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Paul St-Pierre Plamondon élu; le PQ encore plus affaibli qu’en 2018

En éjectant la CAQ de Camille-Laurin, le chef du Parti québécois permet à sa formation de récupérer son seul siège sur l'île de Montréal, d'où elle avait été effacée en 2018.

Paul St-Pierre Plamondon s'adresse aux partisans rassemblés dans une salle.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a remporté la victoire dans la circonscription montréalaise de Camille-Laurin.

Photo : La Presse canadienne / Evan Buhler

Au terme d'une chaude lutte dans Camille-Laurin, Paul St-Pierre Plamondon fera son entrée au Salon bleu. Il devra toutefois composer avec un Parti québécois plus affaibli qu'il ne l'était aux dernières élections après s'être fait ravir l'essentiel de ses sièges par la Coalition avenir Québec.

S'il s'est dit empli d'un « immense sentiment de fierté », Paul St-Pierre Plamondon n'est pas moins conscient du résultat décevant de sa formation.

Alors qu'il comptait sept députés au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, le PQ n'en a fait élire que trois lundi soir. C'est loin des 10 sièges remportés de peine et de misère en 2018, avec un peu plus de 17 % des voix, lors de la pire défaite du parti en 50 ans d'histoire.

Gratifié de 14,6 % des voix cette fois-ci, le PQ a surpassé les projections des sondages qui le plaçaient en queue de peloton dès les premiers jours de campagne.

Ses acquis ont malgré tout fondu comme neige au soleil au profit de la CAQ, tout particulièrement dans les circonscriptions où des députés péquistes d'expérience avaient fait le choix de ne pas se représenter. Les circonscriptions de Véronique Hivon (Joliette), Sylvain Gaudreault (Jonquière), Martin Ouellet (René-Lévesque) et Lorraine Richard (Duplessis) ont ainsi basculé dans le camp caquiste.

Dans les circonscriptions de Rimouski et de Bonaventure, où les députés péquistes ont tous deux fini leur mandat en tant qu'indépendants, le Parti québécois n'a pas su convaincre les électeurs, qui lui ont aussi préféré la CAQ.

La victoire du caquiste Stéphane Sainte-Croix dans Gaspé contre la députée sortante Méganne Perry Mélançon, consacrée durant la nuit, est à l'image des autres luttes perdues par le Parti québécois au cours d'une soirée dominée par la Coalition avenir Québec.

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Bien que le suspense ait été de courte durée dans Matane-Matapédia, où le député sortant Pascal Bérubé s'est fait confier un sixième mandat, la course s'est avérée plus serrée aux Îles-de-la-Madeleine, circonscription à nouveau remportée par Joël Arseneau, et dans Camille-Laurin.

Loin d'être acquise, la victoire de Paul St-Pierre Plamondon face au caquiste Richard Campeau a permis à son parti de se tailler une place sur l'île de Montréal, d'où la formation avait été effacée en 2018.

Les résultats en termes de sièges ne sont pas à la hauteur de nos attentes, a reconnu Paul St-Pierre Plamondon en fin de soirée face à ses partisans réunis à Boucherville. Le chef péquiste s'est toutefois dit convaincu que la campagne menée par ses troupes a donné au parti l'élan nécessaire pour raviver le projet indépendantiste.

La remontée des intentions de vote tout au long de la campagne n'est pas passée inaperçue, selon le chef péquiste. La vision qu'il s'est évertué à défendre continue de susciter intérêt et espoir chez les électeurs rencontrés sur la route et de faire « rêver un grand nombre de Québécois », a-t-il affirmé. Le potentiel, il est là.

Aux électeurs qui ont accordé leur confiance au PQ d'un bout à l'autre de la province, Paul St-Pierre Plamondon a promis de défendre des causes « aussi fondamentales » que la lutte contre les changements climatiques et la protection de la langue française. Et envers les résidents de Camille-Laurin, le nouveau député a pris l'engagement d'être un « défenseur infatigable et audible » de l'est de Montréal.

Les Québécois ont décidé de continuer avec la CAQ [...] et je crois qu'il faut qu'on s'assure qu'on ne se perde pas en chemin, a-t-il insisté, résolu à porter le projet d'indépendance à l'Assemblée nationale.

Une véritable distorsion

Reconnaissant d'emblée la « victoire sans équivoque » des caquistes de François Legault, Paul St-Pierre Plamondon a néanmoins souligné les incongruités de certains résultats, preuve s'il en est, selon lui, des défaillances du système électoral québécois.

Est-ce normal qu'un parti politique qui obtient environ 40 % des voix remporte 70 % des sièges? a lancé le chef péquiste à la foule au moment où la CAQ était en voie de remporter près de 90 sièges.

« Rarement dans notre histoire nous n’aurons eu une telle disproportion entre la volonté populaire et le résultat en nombre de sièges. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

L'échec du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, à accéder au Salon bleu malgré des appuis similaires à ceux du PQ ainsi que l'écart considérable en matière de députés élus qui le séparent de Québec solidaire, qui a obtenu une proportion de voix comparable, sont autant d'exemples qui témoignent de cette « distorsion », a-t-il expliqué.

Ce cas de figure devrait pousser les députés de l'Assemblée nationale à s'atteler sans plus tarder à la réforme du mode de scrutin, selon Paul St-Pierre Plamondon.

Absolument rien n'empêche la CAQ de revenir à son engagement initial et de collaborer avec tous les autres partis d’opposition pour qu’ensemble nous réussissions ce défi de la démocratie, a-t-il plaidé.

Selon les plus récents résultats, la CAQ obtiendrait 90 sièges, le PLQ, 21, Québec solidaire, 11, et le PCQ, zéro.

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