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Angoisse des patients devant le déclin des soins de santé dans le Restigouche

Si l'état du système de santé est source d'inquiétude partout au Nouveau-Brunswick, c'est particulièrement le cas au Restigouche.

Geniva Anderson enceinte, son conjoint et leur jeune fils.

Le petit Kameryn est né à l'hôpital de Bathurst, à plus d'une heure de chez lui. Son futur petit frère ou sa future petite sœur devra aussi voir le jour à Bathurst, un casse-tête pour Geniva Anderson, une mère de quatre enfants.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

« Je vais-tu me rendre, je ne vais-tu pas me rendre? Est-ce que je vais accoucher sur le bord du chemin? » Le dernier accouchement de Geniva Anderson a été stressant. De nouveau enceinte, elle devra bientôt répéter l'expérience et s'inquiète de devoir faire beaucoup de route pour obtenir des services.

Geniva Anderson habite pourtant à moins d'un kilomètre d'un établissement de santé : l'Hôpital régional de Campbellton.

Depuis avril 2020, les accouchements ne sont plus offerts dans cet hôpital. La suspension « temporaire » des services d’obstétrique et de pédiatrie qu’avait annoncée le Réseau de santé Vitalité s’éternise.

Mme Anderson, qui se prépare à la naissance de son cinquième enfant – attendu en décembre –, sait qu'elle devra de nouveau accoucher à Bathurst, à plus d'une heure de route.

L'Hôpital régional de Campbellton.

L'Hôpital régional de Campbellton

Photo : Radio-Canada

Cette perspective l'effraie.

Lors de la naissance du petit Kameryn, il y a un an et demi, elle a failli ne pas se rendre à temps à l’hôpital de Bathurst.

Elle a dû conduire pendant 90 minutes en raison des mauvaises conditions routières causées par de la pluie verglaçante.

Un bébé blond dans ses bras, une femme enceinte sourit.

Geniva Anderson et le petit Kameryn

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

« C'est de l'incertitude, du stress, de l'anxiété. C’est vraiment pas nécessaire, surtout qu’il y a un hôpital juste à côté, qu'on ne peut pas utiliser. »

— Une citation de  Geniva Anderson de Campbellton

Si elle a pu obtenir un suivi prénatal à Campbellton depuis le début de sa grossesse, elle devra maintenant le poursuivre en se rendant une fois par semaine à Bathurst.

C'est là une situation complexe pour une maman avec quatre autres jeunes enfants.

Par ailleurs, aucun membre de cette jeune famille ne dispose des services d’un médecin de famille depuis au moins trois ans.

Vers la fermeture de l'hôpital?

Au fil des années, l'Hôpital de Campbellton a perdu plusieurs services de santé offerts par des spécialistes, notamment des soins en ophtalmologie.

Beaucoup de gens au Restigouche craignent même de perdre le seul hôpital de la région.

C’est le cas de membres du Club des aînés de Notre-Dame-des-Neiges de Campbellton.

Depuis le printemps dernier, ce club fait d’ailleurs circuler une pétition pour exiger le maintien des services de santé offerts aux citoyens de la région.

Une femme et un homme d'un certain âge sont assis à une table.

Laurianne Leclerc et Robert Aubut

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Laurianne Leclerc et Robert Aubut font partie des instigateurs de ce mouvement qui a amassé plus de 6000 signatures jusqu’à présent.

« Il faut que ce soit notre région qui prenne les décisions pour nous. »

— Une citation de  Laurianne Leclerc, membre du comité de la pétition

Ils estiment qu’avec une population d’environ 30 000 habitants, sans compter les utilisateurs de la Gaspésie limitrophe, le Restigouche mérite un hôpital régional qui offre tous les services de santé de base, notamment pour ce qui est des accouchements.

« On voit ce qui se passe avec les réductions et le manque de services. Ça nous préoccupe grandement. Est-ce qu’ils veulent fermer l’hôpital? »

— Une citation de  Robert Aubut, membre du comité de la pétition

Cette crainte de fermeture résonne de plus en plus parmi la population.

C'est une solution qui ne tient pas debout, croit Laurianne Leclerc. Selon elle, cette avenue aurait pour effet d’engorger les hôpitaux des centres urbains plus importants.

Même s'il est conscient que le problème est notamment causé par une pénurie d'employés, Robert Aubut croit que la situation est empirée par la gestion du personnel en poste. Les employés sont de plus en plus à bout de souffle et traités comme des esclaves, estime-t-il.

Avoir accès rapidement à des services de santé près de chez eux est un souci de plus en plus présent pour les citoyens du Restigouche.

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