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Santé, éducation, inflation, pollution... les sept défis capitaux de François Legault

Réélu à la tête d'un gouvernement majoritaire, voici les priorités auxquelles le chef de la CAQ devra s'atteler.

François Legault sourit et lève son pouce en l'air.

François Legault a fait un arrêt à Magog lors de la dernière journée de la campagne électorale.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Pour « faire plus et faire mieux », comme s’y est engagé le chef de la Coalition avenir Québec, le nouveau gouvernement de François Legault va très rapidement devoir lutter sur plusieurs fronts.

Les baisses d'impôts et autres mesures contre l’inflation

Pour aider les citoyens à faire face à l’inflation, François Legault a promis des baisses d’impôts sur les deux premiers paliers d’imposition, et ce, dès 2023. Il estime que cet allègement fiscal, évalué à 7,4 milliards de dollars, servira de moteur pour relancer l'économie.

Quant aux recettes dont l’État se privera inévitablement, elles seront compensées en utilisant une portion des versements prévus au Fonds des générations, un outil financier conçu pour rembourser la dette publique à plus long terme.

En 2016, le chef de la CAQ talonnait déjà le gouvernement libéral de Philippe Couillard pour accorder des baisses d’impôts au moyen de cette stratégie financière, arguant qu'il fallait donner de l’oxygène aux familles québécoises à un moment où les salaires augment[aient] moins vite que le coût de la vie.

Sans succès : Une baisse d'impôts, ça ne se finance pas sur la carte de crédit de nos enfants, lui avait alors rétorqué Philippe Couillard.

François Legault s'apprête à serrer la main d'une militante attablée avec d'autres personnes dans un restaurant.

François Legault est allé à la rencontre de militants de la CAQ dans un restaurant de Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

D’ici la fin de l’année, les contribuables devraient recevoir un chèque de 400 $ à 600 $ en fonction de leurs revenus, une somme qu'ils pourront dépenser à leur guise.

Le gouvernement bonifiera aussi l'aide financière offerte aux aînés à revenu modeste de 411 $ à 2000 $, une mesure censée profiter à 1,1 million de personnes âgées de 70 ans et plus.

Le chef de la CAQ, qui a souvent déclaré vouloir réduire l’écart avec l’Ontario en matière de richesse, s’est aussi engagé à ce que le Québec soit de retour au point d'équilibre budgétaire d’ici cinq ans.

Les infrastructures de transport

Le troisième lien, qui a soulevé les passions pendant la campagne électorale, fera partie des grands chantiers du gouvernement Legault, en dépit des études qui le justifient.

Un tunnel routier à quatre voies entre le centre-ville de Québec et le centre-ville de Lévis pourrait coûter 6,5 milliards de dollars, selon les estimations.

Le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte.

Le sujet du troisième lien entre Québec et Lévis a occupé beaucoup de place dans les débats pendant la campagne électorale.

Photo : iStock / marcduf

Autres chantiers à Québec : la suite de la construction du tramway ainsi que le lancement de nouvelles navettes fluviales qui relieront des destinations touristiques sur les rives du Saint-Laurent au Marché Champlain, lequel doit être totalement reconstruit et transformé en nouvelle vitrine de la gastronomie québécoise.

De plus, François Legault devra sûrement traiter le dossier de l’avenir du pont de Québec, dont le piètre état est connu de nombreux ingénieurs depuis des années et qui coûterait moins cher à être démoli, selon son propriétaire, le CN.

La pénurie de main-d’œuvre

Embaucher des travailleurs étrangers temporaires qui répondent aux besoins de la province, hausser les salaires, favoriser le retour à l’emploi des retraités avec des primes et des incitatifs fiscaux… Tous les moyens sont bons pour contrer la pénurie de main-d'œuvre qui plombe de nombreux secteurs d'activité, surtout celui de la santé.

Pour le Collège des médecins, il faut tout bonnement réinventer un réseau de la santé qui s’écroule.

Des travailleurs de la santé à l'œuvre dans un centre hospitalier.

Pendant son premier mandat, le gouvernement caquiste s'était dit prêt à « engager toutes les sommes nécessaires » pour la rénovation complète de l’hôpital montréalais Maisonneuve-Rosemont, dont le coût est estimé à 4,2 milliards de dollars.

Photo : iStock

La CAQ prévoit une croissance annuelle de 4,5 % des dépenses en santé et a promis d'avoir recours au secteur privé.

