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Aucun député du Parti québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean : une première depuis 1973

Trois candidats sourient sur une scène.

Les candidats péquistes Émile Simard (Dubuc), Caroline Dubé (Jonquière) et Alice Villeneuve (Chicoutimi) ont tous obtenu une deuxième place.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Coulombe

Le Parti québécois (PQ) est complètement rayé de la carte au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les cinq circonscriptions provinciales de la région ont toutes été raflées lundi par la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Pour la première fois en 49 ans, la formation politique fondée par René Lévesque n’a pas réussi à faire élire un seul député dans la région.

Les candidats du PQ sont arrivés deuxièmes dans chacune des cinq circonscriptions.

En 1973, le PQ avait obtenu son tout premier représentant issu du Royaume à l’Assemblée nationale, Marc-André Bédard, élu dans Chicoutimi. Il était un proche allié de René Lévesque et s’est illustré comme un des ministres de la Justice les plus marquants de l’histoire du Québec.

Le scrutin du 3 octobre 2022 passera donc à l’histoire compte tenu du fait que le Saguenay–Lac-Saint-Jean a longtemps été un château fort péquiste. À titre indicatif, en 2012, l'ensemble des circonscriptions régionales étaient représentées par le Parti québécois.

C'est William Fradette qui a réussi la meilleure performance avec 25 % des votes dans Lac-Saint-Jean.

Jonquière passe à la CAQ

Lors des élections de 2018, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, avait été le seul candidat péquiste à remporter la faveur populaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Lors de ce scrutin marqué par la dégringolade d’un des plus vieux partis du Québec, il s’était retrouvé parmi un groupe formé d'une poignée de députés péquistes élus sur les 125 circonscriptions de la province.

Sylvain Gaudreault a annoncé qu’il tirait sa révérence au printemps dernier après 15 ans de vie politique.

Il va falloir qu’on fasse le bilan en temps et lieu avec le reste du parti et avec le chef. Ce que je remarque surtout, c’est que les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean demeurent des nationalistes. Les candidats du Parti québécois ont fait une très bonne campagne pour parler d’indépendance sur le terrain. Il va falloir qu’on continue ce travail-là pour parler d’indépendance. [...] L’idée de l’indépendance est trop forte, elle ne mourra jamais, a analysé Sylvain Gaudreault.

Yannick Gagnon lève un bras en l'air.

Yannick Gagnon a raflé la circonscription de Jonquière, qui était détenue par le Parti québécois.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Celle qui tentait de lui succéder, Caroline Dubé, n’a pas réussi à séduire l’électorat et s’est inclinée devant le candidat vedette de la Coalition avenir Québec et ancien directeur général du Patro de Jonquière, Yannick Gagnon. Caroline Dubé bénéficiait d’un fort appui de la communauté indépendantiste de Jonquière et des environs, elle qui agissait comme directrice du bureau du député du Bloc québécois, Mario Simard, avant de sauter dans l’arène.

« Il va y avoir des analyses qui vont être bien meilleures que moi pour dresser un portrait. Je suis partie dans l’aventure en disant que j'allais essayer, tenter ma chance. C'est ce que j’ai fait. Pour le reste, on aura en masse le temps d’en faire l’analyse. Je ne sais pas sur quoi ça s'est joué. On le voit au niveau national que la CAQ est sortie très forte. »

— Une citation de  Caroline Dubé, candidate défaite du Parti québécois dans Jonquière

Impossible de renverser Andrée Laforest

La jeune candidate Alice Villeneuve avait du pain sur la planche dans Chicoutimi, elle qui tentait de déloger la députée et ministre sortante des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, également ministre responsable du Saguenay–Lac-Saint-Jean au sein du gouvernement de la CAQ. Peu connue des électeurs, Alice Villeneuve a obtenu 14,2 % des votes, contre 62,3 % pour Andrée Laforest.

Mon objectif, c’était la deuxième place, j’étais consciente du défi que j’affrontais. C’est certain qu’il y a une grosse vague caquiste en ce moment. La campagne que j’ai menée, c’est la campagne que je voulais mener. C’est une bonne leçon à en tirer parce que je pense que vous allez me revoir dans quatre ans, a confié Alice Villeneuve.

Andrée Laforest sourit à des militants.

La députée sortante de Chicoutimi, Andrée Laforest, paraissait confiante au début de la soirée électorale.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Dans la circonscription voisine de Dubuc, Émile Simard a lui aussi échoué dans sa tentative de déloger le député sortant de la CAQ, François Tremblay, qui a su conserver son siège avec 60 % des voix.

« Ça démontre que l'alternative à la CAQ, c’est le Parti québécois. C’est le parti des régions, c’est le parti de la langue française, c’est le parti de l’indépendance, c’est nous. On a mené une campagne qui était positive. Je suis fier de notre bilan, de ce qu’on a fait. Ça va être aux analystes de tirer des conclusions de ce qui s’est passé ce soir, mais je pense qu’au niveau régional, on peut être fiers de ce qu’on a mené. »

— Une citation de  Émile Simard, candidat défait du Parti québécois dans Dubuc

Second revers en quatre ans pour William Fradette

Les espoirs du PQ se sont aussi effondrés dans Lac-Saint-Jean, bastion péquiste pendant de nombreuses années, avec la défaite de William Fradette aux mains du député sortant Éric Girard.

Éric Girard serre des mains dans une salle.

Éric Girard représente la CAQ dans Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

William Fradette, qui était l’adjoint du député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe avant de briguer les suffrages, essuie ainsi un second revers en autant de tentatives. Éric Girard l’avait coiffé au poteau en 2018, lors de l’arrivée au pouvoir de la CAQ.

William Fradette dans une salle avec des militants.

Le péquiste William Fradette a brigué les suffrages pour la deuxième fois depuis 2018.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Nancy Guillemette conserve ses acquis

L’enseignant Patrice Bouchard, qui s’est fait connaître en raison de son rôle d’adjoint auprès de l’ancien député péquiste Denis Trottier, a lui aussi mordu la poussière dans Roberval. La députée sortante, Nancy Guillemette, a conservé ses acquis en obtenant une forte majorité des voix.

Nancy Guillemette prononce un discours.

La caquiste Nancy Guillemette a été élue pour la première fois à des élections générales. Elle l'avait emporté lors d'une partielle à la suite du départ de Philippe Couillard.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Même si le Parti québécois s’était présenté comme la voix des régions du Québec et malgré deux escales du chef Paul St-Pierre Plamondon au Saguenay–Lac-Saint-Jean pendant la campagne, force est de constater que les propositions du parti n’ont pas trouvé preneur chez les électeurs de la région.

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