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Manifestation à L’Assomption : « Legault en prison! »

Une voiture sur laquelle on peut lire « Dehors CAQ ».

Des convois d'un peu partout dans la province ont convergé au centre-ville de l'Assomption, au cœur de la circonscription de François Legault.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Ils ont été des centaines, venus des quatre coins de la province, à converger samedi après-midi au centre-ville de L'Assomption, dans Lanaudière. Les mêmes mots, sur toutes les lèvres : « Dehors la CAQ! »

Parmi la foule, le mécontentement était palpable. La crise sanitaire, les mesures de protection et la vaccination étaient toujours les principaux motifs des revendications des manifestants. D'ailleurs, plusieurs leaders bien connus du mouvement contre les mesures sanitaires étaient de la partie.

Aux slogans plus traditionnels – À qui la rue? À nous la rue! – s'en ajoutaient d'autres plus contemporains, créés pour l'occasion. Liberté pour nos enfants, la prison pour Legault! scandaient par exemple les protestataires.

Dans une foule souvent hostile aux médias, certains ont néanmoins accepté de témoigner. M. Legault a mal géré la crise. Il veut piquer nos enfants, a affirmé un homme, qui a accusé le gouvernement sortant d'avoir manigancé un complot avec les entreprises pharmaceutiques en mettant sur pied la campagne de vaccination.

Dehors! Legault, on n'en veut plus, donne ta démission, lançait-il, faisant écho au nom donné à cette manifestation.

On veut une enquête publique indépendante, c'est simple! a tonné un autre participant.

Les manifestants se sont d'abord rendus devant un CHSLD, où ils ont observé une minute de silence, certains à genoux, en hommage aux personnes âgées décédées dans ces établissements durant la pandémie. Plusieurs étaient en larmes et ont déposé des gerbes de fleurs devant l'établissement, saluant au passage les employés, massés aux fenêtres pour observer la marche.

Une affiche sur laquelle on peut lire « Québec CHSLD Je me souviens ».

Les manifestants se sont d'abord rendus devant un CHSLD pour y déposer des fleurs et pour y observer une minute de silence en hommage aux personnes âgées décédées dans ces établissements durant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

L'emplacement choisi pour cette manifestation n'était pas anodin : il se trouve au cœur de la circonscription de François Legault, qui espère obtenir lundi un quatrième mandat comme député de L'Assomption.

« Si vous filmez, là, il y a des gars [qui vont arriver] »

Toute la semaine, cette petite municipalité de Lanaudière a retenu son souffle. Plusieurs craignaient des débordements. Mais l'événement semble s'être déroulé dans le calme.

Toutefois, un incident, capté par une caméra de Radio-Canada, montre que la tension dans les rues était tout de même tangible.

Au moment où le cortège s'apprêtait à arriver devant le bureau de circonscription de François Legault, deux hommes se sont approchés d'une journaliste. Là, tu t'en vas par l'autre bord, a lancé un premier homme à la journaliste, qui se trouvait alors de l'autre côté du trottoir. Vous n'êtes pas les bienvenus de l'autre bord.

L'homme lui a ensuite interdit de filmer une partie de la manifestation. Si vous filmez, là, il y a des gars [qui vont arriver], a-t-il dit. Si, moi, je vois la caméra qui va là, c'est sûr qu'il y a du monde qui vont venir ici, a-t-il répété.

Je ne veux pas avoir ça sur les nouvelles à partir de là. Si je vois ça, je vais.., a-t-il ajouté sans terminer sa pensée. Affirmant être un peace and love, il a tout de même répété à la journaliste que s'il saut[ait] les plombs, il y en a 25 [manifestants] qui [allaient] venir ici tout de suite.

Selon lui, le traitement médiatique du convoi de camionneurs qui a paralysé le centre-ville d'Ottawa l'hiver dernier justifie cette méfiance. On n'a plus confiance en personne, a-t-il dit.

L'échange s'est terminé sur une menace à peine voilée : Il n'y a personne qui va t'achaler si je ne reviens pas ici. Si je reviens ici une deuxième fois, regarde, je n'ai pas de contrôle, a dit l'homme en quittant.

Pour s'assurer que tout se déroule dans l'ordre, la police municipale de L'Assomption a reçu l'appui de la Sûreté du Québec.

Un homme tient une affiche sur laquelle on peut lire « Finalement, c'est McKinsey qui décide ».

Les mesures sanitaires et la vaccination sont au cœur des reproches formulés au gouvernement sortant.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Les chefs appellent au calme et au vote

On peut s'exprimer en société, mais évidemment, on veut que ça se déroule dans le calme, a déclaré en point de presse plus tôt samedi le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, avant d'ajouter ceci : Il y a un scrutin le 3 octobre, on peut s'exprimer en allant porter son vote dans la boîte.

« La liberté d'expression est une valeur importante au Québec. Par contre, ça doit se faire dans le respect et sans intimidation. »

— Une citation de  François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Même son de cloche du côté de Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec : Il faut rester prudent, a-t-elle dit. On invite tout le monde à manifester calmement, mais surtout à manifester leur mécontentement dans les urnes.

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