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Les Québécois optent pour la continuité

La CAQ est reportée au pouvoir, QS stagne, le PLQ et le PQ obtiennent les pires scores de leur histoire et le PCQ fait chou blanc. Un nombre record de femmes entrent au Parlement, y compris une première femme autochtone.

François Legault sur scène, bras levé.

François Legault obtient un deuxième mandat consécutif.

Photo : Ivanoh Demers

La Coalition avenir Québec (CAQ) a remporté les élections et dirigera un autre gouvernement majoritaire. Le parti de François Legault, qui avait remporté le scrutin de 2018, obtient donc un deuxième mandat consécutif. Et sa majorité sera encore plus imposante qu'auparavant.

C’est la première fois depuis 2008 qu’une formation politique gagne deux élections générales d’affilée. Et c’est aussi la première fois depuis 1998 que les Québécois confient à un même parti deux mandats majoritaires successifs.

Les sondeurs auront donc vu juste dans la mesure où la CAQ avait été donnée favorite dès le début de la campagne, le 28 août dernier.

Le gouvernement sera une fois de plus dirigé par François Legault.

Et le premier ministre comptera sur une équipe encore plus nombreuse que les 76 députés qui siégeaient pour lui au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, à commencer par les 25 membres de son Cabinet, qui seront tous de retour au Parlement, sans exception.

Geneviève Guilbault célèbre avec d'autres militantes.

La vice-première ministre Geneviève Guilbault a été facilement réélue dans Louis-Hébert.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La CAQ a également fait élire plusieurs candidats vedettes, notamment Sonia Bélanger (Prévost), Martine Biron (Chaudière-Appalaches), Kariane Bourassa (Charlevoix–Côte-de-Beaupré), Pascale Déry (Repentigny), Bernard Drainville (Lévis), Christine Fréchette (Sanguinet) et Suzanne Roy (Verchères).

Mentionnons en outre l'élection, dans Duplessis, de Kateri Champagne Jourdain, qui deviendra la première femme autochtone de l'histoire à faire son entrée à l'Assemblée nationale.

Elle sera une des 58 femmes qui siégeront en tant que parlementaires à Québec, un record.

François Legault, sur scène, les bras levés.

François Legault lors de son discours de victoire.

Photo : Le Presse canadienne / Jacques Boissinot

François Legault, qui a multiplié les déclarations maladroites au sujet de l'immigration pendant la campagne électorale, a promis lundi soir – en français et en anglais – d'être le premier ministre de tous les Québécois.

Réélu, le chef de la CAQ a prononcé un discours de 10 à 15 minutes à Québec en soulignant que même si une élection, ça divise, il y a selon lui au Québec bien plus de choses qui nous rassemblent.

« Vous me faites un grand honneur de me choisir une deuxième fois comme votre premier ministre. C'est une grande responsabilité, mais je vais l'assumer avec tout mon cœur. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ et premier ministre du Québec

Santé, éducation, inflation, pollution... M. Legault a rappelé les grandes priorités de son prochain gouvernement.

Il s'est par ailleurs engagé à rencontrer, au cours des prochaines semaines, les chefs des quatre autres principaux partis – des adversaires coriaces mais éloquents – afin de discuter avec eux des sujets qui les unissent à la CAQ.

Une opposition affaiblie

La soirée a été beaucoup plus difficile pour les autres formations, qui ont toutes récolté des appuis entre 12 % et 16 %.

Pour le PLQ, il s'agit du pire score de son histoire. Ses appuis n'étaient jamais tombés aussi bas qu'en 2018, à 25 %.

Cela étant, le parti conservera sa place sur les banquettes de l'opposition avec une délégation de 21 députés, tous issus de l'île de Montréal, sauf Chomedey et Mille-Îles (Laval), La Pinière et Vaudreuil (Montérégie), ainsi que Pontiac (Outaouais). La majorité de ses parlementaires seront des femmes.

La cheffe libérale Dominique Anglade a été réélue. Et elle a donné le signal lundi soir qu'elle entend rester en poste malgré le recul de son parti. Dans les prochains jours, mois, années, je vais déployer la même énergie, la même conviction, la même ambition, a-t-elle assuré. Le travail a commencé et doit se poursuivre.

