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Les candidats issus de la diversité peinent à être élus aux élections municipales

Portrait d'Imran Hasan.

Imran Hasan se présente pour la troisième fois au poste de conseiller municipal dans le quartier 11 de Mississauga.

Photo : Gracieuseté d'Imran Hasan

Radio-Canada

En Ontario, les candidats aux élections municipales issus de la diversité disent devoir surmonter des défis supplémentaires qui les éloignent d’une place au conseil de ville.

En briguant un poste de conseiller municipal à Mississauga, Imran Hasan espère offrir une représentation politique aux nouveaux arrivants de la région. Lorsque son père est arrivé au Canada en 1973, aucun élu n’avait connu un parcours similaire au sien. M. Hasan tente de changer cette réalité.

Le candidat soutient pourtant que sa campagne rencontre de nombreuses embûches, particulièrement la difficulté de changer le statu quo.

Le conseil municipal de Mississauga n’est formé que d’un seul élu issu de la diversité, et ce, même si la moitié de sa population n’est pas blanche. Jusqu’en 2018, aucun membre du conseil n’était issu d’une minorité ethnique.

« Je pense que la diversité en politique municipale peut favoriser la compréhension et le respect. »

— Une citation de  Imran Hasan, candidat municipal à Mississauga

Selon M. Hasan, sans représentation politique, les nouveaux arrivants peuvent se sentir exclus de la communauté. Lorsque mon père a immigré au Canada, il n’avait aucun modèle, personne pour l’aider à naviguer dans le système, explique le candidat qui fait campagne pour la troisième fois à Mississauga.

Composer avec le racisme et les préjugés

J’ai entendu des gens dire qu’ils ne pourraient jamais voter pour quelqu’un comme moi, soutient M. Hasan. Il dit comprendre que son nom puisse avoir une différente sonorité, ou que ses traits physiques puissent être distinctifs, mais il ne peut rationaliser la méfiance des électeurs. Je ne suis pas effrayant. Je suis leur voisin, dit-il.

Malgré des années de contribution à la communauté, le candidat estime qu’il demeure difficile de compétitionner avec un ancien élu.

Il y a une idée reçue que la politique est équitable, alors qu’elle ne l’est pas du tout, estime Erin Tolley, professeure à l’Université Carleton et membre de la Chaire de recherche canadienne sur le genre, l’ethnie et la politique inclusive.

Mme Tolley estime que les candidats issus de la diversité font face à plus d’obstacles, une réalité qui menace la santé de la démocratie canadienne selon elle.

Pouvons-nous prétendre être une société équitable si une portion importante de la population ne peut être élue, peu importe ses efforts, questionne la professeure de sciences politiques.

Un manque de diversité dans les institutions publiques, selon des groupes militants

Dipika Damerla est la seule élue municipale issue d’une communauté ethnique à Mississauga. Elle estime que sa présence au conseil de ville depuis 2018 a permis d’amener une nouvelle perspective dans la gestion des affaires publiques.

Portrait de Dipika Damerla

Dipika Damerla est la seule membre du conseil de ville de Mississauga issue de la diversité. Elle tente de se faire réélire aux élections du 24 octobre prochain.

Photo : Tina Mackenzie/CBC

La conseillère tente malgré tout de tempérer les attentes. Je crois qu’il y a une certaine force à être la seule minorité visible [au conseil de ville], mais une personne ne peut changer les choses seule. Ça prend des alliés, explique-t-elle.

Plusieurs organismes à travers le pays tentent de faire augmenter le nombre d’élus issus de la diversité.

Le groupe Operation Black Vote Canada aide par exemple les candidats noirs à être élus dans les trois ordres de gouvernement. Présentement [les élus] n’ont pas un parcours suffisamment diversifié pour formuler des politiques qui s’adressent à tout le monde, soutient la directrice de l’organisme, Velma Morgan.

Le groupe progressiste Progress Toronto appuie également la campagne de plusieurs minorités visibles lors des élections municipales ontariennes. Nous soutenons des candidats qui sont ancrés dans la communauté, qui comprennent vraiment les problèmes auxquels sont confrontés les groupes issus de la diversité, mentionne Saman Tabasinejad, la directrice de l’organisme.

Lors des dernières élections municipales, seulement quatre candidats issus des minorités visibles ont été élus parmi les 26 sièges du conseil de ville de Toronto.

Avec les informations de Shawn Jeffords de CBC

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