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Une contamination de plastique « jugée préoccupante » dans la rivière Magog de Sherbrooke

Une citoyenne avec les mains remplies de plantes aquatiques et de petits morceaux de plastique au travers.

Des quantités « jugées inquiétantes » de morceaux de plastique se retrouvent sur les berges de la rivière Magog à Sherbrooke. Des citoyens sonnent l'alarme.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a tellement de microparticules de plastique dans la rivière Magog et dans le lac des Nations de Sherbrooke que la Ville a commandé une cartographie pour avoir un portrait de la contamination qui « est jugée préoccupante ».

Même si le rapport n'est pas encore prêt, le constat est clair. La problématique persiste. Il faut agir, soutient le gardien de rivières du Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL), Gabriel Provencher-Pharand.

Ce dernier a passé les dernières semaines à sillonner en bateau la rivière Magog et le lac des Nations. Il a repéré des accumulations de particules de plastique à une quinzaine d'endroits dans la rivière. On a trouvé des plastiques de différentes tailles, de différents types. On a aussi [trouvé] du polystyrène.

« Quand on voit des canards dans les zones où il y a des microplastiques, on se questionne si ça se retrouve dans leur système et si ça les affecte. »

— Une citation de  Gabriel Provencher, gardien de rivières du RAPPEL
Un homme qui conduit une chaloupe. Il a une tuque grise et les cheveux longs frisés.

Gabriel Provencher-Pharand, gardien de rivières du RAPPEL, a retrouvé près d'une quinzaine de lieux de contamination de particules de plastique sur la rivière Magog et au lac des Nations de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Ces particules peuvent difficilement être retirées de l'eau, d’où l’importance de s’attaquer à la source de la contamination. Les microplastiques, ce sont vraiment de petits fragments qui viennent s'entremêler avec des fragments de plantes aquatiques, dans la végétation naturelle de la rivière. Il faudrait être en mesure de démêler les plantes aquatiques avec les particules, mais ce serait un travail fastidieux, explique le directeur général du RAPPEL, Jean-François Martel.

Le problème n'est pas nouveau. En 2018, un rapport du RAPPEL alertait la Ville de Sherbrooke de la présence de microplastiques dans la rivière Magog.

D'où vient tout ce plastique?

En 2020, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) sévissait contre une entreprise du secteur industriel, Plastimum, la jugeant responsable des rejets de microplastiques dans le réseau d'égout pluvial qui se déverse, par un petit ruisseau, dans la rivière Magog. L'entreprise avait alors nié toute responsabilité publiquement, mais avait tout de même apporté des correctifs à la satisfaction du ministère.

Depuis, le ministère a transmis un troisième avis de non-conformité à l’entreprise en mai 2021 pour l’entreposage de matières premières non conformes. Des vérifications de ces mesures correctrices, mises en place par Plastimum pour éliminer le rejet de plastique dans l’environnement, sont en cours.

Lors d’une inspection réalisée en 2021, le MELCC a constaté la présence persistante de résidus de plastique dans la rivière, mais il n’a pas été possible de confirmer d'où ils provenaient.

Le président de Plastimum n'était pas disponible pour répondre aux questions de Radio-Canada.

Radio-Canada, pour sa part, n'a pas été capable de confirmer la source de la contamination actuelle.

Le MELCC a cependant identifié en août 2022 une nouvelle source de rejets de plastique dans la rivière Magog, qui n’est toutefois pas liée à l’entreprise Plastimum. Cette fois, il s'agit de billes de plastique et non pas de morceaux. Le MELCC n’a pas dévoilé le nom de l’entreprise ou de la personne responsable, mais a indiqué, par courriel, évaluer actuellement les actions à poser dans ce dossier.

Des morceaux de plastique sur la terre entre des branches d'arbustes.

Lors d’une inspection réalisée en 2021, le MELCC avait constaté la présence de résidus de plastique dans la rivière, mais il n’a pas été possible de confirmer d'où ils provenaient.

Photo : Radio-Canada

Des particules toujours présentes

Chose certaine, des particules de plastique sont toujours bien présentes à l'embouchure du petit ruisseau du parc industriel, selon l'Association des riverains et usagers de la rivière Magog. Il est certain pour Gilles Lemelin, un de ses membres, que les particules proviennent encore de ce secteur de Sherbrooke. Dernièrement, il y a 15 jours, il y en avait encore tout au long [de la rivière]. J'ai pris des photos qui prouvent ce que j'ai vu l'autre jour. Si jamais il y a des rejets dans les eaux pluviales, ils s'en viennent ici, dit-il.

Gilles Lemelin devant la rivière Magog.

Régulièrement, Gilles Lemelin retrouve des morceaux de plastique sur les berges de la rivière Magog. Pour lui, il ne fait aucun doute qu'ils proviennent du parc industriel de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Valérie Courtemanche, une citoyenne qui habite près de la rivière Magog, dit aussi avoir observé de grandes quantités de plastique sur les berges tout l’été.

« Il y a du plastique partout, partout, partout jusqu'à tout près du pont de la 410, où il y a la piste cyclable. Après, il n'y en a plus. Donc, ça ne vient pas du lac, ça vient pas de plus haut. C'est clair que ça vient du petit ruisseau qui entre dans la rivière à cet endroit. »

— Une citation de  Valérie Courtemanche, riveraine

Ce qu'on fait, c'est qu'on les ramasse, on les sort. J'espère qu'en bas ils en ont moins que chez nous. Chaque fois qu'un bateau [à] moteur passe, c'est là qu'on le voit le plus. Les petites particules de plastique restent prises dans les algues, dans le branchage qui descend. C'est pas mal tous les jours qu'on en voit, ajoute-t-elle.

Les riverains souhaitent que la situation se règle une fois pour toutes. On a fait beaucoup de plaintes au cours des années à la Ville, au ministère. Là, ça ne bouge plus et on trouve que c'est vraiment dommage. Il y a de la vie dans cette rivière, il y a des poissons. Notre environnement est moins agréable parce qu'il y a des milliers, des milliers, des milliers de morceaux de plastique, se désole Mme Courtemanche.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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