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Les chefs au fil d’arrivée

Que peuvent nous apprendre les dernières heures de la campagne électorale québécoise sur les espoirs et sur les appréhensions des chefs?

François Legault s'exclame au milieu d'une foule qui l'applaudit.

Le chef caquiste François Legault était de passage à Sherbrooke, en Estrie, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

La course tire à sa fin. Comment et où les chefs des cinq principaux partis ont-ils choisi de terminer leur campagne?

C'est en Estrie que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s'est rendu dimanche, une région qui lui est presque entièrement acquise depuis les dernières élections générales. Mais il y a un village gaulois au milieu de ce territoire caquiste : la circonscription de Sherbrooke, où Québec solidaire (QS) l'avait emporté de façon inattendue en 2018.

François Legault espère bien y prendre sa revanche. Toutefois, même avec une candidate vedette – l'ancienne mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire – et des projections favorables, la victoire n'est pas acquise. Sans compter que les solidaires lorgnent également la circonscription voisine de Saint-François, où ils espèrent faire une percée.

Lorsqu'il s'est présenté devant les journalistes à Sherbrooke dimanche, François Legault a voulu mettre l'accent sur son équipe de candidats et, surtout, de candidates. Entouré de Caroline St-Hilaire (Sherbrooke), Sonia LeBel (Champlain) et Martine Biron (Chutes-de-la-Chaudière), il a dit juger injuste la façon dont fonctionnent les campagnes électorales.

François Legault au lutrin, entouré de Sonia LeBel, de Caroline St-Hilaire et de Martine Biron.

C'est entouré de candidates que François Legault s'est présenté à son point de presse à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

On voit beaucoup les chefs mais pas beaucoup les candidats. Au-delà de François Legault, on a une équipe qui est formidable, a-t-il dit, en promettant que s'il est réélu à titre de premier ministre, son prochain cabinet ministériel se situera dans la zone paritaire.

« Ce n'est pas vrai que je peux gouverner tout seul. »

— Une citation de  François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

J'ai eu du plaisir, assure Legault

Cependant, les questions ont surtout porté sur la campagne elle-même et sur l'attitude de M. Legault pendant cette course.

D'aucuns ont remarqué ses moues souvent agacées et son air parfois renfrogné devant les questions répétées des journalistes.

Bilan de la campagne électorale provinciale avec nos journalistes Véronique Prince, Sébastien Desrosiers, Valérie Gamache, Jacaudrey Charbonneau et Alexandre Duval, qui ont suivi les cinq chefs de parti sur le terrain à bord des caravanes.

J'ai eu du plaisir, a-t-il assuré à plusieurs reprises, sourire aux lèvres. C'est sûr qu'il y a eu les [mêlées de presse], mais sinon, c'était très agréable, a-t-il ajouté à la blague.

Au terme de la campagne électorale, il a dit vouloir rassembler les Québécois, faisant ainsi allusion à la genèse même de sa formation politique.

Quand j'ai fondé la CAQ, j'ai réuni les meilleurs libéraux avec les meilleurs péquistes, a-t-il dit avant d'ajouter que son objectif consiste à rassembler, à développer le Québec avec tout le monde.

Dominique Anglade, de Kuujjuaq à Montréal

En début de journée, lors d'une visite éclair aux Îles-de-la-Madeleine, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a plaidé pour une autre manière, un autre style de leadership, qu'elle veut porter jusqu'à l'Assemblée nationale.

Toutefois, la cheffe libérale aura surtout passé la dernière journée de la campagne en déplacement. Dimanche matin, Mme Anglade a sauté dans un avion à destination du Nunavik pour une visite de quelques heures.

« De mémoire, c'est la première fois qu'un chef de parti vient à Kuujjuaq en campagne électorale. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Son parti espère causer la surprise en ravissant à la CAQ la circonscription d'Ungava et ainsi faire mentir les firmes de sondage, qui le placent troisième dans les intentions de vote.

Dominique Anglade et Tunu Napartuk.

Dominique Anglade espère ravir la circonscription d'Ungava le 3 octobre.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Dominique Anglade était ainsi venue soutenir son candidat, Tunu Napartuk, mais elle souhaitait également envoyer un message aux membres des peuples autochtones : une fois à l'Assemblée nationale, elle jure qu'elle ne ménagera pas ses efforts pour bâtir des ponts avec ces communautés.

Selon elle, l'entrée au gouvernement de M. Napartuk serait porteuse d’espoir pour toute une génération. Elle n'a d'ailleurs pas tari d’éloges à l’égard de son candidat, qui est selon elle ancré dans la communauté, [qui a] une bonne maîtrise des sujets et [qui est un homme] en qui les gens ont confiance.

Mme Anglade est ensuite repartie en avion pour Montréal, où elle assistera au dévoilement des résultats lundi.

Allez voter comme si votre avenir en dépendait, lance QS

François Legault a fait mal au Québec.

