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L’armée ukrainienne est entrée dans Lyman, une ville d’une des régions annexées par Moscou

Un char d'assaut russe brûlé dans un champ de tournesols.

Un char d'assaut russe brûlé se trouve dans un champ de tournesols près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022, à environ 70 kilomètres de Lyman.

Photo : afp via getty images / JUAN BARRETO

Nicolas Bourcier

Les forces armées ukrainiennes sont entrées dans Lyman, une ville d'une des régions annexées par Moscou, a affirmé la Défense ukrainienne.

Cette victoire serait la plus importante enregistrée par Kiev depuis le lancement de sa contre-offensive éclair dans la région de Kharkiv, le mois dernier.

Les forces d'assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk, a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.

L'armée avait plus tôt affirmé avoir encerclé plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk.

Un drapeau ukrainien flotte devant une maison détruite près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022.

Un drapeau ukrainien flotte devant une maison détruite près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022.

Photo : afp via getty images / JUAN BARRETO

Peu de temps après, la Russie a annoncé que ses troupes – qu'elle qualifie d'alliées aux forces séparatistes prorusses – avaient quitté Lyman.

« En raison de la menace d'encerclement, les troupes alliées ont été retirées de [Lyman] pour être placées sur de meilleures positions. »

— Une citation de  Le ministère de la Défense de la Russie, cité par des agences de presse russes

Le ministère a déclaré dans un communiqué que la Russie avait infligé des pertes sérieuses aux forces ukrainiennes en lançant des frappes massives contre elles. Il n'a pas fourni de preuves et cette affirmation n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Malgré les pertes subies, l'ennemi, disposant d'une forte supériorité en forces et en moyens, a introduit des réserves et a poursuivi l'offensive dans cette direction, a-t-il ajouté.

Le ministère de la Défense russe affirme avoir tué plus de 200 soldats ukrainiens et détruit 14 véhicules blindés au cours des dernières 24 heures.

Dans une vidéo diffusée samedi par le directeur de cabinet du président ukrainien, deux soldats accrochent le drapeau national bleu et jaune à un panneau indiquant Lyman à l'entrée de la ville, une cité située dans le nord de la province de Donetsk.

1er octobre. Nous déployons notre drapeau national et nous le posons sur notre terre. Lyman sera l'Ukraine, dit un des soldats dans cette vidéo, debout sur un véhicule militaire, selon la traduction de Reuters.

De 5000 à 5500 soldats encerclés

Les forces russes sont encerclées à Lyman, a déclaré à la télévision ukrainienne un porte-parole de l'armée ukrainienne, Serguiï Tcherevatiï.

Selon lui, environ 5000 à 5500 Russes étaient retranchés à l'intérieur et autour de Lyman ces derniers jours. Mais les derniers combats ont [depuis lors] réduit leurs effectifs, a-t-il ajouté.

Un soldat ukrainien sort sa tête d'un tank.

Des milliers de soldats russes seraient encerclés par les forces ukrainiennes à Lyman, dans la région de Donetsk.

Photo : Reuters / JORGE SILVA

D'après Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région voisine de Louhansk, les soldats russes présents dans le chaudron de Lyman ont trois options : s'enfuir, mourir tous ensemble ou se rendre, a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux.

Les troupes russes ont essayé en vain de mener des opérations militaires pour briser l'encerclement, a dit un porte-parole des forces armées ukrainiennes.

« Certains se rendent, ils ont beaucoup de tués et de blessés, mais l'opération n'est pas terminée. »

— Une citation de  Serguiï Tcherevatiï, porte-parole de l'armée ukrainienne

Le gouverneur de Louhansk, en exil, a déclaré de son côté que des soldats russes avaient sollicité le droit de quitter en sécurité la zone encerclée mais que leur demande avait été rejetée. L'état-major général ukrainien a déclaré à Reuters ne pas disposer de cette information.

Vers 8 h, plusieurs commentateurs militaires russes avaient déjà publié des messages sur leurs chaînes Telegram annonçant que l'armée ukrainienne avait capturé [des soldats] ou, au minimum, pénétré dans Lyman, rapporte la BBC.

L'épave d'un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d'Izioum.

L'épave d'un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d'Izioum, à environ 70 km de Lyman.

