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L’ouragan Ian laisse dans son sillage une Floride dévastée

Deux hommes dans un bateau avec le drapeau américain.

Deux hommes tentent de regagner leur domicile en bateau, samedi, en Floride, après le passage de l'ouragan Ian.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Agence France-Presse

Le bilan continue de s'alourdir en Floride après le passage de l'ouragan Ian, qui a fait au moins 62 morts dans cet État du sud des États-Unis et qui devrait se dissiper au cours de la nuit de dimanche.

La Commission des médecins légistes de Floride a déclaré dimanche qu'elle avait confirmé 58 décès attribuables à l'ouragan, tandis que le gouverneur de la Caroline du Nord a déclaré samedi que quatre personnes étaient mortes à cause de Ian.

Le précédent bilan en Floride était de 44 morts.

Le président Joe Biden et son épouse Jill doivent se rendre mercredi dans cet État pour constater les dégâts causés par cet ouragan, selon la Maison-Blanche. Ils iront lundi à Porto Rico, où 135 000 clients sont encore sans électricité depuis le passage de Fiona.

La polémique enflait samedi autour de l'arrivée tardive de l'ordre d'évacuation des plus de 600 000 habitants de ce comté, qui compte la moitié des victimes confirmées.

Il est encore difficile de dresser un portrait précis de la situation en Floride après le passage de l’ouragan Ian. Le bilan des victimes ne cesse de s'alourdir et certains grands médias américains parlent d'au moins 70 morts. Les recherches pour retrouver des survivants se poursuivent. Explications de Jean-Sébastien Cloutier

L'ordre aurait ainsi été donné mardi matin, alors que les comtés avoisinants ont demandé à leurs habitants d'évacuer dès lundi, affirme le New York Times.

Assis à l'ombre d'une maison déserte de Matlacha, Chip Farrar s'exaspère. Personne ne nous dit quoi faire. Personne ne nous dit où aller, dit-il à l'AFP.

Les ordres d'évacuation sont arrivés très tard, assure cet homme de 43 ans. Mais la plupart des gens qui sont encore là ne seraient pas partis de toute façon. C'est un endroit très ouvrier. Et la plupart des gens n'ont nulle part où aller, c'est le plus gros problème, ajoute-t-il.

Parallèlement, les recherches se poursuivaient pour retrouver 16 passagers d'un bateau de migrants qui a chaviré en raison du mauvais temps mercredi près de l'archipel des Keys.

Les gardes-côtes ont annoncé avoir retrouvé deux personnes de cette embarcation décédées dans l'eau, neuf autres ayant été secourues soit au large, soit après avoir nagé jusqu'au rivage.

Une femme qui a la main sur la bouche.

Les dégâts causés par l'ouragan sont énormes.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Après avoir ravagé la Floride, Ian s'est dirigé vers la Caroline du Sud, où il a touché terre vendredi après-midi près de Georgetown en tant qu'ouragan de catégorie 1, accompagné de vents soufflant jusqu'à 140 km/h, selon le Centre national des ouragans (NHC) basé à Miami.

Plus de 669 000 foyers et commerces étaient privés d'électricité en Floride dimanche soir.

Samedi après-midi, Ian charriait des vents allant jusqu'à 35 km/h avec toujours de fortes pluies sur le massif des Appalaches dans le sud-est des États-Unis, a indiqué le NHC dans son dernier bulletin.

Malgré son affaiblissement attendu, les autorités de plusieurs États appelaient tout de même la population à la prudence en raison des fortes précipitations prévues.

Des années pour reconstruire

Dans la péninsule, outre le lourd bilan humain, les dégâts matériels sont historiques, le niveau atteint par la montée des eaux ayant été sans précédent, selon le gouverneur Ron DeSantis.

Dans cet État, nous commençons tout juste à voir l'étendue des destructions, susceptible de se classer parmi les pires de l'histoire des États-Unis, a dit le président Joe Biden.

Il va falloir des mois, des années pour reconstruire, a-t-il déploré.

Une personne qui répare un poteau électrique.

Une personne qui répare un poteau électrique.

Photo : Getty Images / Gerardo Mora

Dans la ville côtière de Fort Myers, qualifiée d'épicentre par Ron DeSantis, une poignée de restaurants et de bars avaient rouvert et des dizaines de personnes étaient assises en terrasse, offrant un semblant de normalité aux habitants entre les arbres cassés et les façades détruites.

C'était assez terrible, mais on a tenu le coup. Le toit de notre maison s'est envolé, un grand arbre s'est effondré sur nos voitures, notre jardin a été inondé, mais à part ça, ça va, dit Dylan Gamber, 23 ans, en se félicitant de la solidarité qui a régné entre voisins.

D'après les premières estimations, le passage de l'ouragan Ian pourrait coûter aux assureurs des dizaines de milliards de dollars et va peser sur la croissance américaine, en raison notamment des annulations de vols et des dégâts sur la production agricole.

Plus de 1100 personnes ont jusqu'ici été secourues dans l'État, a déclaré samedi matin le bureau du gouverneur Ron DeSantis.

Une maison en ruine.

La dévastation pourrait coûter aux assureurs des dizaines de milliards de dollars.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Selon une première étude rapide de scientifiques américains rendue publique vendredi, les pluies liées à l'ouragan Ian ont été accrues d'au moins 10 % en raison du changement climatique.

Le changement climatique n'a pas causé l'ouragan, mais il l'a rendu plus humide, a expliqué un des scientifiques ayant participé à cette étude, Michael Wehner, du Laboratoire national Lawrence-Berkeley, dépendant du ministère de l'Énergie.

Avant la Floride, Ian avait frappé Cuba, y faisant trois morts et d'importants dégâts et laissant là aussi de nombreux foyers sans électricité.

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