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Le Brésil vote : un duel tendu entre Lula le revenant et Bolsonaro le sortant

Une pancarte du président sortant, Jair Bolsonaro.

Les 156 millions d'électeurs brésiliens sont appelés à voter pour leur prochain président dimanche.

Photo : Reuters / LUCAS LANDAU

Radio-Canada

Les 156 millions d'électeurs brésiliens ont commencé à voter dimanche pour une présidentielle tendue qui pourrait voir l'ancien président de gauche Lula être élu dès le premier tour et le chef d'État sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro refuser le verdict des urnes.

L'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a voté peu après l'ouverture des bureaux de scrutin et a dit espérer voir son pays revenir à la normalité s'il est élu pour un troisième mandat.

Nous ne voulons pas de haine, de discorde. Nous voulons un pays en paix, a ajouté Lula, 76 ans, favori du scrutin face au président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro.

 Luiz Inacio Lula da Silva lève les pouces dans un bureau de vote

Luiz Inacio Lula da Silva est dans un bureau de vote.

Photo : Getty Images / AFP / NELSON ALMEIDA

Des élections propres doivent être respectées, rétorque le président sortant après avoir voté à Rio de Janeiro.

Si les élections sont propres, aucun problème. Que le meilleur gagne, a-t-il ajouté.

Le dernier sondage de l'institut de référence Datafolha, rendu public samedi soir, donnait Lula encore largement en tête (48 % par rapport à 34 %) ainsi que 50 % des votes valides en regard de 36 %.

Une femme porte un masque.

Dans cette élection, le choc au sommet entre Jair Bolsonaro, 67 ans, et Luiz Inacio Lula da Silva, 76 ans, a relégué les neuf autres candidats au rang de figurants.

Photo : Getty Images / AFP / EVARISTO SA

La marge d'erreur est de plus ou moins deux points de pourcentage. Ce coup de sonde a été réalisé auprès d'un échantillon plus grand que d'habitude, soit 12 800 personnes, vendredi et samedi. Un autre sondage, publié par un autre institut, l'IPEC, accorde 51 % des votes valides à Lula par rapport à 37 % à Bolsonaro au premier tour dimanche.

Suspense jusqu'à la fin barrait la Une du grand quotidien O Globo, qui soulignait aussi l'instabilité qui a marqué toute la campagne électorale.

Ce qui se joue demain consiste à voir si Lula aura suffisamment de soutien pour gagner la course présidentielle dès le premier tour, a précisé à RDI week-end Gustavio Ribeiro, rédacteur en chef du Brazilian Report.

 Jair Bolsonaro devant une voiture

Jair Bolsonaro qui arrive au bureau de vote dimanche matin.

Photo : Getty Images / Buda Mendes

Au Brésil, si un des candidats dispose de la majorité absolue (50 % + 1 voix), un deuxième tour n’est pas nécessaire.

La semaine dernière, M. Bolsonaro a affirmé qu'il serait anormal qu'il n'obtienne pas au moins 60 % des voix au premier tour. Il a aussi évoqué des risques de fraude sans en apporter la preuve, rappelant les sorties publiques de Donald Trump il y a deux ans.

Une campagne mouvementée

À la veille du premier tour, les deux candidats ont mobilisé leurs troupes une dernière fois lors de deux grands rassemblements organisés à Sao Paulo.

M. Bolsonaro, 67 ans, vêtu d'une veste noire et sans casque, a conduit un cortège de motards jusqu'au parc Ibirapuera, le poumon vert de Sao Paulo, où des milliers de personnes l'attendaient. Il peut compter sur le soutien des riches régions agricoles et des aînés.

Lula qui salue un de ses partisans.

Luiz Inacio Lula da Silva lors de la campagne électorale.

Photo : Associated Press

Sur le chemin, ses partisans vêtus de jaune et de vert agitaient des drapeaux brésiliens, applaudissaient et scandaient Lula, voleur, ta place est en prison!.

À environ 5 km de là, presque au même moment, des milliers de personnes, en rouge, ont défilé sur l'avenue Paulista, artère emblématique de la capitale économique du Brésil, lors d'une marche de la victoire organisée pour Luiz Inacio Lula da Silva.

Lula a salué la foule depuis l'arrière d'un camion ouvert. Brésil, urgent, Lula président! et Jair, c'est l'heure de partir!, ont scandé les manifestants au rassemblement du candidat de gauche, qui espère décrocher la présidence dès le premier tour. Président du Brésil de 2003 à 2010, Lula peut compter sur le soutien des électeurs des régions plus pauvres et des femmes.

« L’économie est le thème le plus important de cette élection, et lors de la présidence de Lula, le pays a connu une grande prospérité économique, donc les électeurs gardent cela en tête. »

— Une citation de  Gustavio Ribeiro, rédacteur en chef du Brazilian Report

Le rédacteur en chef du Brazilian Report indique en être à sa quatrième couverture d’une élection présidentielle et mentionne n’avoir jamais vu une campagne aussi tendue.

Le retour d'un ancien président socialiste ou la réélection d'un dirigeant d'extrême-droite? C'est le choix qui s'offre aux Brésiliens lors du premier tour des élections présidentielles dimanche. Une campagne marquée par la polarisation et la désinformation. Sans compter une certaine violence, qui fait craindre le pire pour l'unité nationale. Reportage de notre correspondant à Rio de Janeiro, Jean-Michel Leprince

On aura forcément quelques épisodes de violence, mais il est difficile d’en prévoir l’ampleur, ajoute-t-il.

M. Ribeiro ne croit pas à un scénario à l’américaine, où des partisans trumpistes avaient pris d’assaut le Capitole en janvier 2021. Au Brésil, on n'a pas de milices organisées comme les Oath Keepers ou les Proud Boys, mais le potentiel de violence reste très élevé, dit-il.

Un appel à voter dans le respect

Cette campagne s'est déroulée dans des conditions très particulières pour des raisons de sécurité : les candidats portaient un gilet pare-balles et des barrières de sécurité étaient installées lors des rassemblements pour empêcher la foule de s'approcher trop près de la scène.

Malgré ces tensions, les rassemblements de samedi se sont déroulés sans incident.

Toutefois, la passation des pouvoirs pourrait s'avérer difficile en cas de victoire dès dimanche du candidat de gauche avec de longues semaines jusqu'à l'investiture, le 1er janvier 2023.

Votons tous en paix, en sécurité et en harmonie, avec respect, liberté, conscience et responsabilité. Ensemble, tous les Brésiliens dans la grande célébration de la démocratie, a enjoint pour sa part le président du Tribunal supérieur électoral, Alexandre de Moraes, sur son compte Twitter.

Avec les informations de Agence France-Presse

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