Photo : Reuters / STRINGER

Importance stratégique

Depuis la prise de Lyman, à la fin mai, les troupes russes ont transformé cette ville de la région de Donetsk en une importante plateforme logistique pour le déploiement des troupes et pour l'approvisionnement en munitions.

Cette ville est également un centre ferroviaire clé, car il relie les régions de Donetsk, de Louhansk et de Kharkiv, dans l'est et le nord-est de l'Ukraine.

Selon le porte-parole de l'armée ukrainienne, la prise de Lyman permettrait d'avancer dans la région de Louhansk, que Moscou avait annoncé, début juillet, contrôler en totalité.

Lyman est importante parce qu'il s'agit de la prochaine étape vers la libération du Donbass ukrainien. C'est une occasion pour avancer vers Kreminna et vers Sievierodonetsk, et c'est très important psychologiquement, a-t-il ajouté.

L'image de Vladimir Poutine est projetée sur un écran géant devant une foule sur la place Rouge à Moscou, en Russie.

Vladimir Poutine s'adresse à la foule réunie sur la place Rouge, à Moscou, après avoir officiellement annexé quatre régions ukrainiennes.

Photo : afp via getty images / ALEXANDER NEMENOV

Vendredi soir, Volodymyr Zelensky s'était félicité des résultats majeurs de la contre-offensive de ses troupes dans l'Est, qui a poussé les Russes à se retirer de nombreux territoires conquis.

Au même moment, Vladimir Poutine avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l'annexion des territoires ukrainiens. La victoire sera à nous, a-t-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la place Rouge, à Moscou.

Menace nucléaire

Ramzan Kadyrov, le chef de la région russe de Tchétchénie, a déclaré samedi que Moscou devrait envisager l'utilisation d'une arme nucléaire à faible puissance en Ukraine dans un contexte de nouveaux revirements sur le champ de bataille.

Dans un message sur Telegram critiquant les commandants russes pour avoir abandonné la ville de Lyman, samedi, M. Kadyrov a écrit  : À mon avis personnel, des mesures plus radicales devraient être prises, et ce, jusqu'à la déclaration de la loi martiale dans les zones frontalières et l'utilisation d'armes nucléaires à faible rendement.

La Russie possède le plus grand arsenal atomique du monde, qui compte des armes nucléaires tactiques à faible puissance.

D'autres grands soutiens de Vladimir Poutine, dont l'ancien président Dmitri Medvedev, ont laissé entendre que la Russie pourrait avoir besoin de recourir aux armes nucléaires, mais l'appel de Kadirov est à ce jour le plus explicite.

Arrestation du directeur de la centrale de Zaporijia

Une patrouille russe a arrêté le directeur de la centrale nucléaire de Zaporijia, a annoncé samedi Energoatom, l'entreprise publique chargée de l'exploitation du site, une information confirmée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Igor Mourachov a été interpellé alors qu'il se rendait de la centrale à la ville de Enerhodar vendredi vers 16 h, heure locale, a précisé le président d'Energoatom, Petro Kotine.

« Il a été sorti de la voiture, on lui a bandé les yeux et il a été emmené en voiture pour une destination inconnue. »

— Une citation de  Petro Kotine, président d'Energoatom, sur Telegram

La Russie n'a fait aucune déclaration publique sur le sujet.

Petro Kotine a précisé en avoir appelé au directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, pour qu'il prenne toutes les mesures immédiates possibles pour obtenir d'urgence la remise en liberté d'Igor Mourachov.

Interrogé par Reuters, un porte-parole de l'AIEA a déclaré : Nous avons contacté les autorités russes et nous leur avons demandé des explications. Quelques heures plus tard, l'AIEA a annoncé avoir été informée par les autorités russes du fait qu'Igor Mourachov était détenu en vue d'un interrogatoire.

Un véhicule blindé est marqué d'un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l'invasion qu'il mène en Ukraine, devant la centrale nucléaire de Zaporijia.

Un véhicule blindé marqué d'un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l'invasion qu'il mène en Ukraine

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

M. Mourashov était opposé à la cession de la centrale de Zaporijia à la Russie, mais les porte-parole d'Energoatom n'ont pas pu confirmer que c'était la raison de son enlèvement.

