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Dernière ligne droite : les partis jouent leur va-tout et s’adressent aux indécis

Les candidats se livrent à un véritable jeu d’équilibrisme à deux jours du vote. Alors qu'ils multiplient les déplacements, le moindre faux pas oratoire risque de leur coûter des sièges à l’Assemblée nationale.

Dominique Anglade serre dans ses bras deux femmes.

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a pris un bain de foule samedi.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Dernière ligne droite avant les élections, lundi. Pour convaincre les indécis et, surtout, pour appeler les électeurs à aller voter, les chefs des cinq principaux partis politiques jouent leur va-tout en fin de semaine. Entre le bilan autopromotionnel et la critique sans vergogne des rivaux, tous tentent de se démarquer avec cet art de l’équilibrisme oratoire afin d'éviter tout faux pas qui leur serait dommageable le 3 octobre.

On est satisfaits de notre campagne, on a mené la meilleure campagne! s’est félicité, tout sourire, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, à Chibougamau, où il a fait la promotion de ses priorités dans un décor venteux.

En exergue? L’éducation, la santé, la générosité d’un éventuel gouvernement caquiste pour lutter contre l'inflation – des chèques [distribués] au mois de décembre – et le meilleur plan pour une économie verte.

Interpellé au sujet des valeurs québécoises prônées mais pas explicitées, François Legault s'est retranché derrière l'approche évasive du sous-entendu.

François Legault devant une horloge.

Le chef caquiste François Legault à Chibougamau

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Il s'agit là d'une stratégie de communication déjà éprouvée qu’il maintient à deux jours du vote : signifier sans formuler, en somme, pour ne pas prêter flanc aux attaques tout en faisant passer le message auprès de l’électorat.

On a parlé de défendre notre langue et nos valeurs, défendre le français, défendre les valeurs des Québécois, a résumé M. Legault samedi.

« Il y en a qui n’ont pas aimé ça, qui ont associé ça à toutes sortes de choses, mais je pense qu’on est exactement là où sont les préoccupations des Québécois. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre sortant

En cet avant-dernier jour de campagne au Québec, François Legault a de nouveau défendu ses positions sur l'immigration. Devant des élus et des gens d'affaires, il a reproché à certains analystes d'avoir associé ses propositions sur la protection du français à du racisme. Le chef de la CAQ estime que les Québécois veulent comme lui protéger leur langue. Dominique Anglade, elle, prédit des années difficiles au Québec si la CAQ est réélue. Voici les explications d'Alexandre Duval.

Une « tactique délibérée »

À deux jours du scrutin, les conservateurs ont d’ailleurs rejoint les libéraux dans leur analyse des dérapages caquistes. Selon eux, tout était parfaitement maîtrisé.

Si, au début de la campagne, l’association entre la violence et les immigrants ainsi que, quelque temps plus tard, les propos enflammés du ministre sortant Jean Boulet sur l’adhésion problématique aux valeurs québécoises ont d’abord été pointées par l’opposition comme des dérapages politiques commis par inadvertance, ils relèveraient plutôt d’une tactique délibérée, a soutenu le chef conservateur Éric Duhaime samedi.

Je lui ai donné le bénéfice du doute au début, mais comme ça se multiplie, c’est préoccupant, a déclaré M. Duhaime dans la circonscription de Chauveau, où il tente de se faire élire en y intensifiant le porte-à-porte à l’approche du scrutin.

Éric Duhaime entouré de ses partisans dans Chauveau.

«Il est temps de tourner la page», a déclaré le chef conservateur Éric Duhaime dans Chauveau, où il tentera de se faire élire le 3 octobre.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Selon le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, François Legault avait la responsabilité de faire une campagne pour tout le monde, ce qu’il n’a pas fait en divisant les électeurs sur la question de l’immigration, a-t-il pointé à son tour.

D’un pôle politique à l’autre, le mot division semble être devenu le cri de ralliement des oppositions au chef caquiste.

Appel désespéré au vote

Dans leurs derniers discours, les chefs de parti misent sur l’espoir de faire élire une opposition forte face à un éventuel gouvernement caquiste. Les appels au vote jouent sur tous les tableaux, du sens civique défendu par les conservateurs à l’impérieuse nécessité de faire barrage à la CAQ.

Gabriel Nadeau-Dubois parle au micro devant des journalistes.

De passage à Hull, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit penser être capable de «créer la surprise» dans cette circonscription de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Vous n’avez pas besoin d’être d’accord avec tout ce que dit Québec solidaire, mais lundi, posez-vous la question : qui est la meilleure équipe pour freiner François Legault? a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois à Hull.

Ce gouvernement ne mérite pas d’être élu, encore moins d’augmenter sa majorité, a pour sa part affirmé M. Duhaime en disant craindre une concentration des pouvoirs entre les mains de François Legault.

Même avertissement chez les péquistes : Est-ce qu’on veut donner un pouvoir absolu à François Legault? a rhétoriquement demandé le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Paul St-Pierre Plamondon salué par ses partisans.

Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon à son arrivée à Trois-Rivières

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La cheffe libérale Dominique Anglade, qui (sur)joue le dynamisme et l’enthousiasme avec quelques pas de danse à l'appui, a reproché à François Legault de finir sa campagne électorale l'air désabusé.

« Dans les derniers jours, vous avez vu le vrai François Legault, celui qui n’aime pas la critique, la science, qui divise. Ça n’a même plus l’air de lui tenter. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe libérale

Démonstration de force pour le Parti québécois ce soir dans la circonscription de Dominique Anglade : le parti y tient son plus grand rassemblement de la campagne. Éric Duhaime avec le Parti conservateur du Québec, a lui de nouveau courtisé le vote anglophone. Explications de Sébastien Desrosiers

Déplacements tous azimuts

Les agendas des chefs ne connaissent pas de répit, bien au contraire. Les rencontres se multiplient comme si la fin de semaine n’en était pas une.

Dominique Anglade a mobilisé ses troupes dès 8 h à Montréal samedi à l’aéroport avant de sauter dans un avion d'Air Inuit pour se rendre à Gaspé et, par la suite, aux Îles-de-la-Madeleine (Nouvelle fenêtre) en fin de journée. Elle doit se déplacer demain à Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec.

Le chef du Parti conservateur du Québec a prévu pas moins de cinq arrêts entre Québec, Trois-Rivières, Louiseville (pour le Festival de la galette de sarrasin), Blainville et Montréal.

De son côté, Québec solidaire, qui a fait de l’environnement sa marque distinctive de campagne, se déplacera seulement de Gatineau à Montréal, où Gabriel Nadeau-Dubois concentrera ses derniers efforts de campagne.

Idem pour Paul Paul St-Pierre Plamondon, qui rendra surtout visite aux bénévoles et aux militants montréalais.

Quant à la CAQ, elle ne prévoit aucune conférence de presse de plus entre Chibougamau et Mont-Laurier.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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