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Fiona : des milliards seront disponibles pour la reconstruction de l’est du Canada

Un cabanon en bois est couché sur le côté après avoir été renversé par un ouragan. Un homme en vêtements de travail orange se trouve à proximité.

Constat des dommages à la suite du passage de Fiona à Burgeo, à Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : CBC / James Grudic

Radio-Canada

Une semaine après le passage de la tempête Fiona en Atlantique, le gouvernement fédéral va jouer un rôle financier de premier plan dans la reconstruction des infrastructures qui ont été endommagées, a indiqué samedi matin le ministre des Affaires intergouvernementales, de l'Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc. Ottawa prendra part aux travaux de prévention et de protection du littoral, a-t-il assuré.

On a des milliards de dollars disponibles précisément pour aider les infrastructures communautaires et publiques, celles de transport par exemple, à être plus résilientes lors de ce genre de tempête, a ajouté M. LeBlanc.

Conscient que les plans d’aménagement pour faire face aux catastrophes naturelles sont de compétence provinciale, le fédéral assure qu'il le fera en partenariat avec les provinces.

Un drapeau canadien derrière lui, Dominic LeBlanc est assis durant une conférence de presse.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc, lors d'un point de presse à Ottawa pour faire le point sur la réponse du gouvernement au passage de la tempête Fiona.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le ministre LeBlanc sait fort bien que la reconstruction des infrastructures sur le littoral peut s’avérer problématique, notamment à cause du changement climatique, de l’érosion des sols, des ondes de tempête et des ouragans. Si les gens veulent reconstruire des propriétés privées sur le bord de la mer, sur des terrains qui sont susceptibles d’être inondés, c’est une situation difficile, a-t-il prévenu.

Cependant, Ottawa sera là pour apporter son soutien, a souligné M. LeBlanc.

« Les autorités provinciales vont évidemment prendre le ''lead'' là-dedans, mais on sera là pour compenser, y compris des intérêts privés, si les provinces nous soumettent des demandes. On sera là pour appuyer financièrement, c’est sûr. »

— Une citation de  Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales, de l'Infrastructure et des Collectivités

Il y a une semaine, le passage de la tempête post-tropicale Fiona a provoqué de lourds dégâts en Atlantique, détruisant ou inondant des maisons, faisant tomber des arbres et endommageant des infrastructures.

En Nouvelle-Écosse, près de 36 000 clients de Nova Scotia Power étaient encore privés de courant samedi après-midi. À l’Île-du-Prince-Édouard, environ 30 000 clients sont eux aussi plongés dans le noir depuis plusieurs jours.

Plusieurs personnes s’inquiètent aussi du littoral que la tempête a grugé, de même que les dunes, qui jouent un rôle important dans les écosystèmes des provinces de l’Atlantique.

Les dunes sont importantes comme un habitat qui supporte tout un écosystème, une biodiversité de plantes, d’oiseaux de rivage, de pollinisateurs et d’insectes, même certains mammifères, a commenté la gérante de l’Association du bassin versant de la baie de Shediac, Jolyne Hébert.

Les dunes sont aussi importantes pour protéger nos propres infrastructures comme nos maisons, nos chalets, nos rues, tout ce qui est le long du littoral. Elles sont notre première ligne de défense contre la force des vents et des vagues, a-t-elle affirmé. Au cours des prochains mois, un travail devra être fait pour reconstruire les dunes et pour favoriser leur croissance afin qu’elles puissent jouer leur rôle de barrières naturelles contre les prochaines tempêtes.

Repenser le système des assurances

De plus en plus de compagnies d’assurances refusent de couvrir les dommages causés par des intempéries, notamment des inondations.

Dans ce contexte, quel est le rôle des autorités publiques lorsqu'il s'agit de doter les citoyens d'assurances, surtout ceux qui, avec un salaire modeste, ne peuvent pas se permettre de débourser pour ce service?

Selon Dominic LeBlanc, il n’est pas adéquat de se fier à un système d'assurances privées qui existait il y a 50 ans pour indemniser les gens frappés par des tempêtes massives.

Les destructions causées par l'ouragan Fiona à Rose Blanche, à 45 kilomètres à l'est de Port aux Basques, le samedi 24 septembre 2022.

