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Augmentation du salaire minimum en Saskatchewan : trop ou trop peu ?

Trois personnes au travail : une coupe une pizza, une autre emballe des produits alors qu'une dernière nettoie une caisse.

Les emplois dans les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie et de la vente au détail sont souvent ceux qui offrent le salaire minimum (archives).

Photo : Steven Senne/AP, Paul Sakuma/AP, Simon Dawson/Bloomberg

Radio-Canada

Le salaire minimum augmente samedi en Saskatchewan, passant de 11,81 $/h à 13 $/h, une hausse insuffisante pour pallier les coûts liés à l’inflation, selon des experts.

Le salaire minimum en Saskatchewan augmentera de nouveau le 1er octobre 2023, atteignant 14 $/h, et il y aura une autre hausse en 2024, ce qui mènera le salaire minimum à 15 $/h.

À ce stade, note le gouvernement de la Saskatchewan, le salaire minimum aura connu une augmentation de 89 % depuis 2007, lorsqu’il s’établissait à 7,95 $/h.

Pas assez, disent certains

Andrew Stevens, professeur à l’Université de Regina.

Professeur à l’Université de Regina, Andrew Stevens a publié une étude en 2017 au Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) au sujet du salaire minimum en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Alexander Quon

Professeur à l’Université de Regina, Andrew Stevens affirme que, malheureusement, nous sommes encore au bas de l’échelle comparativement aux autres provinces, citant l’exemple du Manitoba, qui voit son salaire minimum grimper à 13,50 $/h samedi.

Malgré l’augmentation substantielle en pourcentage, M. Stevens affirme que les coûts liés à l’immobilier, à l’alimentation et à l’énergie vont dépasser les augmentations salariales des résidents.

« Cette augmentation du salaire minimum n’est pas une solution miracle. »

— Une citation de  Andrew Stevens, professeur à l’Université de Regina

Nous avons l’impression que les travailleurs payés au salaire minimum sont des adolescents qui vivent dans le sous-sol de la maison de leurs parents. C’est une simplification à outrance. Nous savons que les aînés, notamment, travaillent au salaire minimum.

Les femmes, ajoute-t-il, sont surreprésentées parmi les rangs des gens qui travaillent au salaire minimum.

C’est trop, disent d’autres

Sheikh Kamal Ahmed, propriétaire d’une épicerie à Saskatoon.

Sheikh Kamal Ahmed, propriétaire d’une épicerie à Saskatoon, constate une augmentation considérable de ses frais d'exploitation.

Photo : Radio-Canada / Pratyush Dayal

Andrew Stevens avance que certains propriétaires de petites entreprises sont en faveur de cette augmentation salariale, mais ce n’est pas le cas de Sheikh Kamal Ahmed, propriétaire d’une épicerie à Saskatoon.

Il y a une augmentation de 20 % à 30 % des coûts liés à l’importation de produits en provenance du Bangladesh, de l’Inde ou d’autres pays de l’Asie du Sud, explique le commerçant. Mais les clients ne sont pas prêts à payer autant pour ces produits.

Avec les dépenses frappées par l’inflation, l’augmentation du salaire minimum va avoir un impact négatif sur nos affaires, a-t-il affirmé.

Brianna Solberg, analyste principale en matière de politiques au sein de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Brianna Solberg est analyste principale en matière de politiques au sein de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui représente plus de 4300 petites entreprises en Saskatchewan.

Photo : Fournie par Donna Santos Studio

Analyste principale en matière de politiques au sein de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Brianna Solberg affirme que la moitié des petites entreprises de la province ont renoué avec des ventes de niveau prépandémique.

Selon les données de la FCEI, la plupart des commerçants ont augmenté les prix de leurs produits et de leurs services afin d’affronter l’augmentation généralisée des coûts survenue au cours de la dernière année.

Selon Mme Solberg, les propriétaires de petites entreprises indiquent que c’est en grande partie à cause des coûts liés à la main-d'œuvre.

« Cette augmentation salariale survient alors que les propriétaires de petites entreprises tentent encore de se rétablir des effets de la pandémie. »

— Une citation de  Brianna Solberg, analyste principale en matière de politiques au sein de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

La FCEI demande au gouvernement provincial de geler les taxes pour les petites entreprises, le temps que celles-ci se rétablissent. Elle demande également d’abandonner la taxe de vente provinciale, en vigueur à compter de samedi.

Un salaire vital plutôt qu’un salaire minimum

Le militant Peter Gilmer, du groupe Regina Anti-Poverty Ministry.

Militant auprès du groupe Regina Anti-Poverty Ministry, Peter Gilmer affirme que l'augmentation salariale en Saskatchewan représente un pas dans la bonne direction mais qu'elle ne suffit pas.

Photo : Fournie par Peter Gilmer

Militant au sein du groupe Regina Anti-Poverty Ministry, Peter Gilmer affirme que l’augmentation ne suffit pas, qu’elle soit de 13 $/h ou de 15 $/h.

Citant un rapport du CCPA qui date de 2021, M. Gilmer affirme qu’il faudrait un salaire de 16,23 $/h à Regina et de 16,89 $/h à Saskatoon afin de maintenir un niveau de vie décent.

Passer d’un salaire minimum à un salaire vital permettra aux gens de combler leurs besoins de base, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, affirme Peter Gilmer. Cette augmentation permettra de limiter la migration de Saskatchewanais vers d’autres provinces.

« Un salaire vital est essentiel afin de corriger le problème de la pauvreté grandissante en Saskatchewan. »

— Une citation de  Peter Gilmer, militant au sein du groupe Regina Anti-Poverty Ministry

À Saskatoon, Darell Mills est directement touché par cette nouvelle mesure puisqu’il travaille au salaire minimum.

Ça va prendre un certain temps avant de rattraper le coût de la vie, explique-t-il, affirmant que ses dépenses pour l’essence et pour l’alimentation ont augmenté.

Quand on a des enfants ou quand on veut retourner aux études, c’est très difficile.

Avec les informations de Pratyush Dayal

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