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QG de la police de Winnipeg : pas d’enquête publique ou d’accusations criminelles

Le quartier général de la police de Winnipeg.

Le Service des poursuites du Manitoba affirme qu'une enquête publique ne révélerait « rien de plus qu'une poursuite au civil ».

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Radio-Canada

Quelques jours après qu'un tribunal manitobain eut jugé que Phil Sheegl, ancien directeur général de la Ville de Winnipeg, a reçu un pot-de-vin, le Service des poursuites du Manitoba a envoyé une note de breffage au gouvernement expliquant pourquoi il n'avait pas porté d'accusation criminelle.

Dans la note obtenue par une demande d'accès à l'information faite par CBC/Radio-Canada, le Service des poursuites soutient que la Ville de Winnipeg est la mieux placée pour se charger e de la poursuite visant M. Sheegl.

Le Service ajoute qu'une enquête publique ne révélerait rien de plus qu'une poursuite au civil et que le droit civil est l'avenue appropriée à emprunter dans ces circonstances.

CBC/Radio-Canada a demandé au ministère de la Justice comment il pouvait savoir quelles informations pourraient être révélées dans le cadre d’une enquête publique ou par le procès au civil contre des dizaines de défendeurs nommés dans la poursuite liées à la construction du quartier général de la police. Le Ministère n’a pas répondu. Le procès devrait se dérouler au printemps 2024 et durer trois mois.

En 2020, la Ville de Winnipeg a entamé une poursuite civile contre M. Sheegl, Caspian et de nombreux sous-traitants impliqués dans le projet. Une décision a été rendue seulement dans le cas de Phil Sheegl, qui fait appel de son amende de 1 million de dollars.

Faire disparaître cette affaire

Le maire actuel de Winnipeg, Brian Bowman, et le conseil municipal demandent depuis 2017 qu'une enquête publique soit lancée sur les méthodes de gestion de la Ville à l'époque où M. Sheegl était en poste, soit de 2011 à 2013.

C'est décevant [...] Nous avons vraiment l'impression que la province ne soutient pas les Winnipégois dans ce dossier, estime Brian Bowman. À son avis, le gouvernement du Manitoba devrait déclencher une enquête, car ce dossier est d'intérêt public.

M. Bowman affirme que l'idée d'une enquête publique fait face à de la résistance. Il y a de la pression sur les politiciens pour faire disparaître cette affaire, dit-il, sans préciser qui applique cette pression.

Paul Thomas, professeur émérite de science politique à l'Université du Manitoba, croit lui aussi qu'une enquête publique est appropriée. Il estime qu'elle permettrait d'avoir une meilleure vision d'ensemble de l'affaire, notamment en ce qui concerne la participation de l'ancien maire Sam Katz.

Il est d'avis que le gouvernement provincial ne veut tout simplement pas se mêler de cette affaire. Il sait aussi que si on lance une enquête publique, l'affaire pourrait s'étirer et faire augmenter les coûts, dit M. Thomas.

Paul Thomas.

Paul Thomas croit qu'une enquête publique est nécessaire dans l'affaire du QG de la police de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Paul Thomas affirme également que le processus pourrait soulever des questions que le gouvernement préfère ne pas approfondir, comme sa connaissance des faits à l'époque.

Toutefois, Paul Thomas croit qu'une enquête publique pourrait fortement contribuer à réduire le désabusement de la population par rapport à la politique.

De son côté, le Service des poursuites du Manitoba affirme qu'il est de la responsabilité de la Ville de Winnipeg de régler tous les problèmes liés aux actions de M. Sheegl à travers une résolution devant une cour civile, combinée à des politiques préventives.

Le Service des poursuites affirme également que la Ville est au courant des circonstances de l'affaire dans leur entièreté et qu'elle est la mieux placée pour en gérer les suites.

La première ministre Heather Stefanson a quant à elle transmis les questions concernant la note de breffage à un attaché de presse du ministère de la Justice, qui a résumé le contenu de la note.

Avec les informations de Caroline Barghout

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