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Ottawa sanctionne 25 hauts responsables iraniens

La police de la moralité et des dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique sont visés par les sanctions canadiennes.

Hossein Salami.

Hossein Salami, commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique, fait partie des personnes visées par les sanctions canadiennes.

Photo : Reuters / Morteza Nikoubazl

Plusieurs jours après l’annonce du premier ministre Justin Trudeau, le gouvernement fédéral a finalement dévoilé une liste de 25 personnes et 9 entités iraniennes nouvellement visées par des sanctions canadiennes.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, annonce un gel des avoirs au Canada et une interdiction de territoire pour de hauts responsables jouant un rôle prépondérant dans l'implantation de mesures répressives et la violation des droits de la personne en Iran.

La liste, obtenue par Radio-Canada, comprend des dirigeants importants de la République islamique. On y trouve notamment Mohammed Hussein Bagheri, le chef d’état-major des forces armées iraniennes.

Hossein Salami, commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique, Esmail Qaani, commandant de la Force Al-Qods, et Esmaïl Khatib, ministre du Renseignement, sont aussi visés.

Le gouvernement canadien place aussi sur sa liste de personnes et entités sanctionnées le patron de la police de la moralité, Mohammad Rostami Cheshmeh, et le secrétaire du siège iranien pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, Mohammad Saleh Hashemi Golpayegani.

Parmi les entités visées, on compte la police de la moralité et la prison d’Evin, où sont détenus des prisonniers politiques.

Ottawa souhaite ainsi faire pression sur le régime iranien et dénoncer « de graves violations des droits de l'homme » ainsi que son mépris flagrant pour les vies humaines.

Depuis la mort de la jeune Mahsa Amini, l’Iran est secoué par une vague de manifestations et une répression sanglante menée par le régime au pouvoir. Depuis deux semaines, au moins 92 manifestants ont trouvé la mort, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) Iran Human Rights (IHR).

Ces sanctions ciblées sont une bonne décision et peuvent potentiellement avoir un impact plus grand que des sanctions généralisées qui sont plus difficiles à implanter et qui peuvent être contournées, selon Thomas Juneau, professeur en affaires internationales à l’Université d’Ottawa.

Il fait remarquer que plusieurs dirigeants iraniens, ou des membres de leur famille, ont des avoirs au Canada, viennent au pays ou y envoient leurs enfants.

L’importance de faire respecter les sanctions

Le professeur Thomas Juneau estime essentiel que le régime de sanctions soit rigoureusement appliqué. Le Canada a, traditionnellement, eu de la difficulté à entièrement implanter les sanctions qu'il annonce, fait-il remarquer.

« Annoncer des sanctions est une chose; les implanter en est une autre. »

— Une citation de  Thomas Juneau, professeur en affaires internationales à l’Université d’Ottawa

Même si plusieurs des personnes visées par Ottawa n’ont pas de lien avec le Canada et ne seront pas touchées directement par les mesures punitives, elles demeurent importantes, selon Thomas Juneau.

Elles envoient un signal aux Canadiens, à nos alliés, au gouvernement iranien et – ce qui est très important – à la population iranienne que le Canada s'oppose à la violence, explique le professeur.

Notons que le gouvernement Trudeau n’a toujours pas désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste, comme le réclament depuis longtemps les conservateurs à Ottawa. Ils veulent ainsi donner suite à une motion en ce sens adoptée à la Chambre des communes en 2018.

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