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Des résidents de l’Î.-P.-É. ont froid, sans électricité, 9 jours après Fiona

Une femme croise une rue bloquée par un poteau électrique coupé à la base, qui est couché sur des lignes électriques touchant presque le sol.

Des lignes électriques et un poteau, endommagés par la tempête Fiona (archives).

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Radio-Canada

Neuf jours après le passage de la tempête Fiona, 16 000 clients de Maritime Electric à l’Île-du-Prince-Édouard sont encore sans courant, lundi. Cela signifie pas de lumière, pas de chaleur, pas d’eau chaude, de mauvaises connexions Internet et, pour certains, pas d’eau courante non plus.

Eleanor Crossley, de Charlottetown, fait partie des dizaines de milliers de résidents qui se sont réveillés sans courant lundi matin. Elle a un bébé de 18 mois.

Il fait très froid. C’est difficile avec un petit... C’est difficile de garder un bébé au chaud dans une maison froide, a-t-elle signalé.

« Je ne m’attendais pas à ça. Je m’attendais à trois ou quatre jours, peut-être cinq. Mais pas être ici en ville et être encore sans électricité après 10 jours. »

— Une citation de  Eleanor Crossley, de Charlottetown

Sa mère a retrouvé l’électricité dimanche. Eleanor Crossley prévoit d'y déménager avec son enfant.

Un arbre est tombé sur une maison.

Plusieurs Prince-Édouardiens doivent composer avec des dommages importants à leurs résidences.

Photo : Mikee Mutuc/CBC

Kylee Graham, qui n'a pas eu d'électricité dans son appartement de Charlottetown depuis la nuit du 24 septembre, soutient que la vie est de plus en plus difficile, car elle fait face à des températures plus fraîches et à l'absence très prolongée de lumière.

La jeune femme de 26 ans est également bénévole au Charlottetown Mutual Aid et elle dit y croiser des personnes âgées ou en situation d'itinérance, dont la situation est bien pire que la sienne.

Wanda Arnold, une résidente de 70 ans du complexe pour personnes âgées Huntingdon Court, à Charlottetown, dit qu'elle et d'autres résidents ont reçu des couvertures. Mais elle soutient que la nuit, les résidents grelottent dans le noir, sans chauffage ni électricité.

Les deux femmes estiment que la réponse de la société de service public Maritime Electric n'a pas été adéquate. Elles sont d'avis que davantage d'équipes de réparation devraient être disponibles lors des pannes pour rétablir plus rapidement le courant aux citoyens vulnérables.

Des poteaux électriques brisés et des lignes à haute tension abattues en bordure d'une route sur laquelle des automobiles circulent.

La tempête Fiona a fait d'importants dégâts à Charlottetown (archives).

Photo : CBC / Alexandre Silberman

Le temps a été plutôt doux depuis que la tempête post-tropicale Fiona a frappé l’île le 24 septembre, arrachant des arbres et dévastant le réseau électrique.

Cela a réduit les problèmes potentiels pour les Prince-Édouardiens qui ne peuvent pas faire fonctionner leurs chaudières sans électricité, mais les températures ont chuté sous le point de congélation pendant la nuit de dimanche, et un autre avis de gel est en vigueur pour lundi soir.

La majorité des écoles, des entreprises et des bureaux gouvernementaux ont rouvert leurs portes lundi, mais pour des milliers de personnes, la vie n’est toujours pas revenue à la normale.

Le point sur les pannes

Avec une moyenne de 2,3 Prince-Édouardiens par ménage, cela représente près de 37 000 personnes encore dans le noir.

Cependant, des milliers d'entre eux devraient retrouver l'électricité d'ici à mercredi, a fait savoir Kim Griffin, porte-parole de Maritime Electric.

Les équipes sur le terrain s'occupent présentement de certains secteurs spécifiques avant d'être redirigées vers l'alimentation en électricité de 10 000 clients résidentiels de l'île, a-t-elle indiqué.

Un camion d'une compagnie d'électricité.

Selon Maritime Electric, 216 équipes, dont certaines de la Colombie-Britannique et de Terre-Neuve-et-Labrador, arpentent toute l'Île-du-Prince-Édouard afin de réparer les lignes électriques.

Photo : Martin Trainor/CBC

À moins d'exception, tout le monde devrait être rebranché d'ici à dimanche, selon ses propos.

Selon l’entreprise Maritime Electric, 216 équipes sont sur le terrain pour réparer les lignes endommagées. Certaines viennent d’aussi loin que de la Colombie-Britannique.

Elles sont fort bien accueillies par les résidents, mais cet accueil chaleureux a aussi l’effet de ralentir les travaux et d'ajouter un stress inutile sur les travailleurs, a indiqué Kim Griffin.

Au plus fort de la tempête, plus de 80 000 abonnés ont perdu l’électricité.

Des effets sur les soins de santé et le tourisme

Pendant ce temps, les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard devaient s’attendre à des temps d’attente plus longs que la normale au service des urgences de l’hôpital Queen Elizabeth de Charlottetown. Lundi matin, Santé Î.-P.-É. signalait un temps d’attente de plus de 10 heures pour les cas urgents.

Selon Santé Î.-P.-É., le personnel ressent les effets de Fiona et il y a encore plus d’absentéisme que d’habitude en raison de la COVID-19. Dans certains cas, les infirmières en salle d’opération se voient offrir un taux double pour travailler à l’urgence.

Au niveau touristique, 16 navires de croisière ont annulé leurs visites depuis le passage de Fiona, ce qui représente environ 55 000 visiteurs.

Ce sont les deux semaines les plus occupées de notre saison, a expliqué Mike Cochrane, PDG du Port de Charlottetown.

Une passerelle détruite près de la mer.

Une passerelle détruite près de la mer à Île-du-Prince-Édouard.

Photo : CBC / Shane Hennessey

La majeure partie du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard est fermée pour le nettoyage après Fiona.

Les fonctionnaires ont lancé un autre avis dimanche pour exhorter les gens à rester à l’écart des zones où des travaux de restauration sont en cours.

Le travail est dangereux pour les passants, précisent les fonctionnaires, avec l’abattage des arbres et l’utilisation de matériel lourd. Les équipages ont besoin d’espace pour faire le travail en toute sécurité.

La province a ouvert plusieurs centres de réchauffement pour venir en aide aux insulaires. La liste complète peut être consultée sur le site web du gouvernement provincial (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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