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Un « raz-de-marée » caquiste en Outaouais, le PLQ « grand perdant »

Une femme salue des gens qui applaudissent.

Maryse Gaudreault prend le temps de dire merci à son équipe de bénévoles à la suite de sa défaite dans Hull.

Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair

En remportant la circonscription de Hull, la Coalition avenir Québec (CAQ) a gagné du terrain en Outaouais. Selon le professeur en science politique au Cégep de l’Outaouais Pierre-Luc Vallée, le Parti libéral du Québec (PLQ) est « le grand perdant » dans la région.

On identifiait beaucoup l’Outaouais à un château fort libéral, explique le professeur, de passage à l'émission Les matins d'ici mardi.

« Même l'Outaouais n'a pas résisté à la vague caquiste. [...] Le château fort libéral s’est écroulé. »

— Une citation de  Pierre-Luc Vallée, professeur en science politique au Cégep de l’Outaouais

La CAQ va même faire des gains dans l’Outaouais, une région qu’on croyait acquise depuis longtemps aux libéraux, poursuit-il.

Différence des votes en Outaouais entre 2018 et 2022 :

  • CAQ : hausse de 7,1 %
  • PLQ : baisse de 12,6 %
  • QS : baisse de 0,7 %
  • PQ : baisse de 0,4 %
  • PCQ : hausse de 8,7 %
  • PVQ : baisse de 1,3 %

Selon Pierre-Luc Vallée, les résultats de lundi soir peuvent laisser croire que l'attachement libéral n'était peut-être pas si fort en fin de compte. Dans Pontiac, André Fortin est parvenu à conserver la confiance de son électorat, mais il a néanmoins perdu des voix comparativement aux élections de 2018.

Le député libéral a récolté 2445 votes de moins qu’aux dernières élections selon les chiffres d’Élections Québec.

Le taux de participation dans la circonscription de Pontiac a été de 53,11 %. André Fortin y a remporté 43,81 % des voix, avec 12 424 votes. Le Parti libéral du Québec (PLQ) a ainsi devancé la CAQ de 5375 votes dans la circonscription qui demeure rouge.

Le rassemblement d'André Fortin le soir des élections générales du 3 octobre 2022.

Le libéral André Fortin a été élu pour la première fois à l'Assemblée nationale du Québec en 2014.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

L’ancienne ministre de la Justice et députée libérale de Gatineau, Stéphanie Vallée, estime qu’il est bel et bien désormais davantage question d’un raz-de-marée en Outaouais que d’une simple vague caquiste.

Pour le Parti libéral, c’est une grosse dégelée, ce n’est pas facile, estime-t-elle.

Selon elle, la défaite de Maryse Gaudreault dans Hull est attribuable à une multitude de facteurs. On a vu [qu’avec] le vote francophone, l’appui au Parti libéral s’est effondré au cours des dernières années, rappelle Mme Vallée.

Il est possible que Mme Gaudreault ait été victime de cet effondrement-là.

Une femme se tient devant une bibliothèque remplie de bibelots, de souvenirs et de livres.

La ministre de la Justice du Québec de 2014 à 2018, Stéphanie Vallée (archives)

Photo : Radio-Canada

La CAQ se retrouve maintenant avec beaucoup de pain sur la planche, constate l’ancienne ministre libérale.

« La lune de miel est terminée. Les attentes sont vraiment élevées. On va les challenger davantage, l’opposition va les challenger. »

— Une citation de  Stéphanie Vallée, ancienne députée libérale de Gatineau

Elle a d’ailleurs l’intention de suivre attentivement la suite des choses dans la circonscription de Hull.

Une personne sur trois a voté pour la nouvelle caquiste Suzanne Tremblay, souligne-t-elle. Pendant la campagne, le premier ministre François Legault a laissé entendre qu’elle pourrait potentiellement occuper un poste de ministre. Les yeux vont vraiment être rivés vers elle, elle est désignée comme étant une étoile montante.

Suzanne Tremblay lève les bras dans les airs.

Suzanne Tremblay a signé une victoire historique pour la CAQ dans Hull.

Photo : Radio-Canada / Remi Authier

Course serrée dans Hull

C’est dans la circonscription de Hull que la course était la plus serrée en Outaouais. Suzanne Tremblay a remporté l’élection avec 11 060 votes, soit 34,65 % des voix. Elle a devancé la députée sortante Maryse Gaudreault de 2785 votes.

Chaque jour, je vais me lever, les quatre prochaines années, [en me demandant] qu’est-ce que je peux faire pour les personnes que je représente, indique Suzanne Tremblay après une courte nuit de sommeil.

