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Face au raz-de-marée caquiste, Montréal résiste et le PQ prouve qu’il existe

Nouvellement élu, le chef du Parti québécois Paul-St-Pierre Plamondon confirme son entrée à l'Assemblée nationale grâce aux électeurs de Camille-Laurin. Les libéraux maintiennent leur rang d'opposition majoritaire à Montréal, mais perdent des sièges à Laval au profit de la CAQ.

Paul St-Pierre Plamondon, ému.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a peiné à retenir ses larmes quand il a été accueilli par ses partisans après la défaite de son parti aux élections provinciales face à un gouvernement majoritaire caquiste.

Photo : La Presse canadienne / Evan Buhler

Petit îlot rouge zébré d'orange, Montréal continue de résister vaille que vaille à la déferlante bleue caquiste qui a gagné du terrain dans l’ensemble du Québec aux élections provinciales d'hier. Mais l’irréductible opposition portée par les libéraux et par Québec solidaire perd un peu plus de terrain dans la grande couronne montréalaise : même le Parti québécois y effectue un timide retour.

Laval

C’est surtout à Laval, troisième grande ville au Québec, que la Coalition avenir Québec (CAQ) réussit son pari d’inverser la tendance politique à son avantage en décrochant quatre circonscriptions sur six. Après des années à dominer la politique provinciale lavalloise, le Parti libéral du Québec y a perdu trois sièges par rapport aux précédentes élections de 2018 en ne faisant élire que deux députées.

Le comté de Chomedey, bastion libéral depuis sa création en 1980, le restera cette année encore grâce à l’élection de Sona Lakhoyan Olivier. Dans Mille-Îles, l’ex-conseillère municipale de Laval Virginie Dufour parvient elle aussi à se faire élire de justesse comme députée libérale.

Dominique Anglade étreint sa fille à la fin de son discours.

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a laissé entendre qu'elle souhaitait rester en poste malgré le recul de son parti.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Des cinq députés libéraux élus à Laval en 2018, seul Saul Polo, dans la circonscription de Laval-des-Rapides, sollicitait un nouveau mandat… en vain. Il a été battu par la caquiste Céline Haytayan, novice en politique provinciale.

Dans Vimont, c’est aussi la candidate de la CAQ Valérie Schmaltz, une ancienne journaliste de la presse régionale de la couronne nord, qui s’est fait élire dans cette circonscription pourtant libérale depuis 2003.

Militant de la première heure de la Coalition avenir Québec, le député sortant Christopher Skeete parvient à se faire réélire dans Sainte-Rose. Sa consœur caquiste, la candidate Alice Abou-Khalil, a réussi à se faire élire dans Fabre après une première tentative infructueuse dans Chomedey en 2018, où elle n’avait pas réussi à percer face aux libéraux.

Montréal

Des 27 circonscriptions situées sur l’île de Montréal, deux ont été remportées par la CAQ. D'abord, Pointe-aux-Trembles, où la députée sortante et candidate Chantal Rouleau a été réélue. Et ensuite Anjou–Louis-Riel, où Karine Boivin Roy a coiffé la candidate libérale Chantal Gagnon au fil d'arrivée grâce à une majorité de 1331 voix. Mme Boivin Roy est une ancienne conseillère municipale de Montréal, qui a siégé avec l'équipe de Denis Coderre durant deux mandats.

Tout le reste de l’île demeure fortement libéral, à l'exception d’un axe nord-sud où Québec solidaire (QS) parvient à conserver les circonscriptions de Laurier-Dorion, Gouin, Rosemont, Mercier, Sainte-Marie–Saint-Jacques et Hochelaga-Maisonneuve.

Soirée électorale de Québec solidaire à Montréal.

Soirée électorale de Québec solidaire à Montréal

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Les nouveaux gains de QS se situent dans Maurice-Richard et dans Verdun, le premier grâce au militant d'origine tunisienne Haroun Bouazzi, qui a remporté la circonscription laissée vacante par l'ancienne députée libérale qui a terminé son mandat comme indépendante, Marie Montpetit. Le deuxième – de justesse – par Alejandra Zaga Mendez, une militante de longue date et présidente du parti depuis 2021. La candidate solidaire a devancé la députée libérale sortante Isabelle Melançon par 461 voix.

Faisant un retour dans un de ses anciens bastions, le Parti québécois (PQ) se greffe à l’opposition dans Camille-Laurin (anciennement Bourget), une circonscription qui était passée à la CAQ en 2018 et où le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a réussi à se faire élire avec une bonne avance sur son rival de la CAQ Richard Campeau, aidé par le désistement de la candidate de Québec solidaire.

Les candidatures des chefs du Bloc Montréal (Balarama Holness dans Notre-Dame-de-Grâce) et du Parti canadien du Québec (Colin Standish dans Westmount–Saint-Louis), qui tentaient de ravir des électeurs au PLQ, n'ont pas réussi à réellement percer avec moins de 7 % des voix pour le premier et moins de 5 % pour le deuxième.

Peu de surprises dans les couronnes nord et sud

Dans la couronne nord de Montréal, les circonscriptions restent aux mains des caquistes avec de fortes majorités pour plusieurs ministres du premier mandat Legault.

À L’Assomption, les manifestations anticaquistes du week-end n’auront pas ébranlé la réélection du premier ministre sortant, victorieux avec près de 60 % des voix.

François Legault sur scène, bras levé.

François Legault sera de nouveau premier ministre : la Coalition avenir Québec a remporté les élections avec une forte majorité.

Photo : Ivanoh Demers

Les ministres sortants Benoit Charette (Deux-Montagnes), Eric Girard (Groulx), Pierre Fitzgibbon (Terrebonne), Lucie Lecours (Les Plaines) et Mario Laframboise (Blainville) sont réélus avec d’imposants écarts par rapport à leurs rivaux.

L'ex-ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, est elle aussi largement réélue dans Mirabel.

Si Vaudreuil reste aux mains du PLQ avec un faible écart entre la députée libérale Marie-Claude Nichols et sa rivale caquiste Eve Bélec, ce n’est pas le cas de la circonscription de Laporte, que les libéraux perdent de peu au profit de la CAQ et de sa députée élue Isabelle Poulet.

Autre victoire confirmée de la CAQ, cette fois-ci face à un bastion péquiste de la couronne sud : la députée caquiste Shirley Dorismond conserve sa mainmise sur Marie-Victorin, qu’elle a ravie il y a six mois à peine, lors de l’élection partielle du 11 avril.

Le ministre Lionel Carmant (Taillon) est reconduit à l’Assemblée nationale, tout comme Nathalie Roy (Montarville) et Christian Dubé (La Prairie).

Seule tache rouge dans la couronne sud : Linda Caron s’impose dans La Pinière et parvient à garder cette circonscription sous les couleurs libérales.

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