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L’environnement, oublié de la course à la direction du Parti conservateur uni

Une cheminée crache uneépaisse fumée.

La majorité des candidats à la direction du parti n'ont pas d'objectif de réduction des émissions de GES de l'Alberta.

Photo : Associated Press / Darryl Dyck

La défense de l’industrie pétrolière et gazière et les relations avec Ottawa ont éclipsé les discussions sur la politique environnementale que le prochain ou la prochaine première ministre de l’Alberta mettra en place.

Seules deux candidates à la direction du Parti conservateur uni, Rajan Sawhney et Rebecca Schulz, ont mentionné l’environnement dans leur programme politique sur leur site Internet.

Il faut dire que l'enjeu ne semble pas primordial pour les partisans conservateurs de l’Alberta, selon un sondage Angus Reid publié le 30 septembre. Seuls 4 % des sondés qui avaient voté pour le PCU aux dernières provinciales ont placé les changements climatiques sur le podium de leurs préoccupations contre 37 % pour ceux qui avaient voté néo-démocrate.

Le sondage d'Angus Reid a été réalisé en ligne entre le 19 et 22 septembre auprès de 598 Albertains, dont 255 qui avaient voté conservateur aux dernières élections provinciales. Tous les répondants sont membres du Forum Angus Reid. Les résultats complets du sondage  (Nouvelle fenêtre)sont offerts en anglais.

Les candidats à la course à la direction du parti conservateur uni, de gauche à droite : Todd Loewen, Danielle Smith, Rajan Sawhney, Rebecca Schulz, Leela Aheer, Travis Toews, et Brian Jean, sur une photo prise à Medicine Hat, le 27 juillet 2022.

Les candidats à la course à la direction du parti conservateur uni, de gauche à droite : Todd Loewen, Danielle Smith, Rajan Sawhney, Rebecca Schulz, Leela Aheer, Travis Toews et Brian Jean.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Danielle Smith et la neutralité carbone

Lors du débat officiel à Medicine Hat, en juillet, une question a pourtant évoqué les mesures concrètes que les sept candidats au remplacement de Jason Kenney prendraient pour faire de l’Alberta une province plus durable et verte. À plusieurs reprises, le modérateur a dû recentrer les politiciens qui dérivaient pour débattre de la souveraineté.

Danielle Smith s’est aussi attiré les foudres de ses opposants lorsqu’elle a évoqué son soutien à une politique zéro émission. La candidate a expliqué avoir effectué un virage à 180 degrés sur les changements climatiques. Je suis sûrement la première à penser que nous pouvons atteindre la neutralité carbone le plus rapidement dans le monde, a-t-elle indiqué.

Je ne copierai jamais la politique zéro émission de Justin Trudeau, a rétorqué l’ancien ministre des Finances, Travis Toews. S’associer à la politique de zéro émission nette de Justin Trudeau apporte de la confusion, a ajouté Rebecca Schulz.

À la défense de l’industrie énergétique

La journaliste et ancienne cheffe du parti Wildrose a, par la suite, précisé qu’elle ne faisait que défendre les progrès technologiques effectués par l’industrie énergétique en Alberta. Nous pouvons réduire les émissions dans le monde en exportant plus de gaz naturel liquéfié et en diminuant l’utilisation du bois, du charbon et du fumier. Voilà un plan environnemental digne de ce nom, a déclaré Danielle Smith lors du débat officiel du PCU à Edmonton.

Les propos de tous les autres candidats sont dans la même veine même si ces derniers ont refusé de parler de neutralité carbone. Leurs politiques environnementales sont centrées sur des avancées technologiques de l’industrie énergétique comme la séquestration du carbone et la production d’hydrogène bleu.

Les anciens ministres Rajan Sawhney et Travis Toews affirment que le problème environnemental est d’abord un problème de réputation. Même les Canadiens nous voient comme de riches émetteurs, a dit Rajan Sawhney. Nous devons diffuser plus d’information pour que les Canadiens comprennent que l’énergie albertaine est la source la plus propre et la plus éthique dans le monde.

Nous devons vendre ce que nous faisons déjà, a renchéri Travis Toews.

Contre les politiques climatiques d’Ottawa

Les sept candidats s’opposent également de façon véhémente à toutes les politiques climatiques d’Ottawa. Brian Jean, Danielle Smith, Rebecca Schulz, Todd Loewen et Travis Toews se sont prononcés publiquement contre la taxe carbone. Travis Toews a toutefois noté qu’aucun d’entre eux ne pourra agir à moins d’un changement de gouvernement fédéral. La contestation albertaine a en effet été défaite à la Cour suprême.

Pour sa part, Brian Jean veut mettre cette tarification au centre des discussions lors d’une renégociation de la Constitution canadienne.

Des manifestants à Edmonton.

Des personnes manifestent contre la taxe sur le carbone de l'Alberta à Edmonton en 2016.

Photo : Radio-Canada

Les projets de plafond sur les émissions de GES des pétrolières (Nouvelle fenêtre) et sur l’utilisation de fertilisants ont aussi attiré la colère des candidats conservateurs unis. Il ne s’agit pas d’une politique climatique, mais d’une politique de famine, a affirmé Todd Loewen en référence aux discussions d’Ottawa pour réduire l’usage des fertilisants.

Cette opposition au gouvernement fédéral a toutefois plutôt orienté les débats vers les questions de souveraineté et d’empiétement dans la sphère de compétences provinciales plutôt que d'enclencher des discussions sur le volume d’émissions en Alberta.

Promesses vagues sur le charbon

L’absence de prise de position sur l’environnement a amené le chanteur Corb Lund à interpeller les candidats sur sa page Facebook. L’artiste a fait partie des opposants à l’exploitation du charbon dans le quart sud-ouest de la province.

Dans une vidéo publiée en septembre, il a sommé les sept candidats de clarifier leur soutien ou non à une reprise de l’exploitation du charbon en Alberta

Photo des montagnes Rocheuses avec un panneau de signalisation indiquant : Riversdale Resources propriété privée.

Les projets de mine de charbon métallurgique dans le sud-ouest de l'Alberta ont suscité beaucoup de mécontentement en 2021.

Photo :  CBC / Evelyne Asselin

Rajan Sawhney, Travis Toews et Rebecca Schulz ont indiqué qu’ils appliqueraient les recommandations du comité sur le charbon créé par le gouvernement précédent. Le comité ne préconisait toutefois pas un moratoire sur les projets en cours, mais insistait plutôt sur la modernisation nécessaire de la politique en place et de consultations approfondies avec les Albertains et les communautés autochtones.

Danielle Smith a exclu toute exploitation sur les terres de catégorie 2. Deux projets, Grassy Mountain, de l’entreprise Benga, et Tent, de Montem Resources, devraient toutefois être soumis à un référendum de la population locale, selon elle.

Brian Jean n’a pas non plus exclu des exploitations minières, mais il s’inquiète pour les conséquences environnementales de telles mines, surtout lorsqu’elles sont pilotées par des entreprises étrangères.

Les changements de politiques d’exploitation du charbon avaient pourtant suscité une forte opposition de la population albertaine, notamment chez les propriétaires terriens du sud de l’Alberta. Face à ce mécontentement, le gouvernement de Jason Kenney avait fait machine arrière.

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