Très fière de sa campagne et de sa victoire, la députée caquiste n’a pas froid aux yeux.

« Je n’ai pas peur de relever les défis. Évidemment, les attentes sont grandes, mais je vais être prête. [...] C’est vraiment avec humilité que je vis toutes ces émotions. »

— Une citation de  Suzanne Tremblay, élue dans Hull
Suzanne Tremblay en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Suzanne Tremblay a dit accepter son élection avec « humilité ».

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Après 14 ans comme députée libérale dans la circonscription de Hull, Maryse Gaudreault se soumet à la démocratie et part la tête haute.

C’est vraiment avec le cœur très serein que je m'incline devant les décisions de mes concitoyens, dit-elle en entrevue à l’émission Les matins d’ici.

Je regarde le chemin parcouru, le privilège que j’ai eu de représenter les citoyens et citoyennes de Hull pendant 14 ans, et j’ai vraiment le sentiment d'avoir été privilégiée.

Maryse Gaudreault se dit habitée du sentiment du devoir accompli. Pour moi, c’est le legs de ce passage en politique.

Elle compte désormais se reposer et passer du temps avec sa famille. Toutefois, elle n’a pas l’intention de tirer sa révérence si facilement. Je ne m'arrêterai pas ici, je vais m'engager dans des causes, annonce-t-elle. Ma mère de 84 ans me dit toujours : "t’es beaucoup trop jeune pour t’arrêter!"

Maryse Gaudreault en entrevue à Radio-Canada.

Maryse Gaudreault a déjà été vice-présidente de l'Assemblée nationale du Québec (archives).

Photo : Radio-Canada

Au début de la campagne, il était question d'une course à deux dans Hull, entre le PLQ et la CAQ. Au fil des semaines, Québec solidaire (QS) s'est immiscé pour ainsi permettre au candidat Mathieu Perron-Dufour de récolter un peu plus de 20 % des voix.

Comment expliquer cette popularité de QS bien qu'elle ne se soit pas traduite par une victoire? Selon Pierre-Luc Vallée, le vote des jeunes pourrait être la raison pour laquelle les solidaires sont très populaires.

La course à trois dans la circonscription de Hull a, entre autres, mis l’Outaouais sur la carte, se félicite Mathieu Perron Dufour, pour qui une personne sur cinq a voté.

On est très fiers de la campagne qu'on a menée à travers les dernières semaines, souligne le candidat défait. On a réussi à faire des percées importantes.

Mathieu Perron-Dufour à l'extérieur du rassemblement solidaire lundi soir.

Mathieu Perron-Dufour estime avoir mené une campagne positive qui a touché une bonne partie de l'électorat.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

La candidate défaite du Parti québécois (PQ) dans Hull, Camille Pellerin-Forget, n’exclut pas, pour sa part, la possibilité d’être de retour en 2026.

Je retourne à mes patients demain, affirme la physiothérapeute pédiatrique au Centre intégré de santé et des services sociaux de l'Outaouais au lendemain de sa quatrième position.

On n’a pas besoin nécessairement d'être au Salon bleu pour défendre les intérêts de notre région, souligne celle qui va donc continuer à siéger à la commission politique du PQ.

Photo de Camille Pellerin-Forget.

Selon Camille Pellerin-Forget, on risque de la revoir sur le terrain pour défendre les valeurs et les intérêts du PQ (archives).

Photo : Radio-Canada

Une « tape dans le dos » pour Mathieu Lacombe

Dans Papineau, 59,37 % des électeurs ont voté, 52,83 % d’entre eux en faveur du député sortant Mathieu Lacombe. Le député caquiste a donc remporté sa circonscription avec 19 770 des voix. Il a devancé Québec solidaire (QS) grâce à 14 620 votes. Mathieu Lacombe s’est dit fier de la confiance que lui a accordée, à nouveau, son électorat lundi soir. Il a d’ailleurs récolté 2795 votes de plus qu’en 2018.

Ça me fait encore plus plaisir qu'en 2018, confie le député caquiste. Les gens ont vu qu’on avait un plan de match, les gens nous donnent une tape dans le dos.

Mathieu Lacombe euphorique.

Mathieu Lacombe a encore envie d’être ministre, mais laisse cette décision entre les mains de François Legault.

Photo : Radio-Canada / Remi Authier

Celui qui était ministre responsable de la région de l'Outaouais et ministre responsable de la Famille a promis de savourer cette victoire-là. Il promet d'aider ses concitoyens dès maintenant. On a dit qu'on serait là pour aider le monde et c’est ce qu’on va faire.