Cette photo fournie par Pauline Billard montre les destructions causées par l'ouragan Fiona à Rose Blanche, à 45 kilomètres à l'est de Port aux Basques, le samedi 24 septembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / Contribution : Pauline Billard

Le fédéral avait promis de concevoir un programme national d’assurances contre les inondations dans l’espoir de se préparer aux répercussions des changements climatiques et de s’y adapter.

On est au travail pour l’élaborer, a garanti Dominic LeBlanc samedi matin.

« On s’attend à avoir assez vite des options d’assurances avec le secteur privé pour ce genre de pertes qu’on a vues avec Fiona. »

— Une citation de  Dominic LeBlanc, ministre des Affaires gouvernementales

La réalité, c’est que beaucoup de ces compétences-là, pour ce qui est de réglementer les compagnies d’assurances, sont bel et bien dans les mains des provinces, dit-il toutefois. Nous sommes prêts à participer avec les provinces et l’industrie privée à trouver la meilleure façon pour que les particuliers et les petites entreprises puissent avoir accès à des assurances, mais à un prix abordable.

Aide aux pêcheurs

De compétence fédérale, le secteur des pêches souffre lui aussi des répercussions du passage de Fiona, dont les conséquences sont toujours en cours d'évaluation. Des quais ont été gravement endommagés par les intempéries. Selon le ministre LeBlanc, les nouvelles infrastructures seront repensées.

On va rebâtir immédiatement et d’une façon plus résiliente, plus importante, des infrastructures portuaires, des quais de pêcheurs qui ont été endommagés.

Du bois, des déchets et des hélices de bateau jonchent la rive à l'endroit où se trouvait un quai.

Ce quai a été anéanti par la tempête Fiona le 24 septembre 2022 à Rose Blanche, à une cinquantaine de kilomètres de Port aux Basques, à Terre-Neuve.

Photo : CBC / Terry Roberts

En pleine saison de la pêche au homard, les pêcheurs sortent bien penauds de cet épisode : en plus d’avoir manqué plusieurs journées d’une saison qui dure quelques semaines seulement, certains ont subi des pertes matérielles.

La moitié des casiers ont été perdus dans certaines régions où la pêche était en cours, a raconté le ministre. C’est des pertes économiques importantes et on va les appuyer.

L'armée canadienne en Atlantique tant qu'il le faudra

En Atlantique, des milliers de citoyens sont encore privés d’électricité une semaine après la tempête.

À Beaubassin-Est, les citoyens font des piles de branches et d'arbres un peu partout. Ils allument des feux pour brûler ce bois perdu. Le courant a été rétabli chez la plupart des résidents du secteur du sud-est du Nouveau-Brunswick.

À la demande des provinces, le fédéral y a déployé la semaine dernière des troupes des Forces armées canadiennes pour aider surtout à rebrancher les maisons à l’électricité, souligne Dominic LeBlanc. Ils peuvent [aussi] aider à dégager les routes et à ramasser les arbres qui sont tombés.

Samedi avant-midi, on compte notamment 42 000 clients en Nouvelle-Écosse encore dans le noir et 31 000 à l’Île-du-Prince-Édouard.

On a de 700 à 800 soldats et ça va augmenter au fil des prochains jours à la demande des provinces, a dit Dominic LeBlanc samedi matin en entrevue à RDI.

« Les soldats seront là aussi longtemps que ça prend, aussi longtemps qu’il y a un besoin. »

— Une citation de  Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales
Des militaires regardent des maisons détruites par la tempête post-tropicale Fiona.

Mercredi, des militaires évaluaient les dommages causés par Fiona à Burnt Islands, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le ministre dit être en contact constant avec les premiers ministres de l’Atlantique et se veut rassurant : le retrait des troupes n’est pas pour demain matin.

C’est une fonction que les militaires sont très fiers de faire, avance Dominic LeBlanc. Ils voient leurs voisins, leurs amis, leurs familles qui sont en détresse. Alors c’est une fonction normale, mais c’est une fonction très généreuse, et les militaires vont être là […] aussi longtemps que ça prend.

Avec des informations d'Elisa Serret et de Pascal Raiche-Nogue

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