La centrale de Zaporijia est devenue un des enjeux clés du conflit en Ukraine, Kiev et Moscou s'accusant mutuellement de bombarder le site au risque de déclencher une catastrophe nucléaire.

Dans sa déclaration sur Telegram, Petro Kotine assure qu'Igor Mourachov assume la responsabilité exclusive de la sûreté nucléaire et radioactive du site et que son arrestation compromet la sûreté des activités de la plus grande centrale nucléaire d'Ukraine et d'Europe.

Il appelle les troupes russes à cesser immédiatement les actes de terrorisme nucléaire visant la direction et le personnel du site et à relâcher Igor Mourachov.

La centrale est un trophée stratégique pour la Russie et a suscité l'inquiétude du monde entier en tant que seule centrale nucléaire prise dans une guerre moderne.

Des porte-parole d'Energoatom ont confié à l'Associated Press samedi que les employés de la centrale de Zaporijia étaient contraints de soumettre une demande de transfert vers la société d'État russe qui s'occupe de la gestion des centrales en Russie, Rosatom.

Les combats actifs à proximité signifient qu'il est peu probable qu'elle recommence à produire de l'électricité de sitôt, même si la Russie installe son propre système de gestion.

Un convoi de civils tués découvert

Selon le Service de sécurité ukrainien (SBU), les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi 24 personnes. On dénombre 13 enfants et une femme enceinte parmi les victimes.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants [russes] ont attaqué ces civils qui tentaient d'échapper aux bombardements. Ils ont tiré à bout portant, a-t-il ajouté.

Un convoi de voitures détruites sur le bord de la route avec des cadavres carbonisés à travers les débris.

Les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi au moins 20 personnes.

Photo : via reuters / SECURITY SERVICE OF UKRAINE

Deux voitures ont brûlé complètement, il y avait des enfants avec leurs parents : ils ont brûlé vifs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Le porte-parole du bureau du procureur de la région de Kharkiv, Dmytro Chubenko, a déclaré dans une interview à une chaîne de télévision que l'emplacement du site du massacre sur la ligne de front, dans une zone grise, entravait l'enquête.

Le contrôle de l'armée ukrainienne sur ce territoire n'est pas permanent, a-t-il déclaré. Il est parfois sous notre contrôle, puis passe sous celui de la Russie, et nous ne pouvons donc pas mener à bien toutes les mesures d'enquête.

M. Synegoubov et le service de sécurité ukrainien SBU avaient précédemment déclaré qu'au moins 20 personnes étaient mortes, sans donner la date exacte de l'attaque.

Maintenant, M. Synegoubov affirme que cela s'est passé le 25 septembre vers 9 h (heure locale), citant la police locale. Les détails n'ont pas été vérifiés de manière indépendante.

L'attaque a eu lieu dans la zone grise entre les villes de Koupianks, libérée récemment, et de Svatove, toujours sous occupation russe.

Le chef par intérim du SBU, Vasyl Maliuk, aurait déclaré que l'attaque brutale contre des civils a été menée par un groupe de sabotage et de reconnaissance.

« L'ennemi a prouvé une fois de plus que son objectif est la destruction de tous les Ukrainiens, quels que soient leur âge et leur sexe. »

— Une citation de  Vasyl Maliuk, chef par intérim du SBU

Mais ils n'échapperont pas à la punition. Nous trouverons tout le monde et les ferons répondre des atrocités commises, a-t-il déclaré.

Le gouverneur de la région de Kharkiv, où les corps ont été découverts, a mentionné que des policiers et des experts se sont rendus sur place et qu'une enquête est en cours.

Des cadavres dans des sacs de plastique sur le bord d'un chemin de fer.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants russes ont attaqué des civils qui tentaient d'échapper aux bombardements.

Photo : Reuters / STRINGER

Le vendredi 30 septembre, une équipe de l'AFP avait vu au moins 11 corps de civils, tués par balles dans leurs voitures, sur une route abandonnée par les Russes dans leur retrait de la région la semaine dernière.

Le lieu où la dizaine de civils ont été retrouvés est situé à un endroit où des combats entre Ukrainiens et Russes ont eu lieu récemment, les forces de Kiev menant une contre-offensive d'ampleur dans la région.

Vendredi, une frappe contre un convoi humanitaire avait fait une trentaine de morts.

Avec les informations de Agence France-Presse, REUTER, et BBC

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