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Faible participation d’employés fédéraux aux sessions de formation sur les Autochtones

Un drapeau flotte au vent.

Un drapeau orange flotte sur le mât d'un bâtiment fédéral à Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pépin

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral offre à ses employés une variété de programmes de sensibilisation à la culture autochtone par l'intermédiaire de l'École de la fonction publique du Canada (EFPC). Toutefois la participation aux séances facultatives est relativement faible.

L'EFPC offre 15 séances de formation différentes sur les questions autochtones. Selon les chiffres de l’EFPC, moins d'un cinquième des fonctionnaires ont pris part à l'une ou l'autre de ces séances.

La séance la plus fréquentée, intitulée Réflexion sur les biais culturels : perspectives autochtones a été suivie par 51 430 fonctionnaires en date du mois de juin de cette année.

Selon le Conseil du Trésor du Canada, le gouvernement fédéral employait 319 601 personnes en 2021, ce qui signifie que la séance de formation la plus populaire n’a en fait qu’été fréquentée par environ 16 % des fonctionnaires.

D'autres sessions, notamment Prendre des mesures à l'égard de la réconciliation autochtone ont connu des taux de participation inférieurs à 1 %, avec à peine 1 000 participants.

Décevant, mais pas surprenant selon une ancienne fonctionnaire

Selon un porte-parole du ministère, les employés de Services aux Autochtones Canada et de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada sont tenus de suivre 15 heures d'apprentissage culturel chaque année.

Toutefois, il n'y a pas de ligne directrice gouvernementale concernant la formation obligatoire sur les sujets autochtones, soulève le Conseil du Trésor en réponse à une question inscrite au Feuilleton par la députée néo-démocrate Bonita Zarrillo.

Les faibles taux de participation aux séances de formation sont décevants, mais pas surprenants, opine Letitia Wells, ancienne employée fédérale et plaignante dans un recours collectif alléguant une discrimination systémique dans la fonction publique fédérale.

Confronter le racisme lorsque vous faites partie d'une organisation où ce racisme fait partie intégrante de la culture est douloureux, confie-t-elle dans une déclaration envoyée par courriel.

Une copie du premier volume du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation.

L'appel à l'action no 57 de la Commission de vérité et de réconciliation stipule que les gouvernements sont tenus de fournir aux fonctionnaires une formation sur l'histoire des peuples autochtones (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

L'appel à l'action no 57 de la Commission de vérité et de réconciliation stipule que les gouvernements sont tenus de fournir aux fonctionnaires une formation sur l'histoire des peuples autochtones, notamment sur les pensionnats, le droit autochtone et les relations avec la Couronne.

Selon une déclaration du bureau de la présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier, l'EFPC fournit un certain nombre de ressources de formation sur des sujets autochtones. Cependant, il incombe aux ministères de déterminer ce qui est obligatoire. La déclaration indique également que certaines organisations ont des formations spécifiques à leur mandat.

Le président national de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, Chris Aylward, révèle que le Conseil du Trésor a déjà refusé d'accepter une formation obligatoire sur les questions autochtones à la table de négociation.

Ces faibles taux de participation renforcent notre demande de formation obligatoire sur le racisme systémique, les questions autochtones et le harcèlement pour tous les travailleurs et gestionnaires de la fonction publique fédérale, avance-t-il dans un communiqué.

Entretemps, l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), l'organisation nationale représentant les Inuit, a annoncé qu'elle travaille avec l'EFPC dans le but d’élaborer une formation obligatoire pour les fonctionnaires.

Nous travaillons avec l'École de la fonction publique du Canada pour mettre sur pied et offrir une formation obligatoire pour tous les fonctionnaires, qui fournira des renseignements essentiels sur les Inuit au Canada et sur le rôle que les fonctionnaires doivent jouer pour favoriser et soutenir le partenariat entre les Inuit et la Couronne, explique l'ITK.

La députée néo-démocrate Lori Idlout.

La députée néo-démocrate Lori Idlout, qui représente la circonscription de Nunavut, parle pendant la période de questions à la Chambre des communes en juin (archives).

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La députée néo-démocrate Lori Idlout trouve, pour sa part, qu'il est regrettable que les séances facultatives n’aient pas été davantage suivies. Elle partage d’ailleurs avoir été surprise d'apprendre que des séances obligatoires à l'échelle du gouvernement ne sont pas déjà en place.

Pendant trop longtemps, l'histoire du traitement des peuples autochtones du Canada a été cachée ou ignorée, rappelle celle qui représente la circonscription de Nunavut.

Ce genre de statistiques montre qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour que l'on comprenne mieux pourquoi ces relations [entre les gouvernements et les peuples autochtones] sont si importantes.

La GRC est l'un des organismes dont la participation est la plus faible

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a connu l'un des taux de participation les plus faibles de tous les ministères et organismes gouvernementaux.

Sur 19 000 membres réguliers de la GRC, seuls 61 ont suivi la formation sur les préjugés culturels.

Mme Idlout dit qu'elle entend souvent le gouvernement dire qu'il est engagé dans la réconciliation, mais l'engagement ne suffit pas.

[La réconciliation] est si importante aujourd'hui que nous ne pouvons pas nous contenter d'entendre parler du niveau d'engagement des gouvernements, martèle-t-elle.

Nous devons aller au-delà de l'empathie et nous assurer que nous travaillons à l'action.

Avec les informations de Darren Major, CBC News

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