« C’est la plus belle preuve de confiance qu’on pouvait recevoir. »

— Une citation de  Mathieu Lacombe, député réélu dans Papineau

Des élus municipaux de l’Outaouais réagissent

La mairesse de Gatineau, France Bélisle, a répété ce qu’elle a souvent dit au cours de la campagne électorale : elle souhaitait simplement que les candidats élus en Outaouais soient des alliés pour la Ville de Gatineau, et ce, peu importe leur parti.

Pour nous, ce qui est important, c’est que la voix des villes soit considérée. Nous voulons que nos élus et nos ministres, s’il y a lieu, soient des alliés dans les dossiers que nous voulons avancer.

Sur une note plus personnelle, elle a confié que la victoire de Suzanne Tremblay dans Hull lui a remémoré des souvenirs de sa propre victoire à la mairie de Gatineau il y a moins d’un an.

Chose certaine, elle a déjà hâte de discuter avec la nouvelle élue, notamment du dossier du nouveau centre des congrès ainsi que du nouvel hôpital, tous deux promis par la CAQ.

Photo de France Bélisle.

France Bélisle souhaite aussi que le gouvernement aide les villes dans la lutte contre les changements climatiques (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

De son côté, le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoit Lauzon, entend collaborer avec plaisir avec Mathieu Lacombe, comme il l’a fait au cours des dernières années.

Chose certaine, les dossiers ne manqueront pas lorsque les deux hommes auront l’occasion de discuter. En entrevue à Radio-Canada, M. Lauzon a parlé, entre autres, de l’usine Fortress, de l’accès à Internet illimité et de l’exploitation minière.

Mais ce n’est pas tout. Au cours des quatre dernières années, 50 % de nos résidences pour personnes âgées ont fermé sur notre territoire. [...] Il y a eu des coupures à l’urgence au CLSC de Saint-André-Avellin, a-t-il ajouté.

Photo du maire devant l'hôtel de ville.

Benoit Lauzon est, entre autres, le maire de Thurso (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Éclatantes victoires dans Chapleau et Gatineau

La participation a été plus élevée dans Chapleau et Gatineau avec des taux de 58,78 % et de 58,86 %, respectivement.

Dans Chapleau, le député caquiste sortant Mathieu Lévesque a remporté 52,30 % des voix selon Élections Québec, soit 16 363 votes. La CAQ a ainsi devancé le PLQ par 12 104 votes. Cette année, Mathieu Lévesque a obtenu 3306 votes de plus qu’en 2018.

Le député caquiste sortant Robert Bussière a lui aussi conservé son siège à l’Assemblée nationale du Québec en remportant 17 217 votes, soit 47,12 % des voix. Dans cette circonscription aussi la CAQ a devancé le PLQ, cette fois de 10 168 votes. En comparaison avec les élections de 2018, Robert Bussière a récolté 2631 votes de plus.

Robert Bussière fait son entrée dans son quartier général.

Avec cette réélection, Robert Bussière poursuit sa longue carrière politique.

Photo : Radio-Canada / Rémi Authier

Robert Bussière avoue s’être senti confortablement en avance.

Après plus de 30 ans de vie politique, on apprend à évaluer et à voir les tendances, explique-t-il, précisant néanmoins ne jamais rien tenir pour acquis.

Le député est fier du travail accompli avec son équipe. Selon lui, une personne [ne] gagne jamais une élection seule.

« Gagner une élection, ça se gagne avec beaucoup de travail et de conviction. »

— Une citation de  Robert Bussière, député réélu dans Gatineau

La fin pour Caryl Green?

Sa plus proche poursuivante a été la libérale Caryl Green avec 19,29 % des voix. Malgré la défaite, elle estime être très fière d'être libérale, d'avoir les valeurs et la vision du PLQ.

Je ne le vois pas comme une défaite. Les électeurs ont choisi un autre parti, mais pour moi, la vie continue. J'ai même une petite-fille qui est née lundi soir pendant la soirée électorale.

Des candidats libéraux devant l'autobus.

Caryl Green (à droite) est fière de sa campagne électorale bien qu'elle n'ait pas pu savourer la victoire (archives).

Photo : Radio-Canada / David Bates

Pour Caryl Green, il s'agit d'une deuxième défaite électorale en moins d'un an. Elle avait tenté d'être élue préfète de la MRC des Collines-de-l’Outaouais le 7 novembre 2021. Malgré tout, elle ne ferme pas la porte à un retour dans l'arène politique.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

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