l'on veut un nom plus connu cette année du fait de la surprise de l'année dernière, indique pour sa part Björn Wiman, chef du service culturel du quotidien suédois Dagens Nyheter.

Un désir de conscientisation

L'Académie se remet d'une longue crise, après le scandale #MoiAussi de 2018 et l'attribution l'année suivante d'un Nobel controversé à l'écrivain autrichien Peter Handke, dont les positions pro-Milosevic sont connues.

L'Académie est maintenant évidemment soucieuse de son image en ce qui concerne la diversité et la représentation des genres d'une tout autre façon qu'avant le scandale de 2017-2018, explique Björn Wiman à l'Agence France Presse.

Critiquée pour son manque de diversité dans le choix des personnes gagnantes, l'Académie s'était également dotée en 2020 d'un nouveau groupe d’expertise externe dans différentes zones linguistiques.

Depuis que les soubresauts de l'affaire Jean-Claude Arnault, qui a été condamné à deux ans de prison pour viol, ont contraint l’Académie à décaler d'un an la remise du prix de 2018, le cénacle suédois a sacré deux femmes, l'Américaine Louise Glück et la Polonaise Olga Tokarczuk, et un seul homme.

De bon augure pour l'Américaine Joyce Carol Oates, les Françaises Annie Ernaux et Maryse Condé, ou la Canadienne Margaret Atwood, considérées nobélisables?

Depuis la création de ce prestigieux prix littéraire, 16 femmes en ont été lauréates, la première étant l'écrivaine suédoise Selma Lagerlöf, en 1909.

Décerner le Nobel de littérature à la Russe Ludmila Oulitskaïa, souvent citée comme l'une des lauréates pressenties, enverrait aussi le message qu'il s'agit d'un prix anti-Poutine dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine.

Cela ferait réagir, selon M. Wiman, qui souligne à la fois l'opposition de l'autrice au Kremlin et le fait de promouvoir la culture russe en plein durant la guerre en Ukraine.

C'est ce genre de débat intellectuel complexe que l'on veut volontiers voir autour du Nobel, note-t-il.

De nombreuses issues possibles

Sur les sites de paris, le Français Michel Houellebecq, prédiction habituelle, est pour l'heure le favori. Il y devance la poète canadienne Anne Carson ou encore l'écrivain américano-britannique d'origine indienne Salman Rushdie, victime d'une tentative de meurtre en août.

D'autres habitués des spéculations voient leur nom circuler, comme le Kényan Ngugi Wa Thiong'o, le Hongrois Laszlo Krasznahorkai ou encore les Américains Thomas Pynchon ou Don DeLillo.

Les romans américains postmodernes n'ont pas été récompensés jusque-là, souligne Jonas Thente, critique littéraire pour Dagens Nyheter.

Parmi les autres favoris, les Norvégiens Jon Fosse et Karl Ove Knausgaard pourraient faire revenir le Nobel dans son berceau scandinave, plus de 10 ans après l'attribution du prix de littérature au Suédois Tomas Tranströmer.

Le cœur de Maria Hymna Ramnehill, critique littéraire pour le quotidien Göteborgs-Posten, penche quant à lui pour le Franco-Marocain Tahar Ben Jelloun ou la Croate Dubravka Ugresic.

Je trouve que les deux ont, de façon différente, une littérature qui remet en question ou examine les identités, explique-t-elle. Il et elle parlent de leurs identités de façon complexe et mettent de l'avant une réalité compliquée et difficile à comprendre, qui ne peut pas s'expliquer par des solutions simples.

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