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Des milliers de personnes partout dans le monde manifestent contre le régime iranien

Des centaines de personnes ont manifesté sur l'avenue du Parc à Montréal.

Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Montréal pour dénoncer le régime iranien et pour défendre les droits des femmes.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Radio-Canada

Dans plus de 150 villes du monde entier, des manifestants ont marché samedi contre le régime de Téhéran un peu plus de deux semaines après la mort de Mahsa Amini, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour ne pas avoir porté correctement son hidjab.

Des centaines de personnes ont marché sur l’avenue du Parc à Montréal pour protester contre la mort de la jeune Kurde de 22 ans. Ils ont scandé Liberté, liberté, liberté! et réclamé justice.

Des milliers de personnes se sont aussi rassemblées à Richmond Hill, au nord de Toronto, pour joindre leurs voix à l’élan mondial de solidarité envers les femmes iraniennes. Elles ont aussi exigé un changement de régime en Iran.

L’objectif d’aujourd’hui, c'est que le régime [iranien actuel] disparaisse, a indiqué Fabien Kachni, qui participait à la marche.

À Winnipeg, près du Musée canadien pour les droits de la personne, plus d’une centaine de personnes se sont aussi réunies pour contester le régime iranien et le traitement qu’il réserve aux femmes. Les participants voulaient au contraire faire la promotion des droits des femmes en Iran.

Nos amis et nos familles sont dans la rue pour défendre leurs droits, a affirmé Behim Fafe, une étudiante iranienne à Winnipeg.

« Un grand nombre de mes amies sont chanteuses dans des chorales, mais elles n’ont pas le droit de chanter en Iran. Elles sont dans la rue et arrêtées par la police. »

— Une citation de  Behim Fafe, étudiante iranienne à Winnipeg

Les participants souhaitent également une réaction de la communauté internationale pour que des pressions soient exercées afin de protéger les femmes en Iran. Ershiya Baghry, une autre étudiante, a exigé que l’État d’Iran soit tenu responsable de ces actes barbares commis contre les manifestants et surtout envers les femmes, a-t-elle déclaré.

Mme Baghry veut davantage de reddition de comptes pour ce qu’ils ont fait à Mahsa quand elle était sous la garde [de la police des mœurs] et pour toutes les autres femmes que [les autorités] ont tuées après Mahsa pour prouver qu’ils ne l’avaient pas tuée. On demande justice contre la République islamique.

Plusieurs participants ont dit estimer que le gouvernement canadien n’en fait pas assez et que le Canada devrait revoir sa façon d’agir avec le gouvernement iranien. Ils croient aussi que l’ONU a un rôle à jouer en ne laissant plus le président iranien s’exprimer devant sa tribune.

Des femmes ont également coupé leurs cheveux en signe de solidarité et de protestation.

Au Canada, des manifestations ont aussi eu lieu samedi à Québec et à Vancouver pour soutenir les femmes iraniennes.

Des rassemblements de solidarité se sont tenus partout dans le monde samedi, dans plus de 150 villes selon les organisateurs, notamment en Australie, aux États-Unis et au Brésil.

À Rome, un millier de personnes ont défilé au rythme des tambours et ont réclamé justice pour Mahsa Amini.

Un millier de personnes se sont aussi réunies à Berlin en brandissant des pancartes qui dénonçaient le régime iranien.

À Tokyo, des manifestants ont écrit sur des pancartes On ne s’arrêtera pas, tandis qu’à Lisbonne, quelque 200 personnes ont scandé Non à la dictature.

Répression en Iran

Des protestataires se sont aussi fait entendre sur les campus de plusieurs universités iraniennes. Ils ont dénoncé la répression meurtrière du mouvement de contestation qui a suivi la mort de Mahsa Amini. La répression aurait fait au moins 83 morts depuis 16 jours.

Cependant, le pouvoir en Iran dément toute implication des forces de l'ordre dans la mort de la jeune femme kurde de 22 ans. Les autorités ont fait arrêter des centaines de manifestants jusqu’à maintenant, qu’elles qualifient d'émeutiers.

Des étudiants ont manifesté samedi dans des universités pour dénoncer les agissements de la police envers les protestataires, a indiqué l'agence de presse iranienne Fars. Mais elle n’a précisé ni le lieu ni l’ampleur de ces manifestations.

Elle a toutefois rapporté que des rassemblements ont aussi été organisés sur la place Enghelab ["révolution" en persan, NDLR] près de l'Université de Téhéran, dans le centre de la capitale, où des heurts ont éclaté entre la police et les manifestants, dont certains ont été arrêtés.

Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir des rassemblements dans des universités, notamment à Téhéran et dans la ville sainte de Machhad, dans le nord-est du pays. On peut y voir des dizaines de manifestants chanter et scander des slogans favorables au mouvement de contestation.

La ville est noyée dans le sang, mais nos professeurs gardent le silence! ont quant à eux scandé des manifestants rassemblés devant l'Université de Karaj, à l'ouest de Téhéran, selon une vidéo diffusée par l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo.

Selon l'agence Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le 16 septembre, tandis qu'Iran Human Rights a fait état d'au moins 83 morts.

Plus de 1200 manifestants ont été arrêtés, d'après un bilan officiel. Mais il semble que des militants, des avocats et des journalistes ont aussi été interpellés par les autorités iraniennes, selon des ONG.

Avec les informations de Agence France-Presse

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