S’il respecte ses engagements, le gouvernement Legault investira 400 millions de dollars de plus, notamment pour former et recruter 660 médecins et 5000 professionnels de la santé supplémentaires.

Un virage énergétique à alimenter

C’est le grand dilemme de la décennie : répondre à l'augmentation des besoins en électricité. Hydro-Québec a prévu que de 2019 à 2029, la demande en électricité devrait croître de 20 TWh, ou 12 %, en partie à cause de la croissance naturelle de la population et de l’économie.

Le barrage de la centrale hydroélectrique Romaine-3.

Le barrage de la centrale hydroélectrique Romaine-3 lors de son inauguration en 2017 (archives).

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

François Legault voudrait accroître la production d’électricité des barrages hydroélectriques. Les agrandir? En construire de nouveaux? Toutes les options sont en cours d’analyse, a-t-il assuré. Une chose est sûre : un demi-Hydro-Québec de plus sera nécessaire au cours des prochaines années, a-t-il affirmé en guise d'illustration au cours de la campagne.

Il a aussi promis la construction de parcs éoliens pour les besoins à court terme.

Quant aux véhicules électriques, dont l’achat sera stimulé par l’interdiction de la vente de véhicules neufs à essence à compter de 2035, ils devraient bénéficier de trois fois plus de bornes de recharge d’ici quatre ans.

L'éducation, ce mauvais élève

Problèmes de fenestration, de plomberie, de façade et parfois même d’infestation de souris : plus d'une école sur deux au Québec a été jugée en mauvais état, voire en très mauvais état, l'été dernier.

La façade de l'École de l'Étincelle pendant des travaux.

Le piètre état de plusieurs écoles de la Commission scolaire de Montréal, y compris l'École de l’Étincelle, a soulevé l'inquiétude de nombreux parents.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

S'il est réélu, M. Legault s’est engagé à investir deux milliards de dollars de plus que prévu, pour un total de neuf milliards de dollars, afin de remédier à des années de négligence.

La Coalition avenir Québec a promis de rafraîchir 600 écoles en mauvais état. Les travaux incluront aussi l’ajout de fenêtres, de laboratoires technologiques et de salles de travail collaboratives, de même que l’agrandissement de gymnases.

Le nouveau gouvernement caquiste devra aussi s’atteler à la pénurie d’enseignants, l’accès à la profession restant semé d’embûches pour les candidats intéressés. Enfin, le gouvernement fraîchement élu s’attablera dès octobre avec les syndicats pour négocier le renouvellement de la convention collective des enseignants.

Le renforcement des pouvoirs du Québec en immigration

Après avoir essuyé plusieurs refus du fédéral, François Legault a promis de revenir à la charge auprès d’Ottawa pour décrocher davantage de pouvoirs décisionnels dans le domaine de l’accueil de nouveaux arrivants.

En matière d'immigration permanente, la CAQ veut maintenir un seuil d'au plus 50 000 nouveaux arrivants par an. Toutefois, en immigration temporaire, aucun plafond n’a été évoqué.

M. Legault l’avait même présenté comme un objectif de campagne : Je demande, aux prochaines élections, un mandat fort pour aller négocier ça [le transfert, d’Ottawa à Québec, des pouvoirs de sélection de quelque 10 000 immigrants] avec le gouvernement fédéral.

Ses arguments alternent entre le besoin criant de main-d’œuvre, plus particulièrement dans les régions, et l’urgence de sauvegarder le fait français au Québec. Si rien n’est fait, ça peut devenir une question de temps avant qu’on devienne une [autre] Louisiane, avait-il menacé.

Le premier ministre réélu n’exclut pas un référendum sur cette question en vue d'obtenir un meilleur rapport de force avec Ottawa. En campagne, il a été critiqué par ses opposants pour avoir perdu son influence auprès de Justin Trudeau, notamment en ce qui a trait au passage de migrants par le chemin Roxham.

De la vapeur s'échappe des installations de la Fonderie Horne.

La Fonderie Horne à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Une consultation sur la fonderie Horne

Rouyn-Noranda pourrait très bien survivre à une fermeture de la Fonderie Horne, selon un rapport de l’INSPQ rendu public aux deux tiers de la campagne électorale.

Ce n’est pourtant pas le scénario que semble privilégier François Legault, qui a surtout vanté les emplois rémunérateurs de cette entreprise polluante et qui a lancé l’idée d’un référendum pour savoir si les habitants seraient prêts à tolérer une toxicité à l’arsenic au mieux cinq fois supérieure à la norme au cours des cinq prochaines années.

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