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Vicki-May Hamm croyait vraiment à la victoire

Deux femmes regardent dans la même direction.

Vicki-May Hamm et sa mère Suzanne surveillent les résultats et espèrent un revirement de situation.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

« Je me voyais à l’Assemblée nationale. [...] C’était la suite logique des choses. »

Vicki-May Hamm, candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), doit renoncer, du moins pour le moment, à son rêve de représenter les électeurs de la circonscription d’Orford à Québec. Ses espoirs se sont rapidement évaporés devant le raz-de-marée de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Mairesse de Magog pendant 12 ans, Vicki-May Hamm croyait pourtant pouvoir causer la surprise et déloger le député sortant, Gilles Bélanger. Elle considérait que son bilan au niveau municipal et sa notoriété pouvaient faire pencher la balance en sa faveur. Et selon elle, les électeurs sur le terrain lui laissaient croire la même chose. Parlez-en à mon équipe : une vague d’amour, raconte-t-elle. Les électeurs me disaient : "Tu as fait du beau travail comme mairesse. Si tu travailles aussi fort comme députée, tu vas être extraordinaire".

« J’étais certaine que le résultat aurait été beaucoup plus serré que ça. Je sentais sur le terrain qu’il y avait un vent de changement. »

— Une citation de  Vicki-May Hamm, candidate du PLQ dans Orford

Une troisième position

C’est tout le contraire qui s’est finalement produit.

L’ancienne présidente de la Fédération canadienne des municipalités savait que la bataille ne serait pas de tout repos. Plusieurs l’avaient mise en garde devant l’immensité de la tâche lorsqu'elle a décidé de se présenter sous la bannière libérale le printemps dernier, raconte-t-elle. Mais elle avait déjà réussi à ravir le siège de mairesse et elle pensait, encore une fois, pouvoir tirer son épingle du jeu. Ma première campagne électorale, c’était quelque chose. J’ai délogé le maire Marc Poulin. J’ai connu ça, des campagnes avec de l’adversité et une pente à remonter.

Un groupe de personnes sourit.

Vicki-May Hamm et son équipe se réjouissent momentanément d'une rare remontée. Tous auraient souhaité un meilleur dénouement lors de la soirée électorale.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Forte de cette expérience, c’est le cœur rempli d’espoir qu’elle a observé le déroulement de la soirée électorale avec son conjoint des trente dernières années. Elle était entourée de sa famille et des bénévoles dans un bar de Magog pour suivre la soirée électorale. Même sa mère Suzanne était là pour lui offrir son appui indéfectible. Très rapidement, le dévoilement des premiers résultats a cependant laissé présager que la victoire serait difficile à arracher au candidat caquiste, Gilles Bélanger. Des silences se sont installés. On a senti l’inquiétude monter.

Qu’à cela ne tienne, Vicki-May Hamm ne s'est pas laissée démonter pour autant. Souriante et ricaneuse, on la voyait à plusieurs reprises faire des accolades et lancer des mots d'encouragement à des militants ou à des membres de sa famille de plus en plus dépités. Restons calmes. On va attendre encore un peu.

Sa fille Vanessa est celle qui se montrait la plus émue face aux résultats décevants qui défilaient. Elle s’était investie dans la campagne de sa mère et espérait qu’elle aurait un meilleur sort. Ça me touche beaucoup, parce que je la voyais là. C’est sa place, la politique. Elle a ça dans le corps. La politique, c’est elle.

des gens regardent dans la même direction.

Les moments de réjouissance ont été rares pour Vicki-May Hamm et son équipe.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Ses quatre enfants auraient pourtant toutes les raisons du monde d'être soulagés de savoir que leur mère n’aura pas à s’absenter une bonne partie du temps pour représenter ses concitoyens à l’Assemblée nationale. Mme Hamm, qui a six petits-enfants, reconnaît que sa famille a écopé durant toutes les années qu’elle a consacrées à la politique.

Eux autres, ils l’ont vécu difficilement. Souvent, c’est la famille qui souffre le plus. De notre absence [de la maison] ou d’une défaite comme ce soir.

Ses enfants étaient jeunes lorsqu’elle a décidé pour la première fois de se lancer en politique en 1999. À cette époque, elle lorgnait un poste de conseillère dans le défunt canton de Magog. Inconnue des électeurs et inexpérimentée, elle avait subi un revers. Une expérience qui l’a sûrement préparée à cette défaite.

« C’est toujours dans l’équation. Je travaille pour gagner, mais il y a toujours la possibilité de la défaite. J’ai accepté ça il y a longtemps. »

— Une citation de  Vicki-May Hamm, candidate du PLQ dans Orford

Le choix de la continuité

Les électeurs de la circonscription d’Orford, tout comme ceux de l’ensemble du Québec, ont opté pour la continuité en élisant une très forte majorité de députés de la Coalition avenir Québec. Les bons mots des électeurs ne sont pas transposés en vote. De l'avis de Mme Hamm, un grand nombre de sympathisants sont tout simplement restés à la maison.

Il y a quand même 48 % des gens que j’avais pointés libéral, parce qu’on fait du pointage, qui n'est pas allé voter, analyse-t-elle, estimant qu’il faudra tôt ou tard s’attaquer à ce problème de la baisse de la participation électorale.

un tableau des résultats des élections.

« J’étais certaine que le résultat aurait été beaucoup plus serré que ça. Je sentais sur le terrain qu’il y avait un vent de changement. » Vicki-May Hamm

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

J’ai hâte que le [directeur général des élections] modernise ses façons de faire. On devrait voter par Internet dans le confort de notre foyer. Faire déplacer des gens, c’est un peu archaïque.

Visiblement déçue de la tournure des événements, elle est toutefois habitée par le sentiment d’avoir tout donné jusqu’à la fin. Est-ce que cette sixième campagne électorale était sa dernière? Elle refuse de répondre à la question, préférant laisser retomber la poussière et prendre un temps pour se reposer. Pour le moment, elle projette se rendre au chalet familial en Mauricie pour décrocher et se reposer. Je vais très bien. Je suis très sereine. Je fais confiance en la vie. Il va arriver autre chose pour moi.

Ce n’est pas une défaite. Je suis riche d’une expérience, conclut-elle.

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