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1000 jours après, les familles des victimes du vol PS752 toujours en suspens

Une roue de l'appareil et d'autres débris au sol.

Des débris du vol PS-752 qui s'est écrasé près de Téhéran le 8 janvier 2020, après avoir été atteint par un missile.

Photo : Associated Press / Ebrahim Noroozi

Le 4 octobre 2022 marque 1000 jours depuis la destruction du vol PS752 d’Ukraine International Airlines, qui a fait 176 morts, dont 85 qui résidaient au Canada. Mille jours plus tard, certains proches des victimes espèrent que le mouvement de contestation actuel en Iran les aidera à avancer.

Le vol PS752 a été détruit par un missile lancé par les Gardiens de la révolution islamique le 8 janvier 2020. 176 personnes ont été tuées, dont 55 citoyens et 30 résidents permanents canadiens.

Mille jours plus tard, des familles des victimes cherchent toujours à avancer.

Hamed Esmaeilion assis sur son canapé.

Hamed Esmaeilion est venu s'installer au Canada avec sa femme et sa fille en 2010.

Photo : CBC/Madeline McNair

« Nous ne voulons pas d’indemnisation ni d’excuses : ce que nous voulons, c’est de savoir la vérité complète. »

— Une citation de  Hamed Esmaeilion, président de l’Association des familles du vol PS752

Hamed Esmaeilion est le président de l’Association des familles du vol PS752. Sa femme et sa fille étaient parmi les victimes à bord de l'avion désintégré.

C’est une autre triste journée pour moi et pour les proches des victimes, surtout quand nous n’avons toujours pas eu de justice pour nos proches décédés, lance-t-il.

Une photo de famille posée sur une table.

La femme de Hamed Esmaeilion, Parisa Eghbalian (à gauche), a perdu la vie avec sa fille de neuf ans, Reera (centre), dans l'écrasement du vol PS752 à Téhéran.

Photo : CBC/Madeline McNair

Il indique qu’au moins 9 membres des familles de victimes sont décédés pendant ces 1000 jours et qu’il cherche toujours à avoir toute l’information sur ce qui s’est passé lors de la destruction de l’avion.

Même son de cloche du côté de Mehrzad Zareie, un père qui a perdu son fils dans la tragédie.

Cela fait maintenant mille jours depuis ce meurtre de masse et nous n’avons pas encore de justice pour nos proches, dit-il.

Mehrzad Zareie et Hamed Esmaeilion seront d’ailleurs à Ottawa mardi pour une manifestation devant le Parlement. Les proches des victimes veulent se souvenir des vies perdues et demander plus d’action de la part du gouvernement fédéral.

L’importance du mouvement en Iran

Les proches des victimes du vol PS752 espèrent par ailleurs que le mouvement antigouvernemental déclenché par la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini à Téhéran les aidera à avancer leur cause.

Ce mouvement est réel, il est sérieux et il ressemble à une révolution. Mahsa Amini est un symbole. Les gens en Iran et à travers le monde réclament la justice pour toutes les victimes des 43 dernières années du régime iranien, explique Hamed Esmaeilion.

Le drame du vol PS752 fait donc partie des sujets décriés par le mouvement contre le régime iranien, selon lui.

Aurel Braun.

Aurel Braun est professeur en relations internationales à l’Université de Toronto.

Photo : Radio-Canada

De son côté, Aurel Braun, professeur en relations internationales à l’Université de Toronto, confirme qu’un changement de régime pourrait aider les proches des victimes à trouver une résolution.

« Je crois qu’il pourrait y avoir une résolution significative pour les familles si le régime iranien s’effondre. »

— Une citation de  Aurel Braun, professeur en relations internationales à l’Université de Toronto

Un nouveau régime voudrait reconnaître les actions terribles posées en Iran, mais aussi l'impact à l'international, ce qui inclut les victimes du vol 752, dit-il.

Le professeur prévient cependant qu'un autre dénouement est possible. Il indique que le régime iranien pourrait rester au pouvoir et gouverner avec plus de force et de brutalité.

Plus d’actions possibles du gouvernement fédéral

Aurel Braun ajoute que ce mouvement pourrait mettre plus de pression sur le gouvernement canadien face à l’Iran.

Le gouvernement fédéral a d’ailleurs dévoilé lundi une liste de 25 personnes et 9 entités iraniennes nouvellement visées par des sanctions canadiennes.

L’efficacité des sanctions est limitée, mais cela est symbolique et envoie un message clair au régime iranien, constate le professeur.

Hamed Esmaeilion croit pour sa part que le gouvernement devrait en faire plus.

Le rapport d'enquête de l’Iran conclut que le vol PS752 a été abattu parce qu’une unité de défense aérienne a pris l’avion pour une menace.

Mais l’Association des familles du vol PS752 a soumis le 14 septembre une communication à la Cour pénale internationale des Nations Unies qui dit que la République islamique de l’Iran a commis des crimes de guerre dans cette affaire.

Leur demande n’a pas été appuyée par le gouvernement canadien. C’est d’ailleurs une des actions que M. Esmaeilion aimerait voir.

Le gouvernement canadien doit soutenir l’application de notre association dans la Cour pénale internationale. Il doit également ouvrir une affaire criminelle au Canada et considérer les Gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, explique-t-il.

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