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L’Ukraine reprend officiellement Lyman, la justice russe valide les traités d’annexion

Debout devant un bâtiment à Lyman, des soldats ukrainiens immortalisent la reprise de cette ville qui était tombée aux mains des troupes russes en mai dernier.

Debout devant un bâtiment à Lyman, des soldats ukrainiens immortalisent la reprise de cette ville qui était tombée aux mains des troupes russes en mai dernier.

Photo : Reuters / OLEKSIY BILOSHYTSKYI

Agence France-Presse

L'Ukraine a annoncé dimanche avoir repris la ville de Lyman, dans la région de Donetsk annexée par la Russie, au moment où la Cour constitutionnelle russe a jugé légaux les traités d'annexion des territoires ukrainiens signés par Vladimir Poutine.

Cette annonce est tombée en milieu de journée : À partir de 12 h 30, heure locale [4 h 30 HAE], Lyman est totalement débarrassée [de l'armée russe]. Merci à nos militaires, s'est félicité le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Je suis optimiste et très motivé. Je vois l'activité sur la ligne de front et les territoires que nous reprenons, s'est réjoui auprès de l'AFP un soldat ukrainien de 33 ans posté près de Lyman, dans l'est de l'Ukraine, et qui se fait appeler par son nom de guerre Fumée.

Samedi, les soldats ukrainiens étaient entrés dans cette ville stratégique de la région de Donetsk, dont l'annexion vendredi par Moscou avait été fermement condamnée par Kiev et par les Occidentaux.

 Des soldats ukrainiens sur leur position près de Lyman.

Des soldats ukrainiens sur leur position près de Lyman

Photo : Getty Images / AFP / YASUYOSHI CHIBA

Anticipant cette importante victoire tactique, Lyman étant un nœud ferroviaire crucial, M. Zelensky avait assuré samedi soir que la semaine prochaine, de nouveaux drapeaux ukrainiens flotteront sur le Donbass, où se trouve la région de Donetsk.

« Tant que vous tous n'aurez pas résolu le problème de celui qui a tout commencé, qui a déclenché cette guerre insensée contre l'Ukraine, vous serez éliminés un par un. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, évoquant Vladimir Poutine et s'adressant aux soldats russes

La perte de Lyman, dans la région annexée de Donetsk, est un revers de taille pour l'armée russe, incapable à ce stade de contrôler la totalité des territoires qu'elle occupe en Ukraine.

Dans une version précédente de ce texte, la citation de Volodymyr Zelensky se terminait ainsi : « vous serez tués un par un ». Le 4 octobre, l'AFP a cependant publié un erratum pour indiquer qu'une erreur de traduction. Le président ukrainien a dit « éliminés », et non « tués ».

Validation des traités d'annexion

Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain par la Russie depuis le début d'une contre-offensive réussie par Kiev début septembre, le processus légal de formalisation de l'annexion des régions ukrainiennes suit son cours à Moscou.

Après la signature des traités d'annexion, vendredi en grande pompe au Kremlin, par M. Poutine et par les dirigeants des régions séparatistes et occupées, la Cour constitutionnelle russe les a jugés, dimanche, conformes à la Constitution.

Selon Viatcheslav Volodine, le président de la Douma, les députés de la Chambre basse du Parlement russe examineront lundi un projet de loi en vue de la ratification des traités.

Vladimir Poutine au premier plan.

Vladimir Poutine a annoncé vendredi l'officialisation de l'annexion de territoires ukrainiens par la Russie.

Photo : Getty Images / AFP / OLGA MALTSEVA

L'adoption de ce texte est normalement prévue dans la foulée avant qu'il ne passe devant la Chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération.

L'annexion de ces régions ukrainiennes par la Russie n'est toutefois pas reconnue par la communauté internationale.

Le pape François a ainsi supplié M. Poutine d'arrêter la spirale de violence et de mort en Ukraine tout en déplorant les annexions contraires au droit international.

Pour le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, cette annexion rend beaucoup plus difficile, impossible, presque, la fin de la guerre.

La Russie est en train de perdre la guerre, elle l'a perdue en termes moraux et politiques, mais l'Ukraine n'a pas encore gagné, a-t-il fait valoir, appelant aussi l'Europe à renforcer son arsenal militaire.

Le président français Emmanuel Macron, qui a échangé dimanche avec M. Zelensky, a promis de travailler à de nouvelles sanctions européennes contre Moscou.

De leur côté, pour renforcer l'arsenal militaire ukrainien et pour repousser la Russie, l'Allemagne, le Danemark et la Norvège ont annoncé dimanche qu'ils allaient fournir à Kiev 16 canons d'artillerie automobiles blindés, des Zuzana-2 slovaques, en 2023.

Népotisme dans l'armée russe

Les difficultés rencontrées depuis plusieurs semaines par les troupes de Moscou entraînent de vives réactions de la part des plus farouches va-t-en-guerre russes.

Dirigeant de la république russe de Tchétchénie et fidèle du Kremlin, Ramzan Kadyrov a par exemple appelé samedi l'armée russe à utiliser des armes nucléaires de faible puissance en Ukraine après le retrait des Russes de Lyman.

Il s'en est également pris au népotisme existant selon lui au sein des forces armées russes, une des raisons principales des difficultés militaires rencontrées depuis maintenant plusieurs semaines par les troupes de Moscou.

Gros plan du président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, qui s'adresse à des militaires qui assistent à un examen des troupes et du matériel militaire de la République tchétchène à Grozny, la capitale de la République de Tchétchénie, en Russie, le 25 février 2022.

Le dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov

Photo : AP / Musa Sadulayev

Il n'y a pas de place pour le népotisme dans l'armée, surtout dans les moments difficiles, a-t-il juré dans un message virulent diffusé sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, l'Ukraine a condamné samedi la détention illégale du directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijia, Igor Mourachov, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie, qui contrôle le site.

Dans un communiqué, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a évoqué une grave préoccupation.

M. Grossi devrait se rendre à Kiev et à Moscou la semaine prochaine, peut-on aussi lire dans ce communiqué.

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