La cheffe du Parti libéral, dont le parti formera l'opposition officielle, livre un discours à l'issue de la soirée électorale.

Le Parti québécois (PQ) atteint lui aussi un niveau plancher, cette formation n'ayant jamais récolté moins de 17 % des suffrages, en 2018.

Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a toutefois été élu, tout comme Pascal Bérubé (Matane-Matapédia) et Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine). Mais n'avoir que trois députés pourrait ne pas être suffisant pour être reconnu comme un parti officiel au Parlement.

M. St-Pierre Plamondon s'est targué d'avoir suscité l'adhésion de nombreux Québécois autour du projet d'indépendance du Québec. Dévalorisé, voire méprisé, tant par les libéraux que par les caquistes, ce projet de société doit continuer de faire rêver, selon le chef péquiste.

Le chef du Parti québécois livre un discours à l'issue de la soirée électorale.

Québec solidaire (QS), pour sa part, gagne un député à l'Assemblée nationale, passant de 10 à 11 élus, mais recule au chapitre des suffrages exprimés. QS avait récolté 16,1 % des voix lors de l'élection de 2018 et a reçu l'appui de 15,4 % des électeurs lundi soir.

Ses porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, dans Gouin, et Manon Massé, dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, ont été facilement réélus.

En fait, la formation a conservé tous ses acquis, à l'exception de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, où la députée sortante Émilise Lessard-Therrien s'est inclinée devant le caquiste Daniel Bernard. Et elle a étendu son emprise à Maurice-Richard et Verdun, sur l'île de Montréal.

M. Legault, comme chef de la CAQ, vous avez attaqué sans relâche les ambitions environnementales de QS. On était en campagne, c'était de bonne guerre, mais maintenant, comme premier ministre, vous vous devez d'être à la hauteur, a mis en garde M. Nadeau-Dubois dans son discours de fin de soirée.

Le co-porte-parole de Québec solidaire prend la parole à l'issue de la soirée électorale.

Enfin, le Parti conservateur du Québec (PCQ) n'a fait élire aucun député. Battu dans Chauveau, son chef, Éric Duhaime, a toutefois promis d'être à nouveau sur les rangs dans quatre ans.

Appelant ses militants à ne pas être trop pessimistes, l'ex-animateur de radio a rappelé que QS n'avait récolté que 4 % des suffrages aux élections de 2007, les premières auxquelles ce parti avait participé.

Le chef du Parti conservateur livre un discours à l'issue de la soirée électorale.

Les autres formations politiques, notamment le Parti vert du Québec d'Alex Tyrrell, le Parti canadien du Québec de Colin Standish, Climat Québec de Martine Ouellet et le Bloc Montréal de Balarama Holness, ont tous récolté moins de 1 % des voix et n'ont fait élire aucun député.

Trudeau félicite Legault

Les bureaux de scrutin ont fermé leurs portes à 20 h. Radio-Canada a fait connaître sa prévision seulement 10 minutes plus tard.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rapidement publié un communiqué pour offrir ses félicitations à François Legault, se disant impatient de continuer à travailler avec [lui] pour relever les défis qui comptent pour les Québécois et tous les Canadiens.

Il s’agit notamment de favoriser la croissance de l’économie verte, de lutter contre les changements climatiques, de trouver des solutions à la pénurie de main-­d’œuvre, de rendre la vie plus abordable, de favoriser la création de logements abordables, d’investir dans les infrastructures et de bâtir un avenir propre et prospère, a-t-il indiqué.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a également salué la victoire de son ami François Legault. Continuons à tisser des liens plus profonds entre nos deux provinces et renforçons entre nous les liens économiques qui créent des emplois bien rémunérés, a-t-il tweeté.

Un taux de participation qui fait du surplace

Le taux de participation s'est établi à 66,05 %. Il est légèrement inférieur à celui de l'élection générale d'octobre 2018 (66,45 %).

Les députés élus lundi devraient prêter serment dans deux ou trois semaines. En 2018, le Conseil des ministres avait été présenté 18 jours après les élections.

Encore plus qu'il y a quatre ans, François Legault aura l'embarras du choix.

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