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La campagne en Outaouais sous la loupe d’un expert

Un homme en entrevue dans la cour de l'Université du Québec en Outaouais

Le professeur en science politique à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Thomas Collombat (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À la veille du scrutin provincial au Québec, un expert fait le bilan de la campagne en Outaouais qui diffère à plusieurs égards des précédentes.

L’Outaouais, qui a été un fief libéral pendant près de 70 ans jusqu’en 2018, a été davantage visitée par les chefs des grands partis, constate Thomas Collombat, professeur de science politique et directeur du département des sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Tous les partis ont prêté une attention particulière à la région, dit-il.

Ce qui distingue cette campagne, par rapport à d'autres dans le passé, selon M. Collombat, c’est que la dimension compétitive de la région a changé sa perception au niveau national.

C’est-à-dire qu’on n'était plus dans un cas où on était certain de qui allait l’emporter dans les cinq comtés de l’Outaouais, ce qui a été la situation pendant longtemps avec le Parti libéral, dit-il.

La dynamique a commencé à changer avec l’élection de 2018, ajoute-t-il, alors que la Coalition a remporté trois des cinq circonscriptions de la région.

Dans cette campagne, la presque majorité des chefs ont visité l’Outaouais, certains deux fois plutôt qu’une, comme le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et la cheffe libérale Dominique Anglade.

Le seul chef qui n’aura pas mis les pieds dans la région est Éric Duhaime, du Parti conservateur.

Pour la CAQ, l'enjeu c’est de montrer que la dynamique qu’elle a commencé à créer lors du dernier scrutin se poursuit. [...]  Pour le Parti libéral, c’est de conserver ses derniers bastions à l’ouest de Montréal [...] et pour Québec solidaire [...] c’est de montrer qu’on est capable de conquérir des sièges à l’extérieur de la grande région de Montréal, résume le professeur de science politique.

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Enjeux nationaux et réalité frontalière

Contrairement aux précédentes élections en Outaouais, les enjeux débattus ont été davantage nationaux, remarque le professeur.

En fait sur les grands enjeux [en Outaouais], on s’est rendu compte qu’on n’était pas si loin que ça des grands enjeux nationaux. La question de la santé, de l’accès à un médecin de famille, a pris évidemment beaucoup de place, analyse M. Collombat.

Les enjeux de logement et du coût ont aussi retenu l’attention, constate-t-il, mais ont pris une dimension particulière en raison de la proximité avec l’Ontario.

Vue aérienne du pont, de la rivière des Outaouais et du centre-ville d'Ottawa.

Le pont Alexandra, la rivière des Outaouais et le centre-ville d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

En santé, c’était la question du fait que le personnel de la santé pouvait être très facilement attiré par de meilleures conditions de travail, pas uniquement salariales, en Ontario. Sur la question du logement, c’était le fait que les acheteurs ontariens qui étaient passés du côté du Québec, notamment pendant la pandémie, avaient entraîné une pression à la hausse du coût de l’achat des maisons, mais aussi du coût de la location, fait remarquer le professeur en science politique.

Lors des élections de 2018, les enjeux locaux avaient pris plus de place, comme celui du futur hôpital et de l'élargissement de l’autoroute 50, dit-il.

[pendant cette campagne] on a parlé de l’hôpital, évidemment du côté de la CAQ pour s’en vanter, du côté des autres partis pour dire c’est bien, mais maintenant comment on va le faire fonctionner ? Avec quel personnel ? Et surtout qu’est-ce qu’on fait en attendant.

L’environnement mis de côté

Les enjeux environnementaux ont eu un peu de difficulté à se faire de la place en Outaouais, remarque Thomas Collombat, mais la question environnementale s’est toutefois invitée dans les débats dans la circonscription de Papineau avec la question de l’exploitation des mines, qui a même été traitée dans un débat national, souligne-t-il.

Enfin, les questions culturelles et en matière d’éducation ne sont pas nécessairement ressorties de façon très forte, note M. Collombat.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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