C'est sur ces mots que le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a amorcé sa dernière journée de campagne. Il est revenu sur des échanges qu'il avait eus la veille avec des citoyens issus de l'immigration, qui se sont dits choqués par les déclarations de François Legault sur les nouveaux arrivants.

Le leader solidaire avait un message pour tous ceux qui ont été blessés par François Legault : Peu importe le résultat de l'élection de demain, je vais me battre pour vous, a-t-il dit. Vous méritez d'être respectés et vous ne l'avez pas été durant cette campagne. Je n'accepte pas ça, a-t-il ajouté.

Si le Québec n'est pas à tout le monde, il n'est à personne, a-t-il lancé, reprenant les mots d'un citoyen qu'il a rencontré.

Les solidaires ont consacré leurs derniers efforts à Montréal, où ils espèrent faire des gains. C'est d'ailleurs dans la circonscription de Gouin, à Montréal, que les deux co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ont dressé le bilan de leur campagne électorale.

Les deux porte-parole sont côte à côte.

Les deux porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, ont rencontré les représentants des médias au parc Molson, dans la circonscription de Gouin, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Sans surprise, c'est l'environnement qui a en grande partie occupé les discours des deux solidaires. M. Nadeau-Dubois a insisté sur le fait que s'il demeure dans l'opposition, son parti mettra les bouchées doubles pour faire avancer ses objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques.

« Chaque fois que François Legault va vouloir faire un pas en avant pour l'environnement, je serai son allié. Chaque fois qu'il voudra faire un pas en arrière, je serai son adversaire. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Et sa collègue Manon Massé avait un message à l'intention des électeurs plus jeunes : Allez voter comme si votre avenir en dépendait. Parce que c'est le cas , a-t-elle lancé.

La CAQ n'a pas besoin de votre vote, martèle St-Pierre Plamondon

À l'instar de son adversaire libérale, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a parcouru bon nombre de kilomètres dimanche afin de consolider ses acquis dans l'est de la province, des circonscriptions traditionnellement péquistes qui pourraient, si on en croit les sondeurs, lui glisser entre les doigts lundi.

Paul St-Pierre Plamondon descend d'un jet privé.

Peu de temps après avoir atterri en jet à Gaspé, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a assuré que l'environnement figure parmi les priorités de son parti.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Faut-il y voir un message? lui ont demandé des journalistes en fin de journée à Jonquière. Oui, a répondu sans équivoque le chef péquiste. On termine notre campagne à un endroit où les gens comprennent le sens du mot ''fierté'', a-t-il dit, ce qui a suscité un tonnerre d'applaudissements de la part de la foule et des candidats.

Plus tôt dimanche, il avait invité ses partisans réunis Gaspé à le juger [...] au mérite avant d'insister une fois de plus sur le ton posé de sa campagne et sur les idées claires, remplies de conviction, de son parti.

M. St-Pierre Plamondon a répété l'importance, selon lui, d'avoir des voix fortes à l'Assemblée nationale pour donner la réplique à François Legault et ainsi éviter que celui-ci ne prenne les commandes de la province sans opposition ou presque.

« La CAQ n’a pas besoin de votre vote, mais la défense de nos régions et du français, oui! »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef de Parti québécois

La vraie victoire d'Éric Duhaime

La place du secteur privé dans le domaine de la santé, les libertés individuelles, l'exploitation du gaz naturel et du pétrole au Québec, sans oublier ses sorties répétées sur le troisième lien... Nos idées sont de plus en plus acceptables! a lancé Éric Duhaime à ses partisans, lui qui juge que le Parti conservateur du Québec (PCQ) a certainement gagné le combat des idées durant cette campagne électorale.

Mais la partie n'est pas jouée pour le chef, qui espère pouvoir faire son entrée à l'Assemblée nationale en remportant un siège dans la circonscription de Chauveau, dans la région de Québec. C'est d'ailleurs là qu'il a consacré ses efforts dimanche.

Éric Duhaime entouré de ses partisans dans Chauveau.

«Il est temps de tourner la page», a déclaré le chef conservateur Éric Duhaime dans Chauveau, où il tentera de se faire élire le 3 octobre.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Toutefois, pour le leader conservateur, la vraie victoire consistera à faire augmenter le taux de participation des électeurs cette année. On l'a vu dans les bureaux de vote par anticipation, a-t-il cité en exemple, confiant. Ce qu'il y a de nouveau par rapport aux dernières élections? C'est le PCQ.

« J’espère de tout cœur, dans les régions serrées avec la CAQ, que nos députés vont passer. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Au lieu de bouder les urnes, [les électeurs peuvent] exprimer leur opinion et retrouver confiance dans les institutions, a ajouté Éric Duhaime sans manquer de mettre en garde, une fois plus, contre un éventuel échec conservateur en nombre de députés élus. Dans ce cas, ces mécontents risqueraient d'être encore plus désabusés, a-t-il prévenu.

Avec les informations de Maud Cucchi

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