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Forte croissance de langues des Philippines en Alberta

Jay-R De Lara.

Jay-R De Lara enseigne le programme de langue et de culture philippines à l'école secondaire catholique Holy Trinity, à Edmonton depuis six ans.

Photo : Radio-Canada / Nicholas Frew

Radio-Canada

Le nombre d'Albertains qui parlent le filipino ou le tagalog est en forte croissance depuis 2016, selon des données issues du recensement de la population de 2021. L'immigration est un facteur important, mais davantage de jeunes apprennent aussi ces langues à l’école dans le but de favoriser les liens familiaux, d’explorer le patrimoine de leur pays d’origine et de bâtir un pont avec leur terre d’adoption : l’Alberta.

En 2021, 108 400 Albertains avaient le filipino ou le tagalog comme première langue. Cela représente une hausse de 9000 locuteurs en cinq ans, selon les données de Statistique Canada.

Le tagalog (qui comprend le filipino) est maintenant la langue la plus souvent parlée à la maison pour plus de 69 500 résidents de l'Alberta, comparativement à environ 55 100 en 2016.

Le nombre d'Albertains connaissant suffisamment bien le filipino ou le tagalog pour tenir une conversation a lui aussi augmenté de plus de 34 000 dans le même intervalle, passant d'environ 138 400 personnes à environ 172 600.

Et si Calgary et Edmonton affichent le plus grand bassin de personnes connaissant le tagalog ou le filipino, c’est en revanche la région de Brooks, dans le sud-est de la province, qui compte la plus forte proportion de personnes qui connaissent l'une ou l'autre langue : environ une personne sur 10.

L'anglais et le filipino sont les langues officielles des Philippines. Le filipino est basé sur le tagalog, la langue du peuple tagalog.

Au nom du rapprochement avec les proches...

Établir un pont avec le pays et la province d’adoption à travers la langue d’origine, c’est ce à quoi travaille Jay-R De Lara, qui enseigne la langue et la culture philippines à l'école secondaire catholique Holy Trinity, dans le sud-est d'Edmonton.

En six ans de cours dans cet établissement de Mill Woods, qui compte un nombre important d'élèves philippins, il a vu passer un nombre croissant d’apprenants du tagalog.

Aliyah Cabie, une élève de 12e année, en fait partie. Pour cette adolescente de 17 ans qui a grandi en parlant principalement l'anglais, apprendre le tagalog est un moyen de se rapprocher de sa grand-mère, qui ne parle pas l'anglais.

Mitzy Dimaculangan, qui a quitté les Philippines pour s'installer au Canada à l'âge de 9 ans, dit que les cours lui permettent d'explorer son héritage.

Élève de 11e année dans le même établissement scolaire, elle explique que, bien que l'anglais soit l'une des langues officielles des Philippines, tous les Philippins ne le parlent pas couramment ou ne le comprennent pas. Le fait d'apprendre le tagalog à l'école l'a aidée à mieux communiquer avec ses proches, confie-t-elle.

Aliyah Cabie.
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Élève au secondaire, Aliyah Cabie fait partie de ces jeunes issus de l'immigration qui ont senti le besoin d'apprendre la langue de leur pays d'origine pour se connecter avec leurs proches.

Photo : Radio-Canada / Nicholas Frew

... et de la préservation d'un héritage

Selon Josephine Pallard, qui enseigne le tagalog depuis 1979 et qui fait partie des dirigeants de la communauté philippine de l'Alberta, au-delà du maintien du lien familial, l'apprentissage de la langue contribue à la formation d'une identité personnelle et culturelle, et, surtout, à la préservation d'un héritage pour les jeunes générations nées au Canada et pour qui le tagalog est une langue étrangère.

Jeannette Dotimas, née à Edmonton et ayant passé quatre ans de son enfance aux Philippines avant que sa famille ne revienne dans la capitale albertaine, les données du recensement ont le mérite de prouver au moins ceci : les Philippins sont bien établis en Alberta.

Avec les informations de Nicholas Frew

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