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Journée nationale de réconciliation : les Atikamekw regardent vers l’avenir

Mary Coon parle au micro dans un parc. Elle est accompagnée de trois femmes toutes vêtues d'orange.

Mary Coon mène une cérémonie en l'honneur de son ancienne camarade Juliette Rabbitskin, décédée au pensionnat autochtone de La Tuque.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Drouin

Radio-Canada

La communauté atikamekw a souligné la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, vendredi, à La Tuque. Un parc a été inauguré sur le site de l’ancien pensionnat autochtone, devenu aujourd’hui un centre de la petite enfance. 

Le parc a été nommé en l’honneur de Juliette Rabbitskin, une ancienne pensionnaire qui, comme plusieurs enfants autochtones, n’a pas pu retourner chez elle. 

Des autochtones et allochtones tiennent un ruban orange dans un parc.

Le parc Juliette Rabbitskins été inauguré, vendredi sur le site de l’ancien pensionnat autochtone de La Tuque.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Drouin

Son ancienne camarade, Mary Coon, lui a rendu un hommage émouvant lors d'une cérémonie. Elle a indiqué qu’elle ne parlerait pas de la mort de son amie, mais plutôt de sa vie. C'est important de dire aux jeunes, ''c'est ça qui est arrivé avec moi'' , a-t-elle insisté. 

Le devoir de mémoire peut s’avérer douloureux, mais il est impératif, croit Mary Coon. « Juste d'en parler, ça te ramène dans le présent quand c'est arrivé. Mais [il ne faut] pas rester là, parce que tu te nourris de la haine, tu te nourris de la rage. Mais jamais oublier », a-t-elle dit, sur l’importance de la vérité. 

La femme atikamekw se sent prête à franchir une nouvelle étape vers la guérison. La réconciliation s’opère au rythme d’un retour aux racines et aux traditions ancestrales, croit Mary Coon. Qu'est-ce que je souhaite pour l'avenir? Qu'on continue à montrer toute notre école de vie que nous autres on ne savait pas que ça pouvait apporter beaucoup dans notre vie.

C’est dans cette veine que les médias ont pu assister à une cérémonie traditionnelle du nouveau-né, célébrée en l’honneur d’un enfant de la communauté. Celui-ci, comme plusieurs autres enfants atikamekw, ne sera pas dépossédé de sa culture, s’est réjouie Denise Coocoo. 

C’est différent de ce qu’on a vécu. Nos enfants, on essaie d’en prendre soin. C’est nous qui décidons pour eux, ce n’est pas l’autre qui décide pour nos enfants , a-t-elle déclaré. 

Qu'est-ce que je souhaite pour l'avenir? Qu'on continue à montrer toute notre école de vie que nous autres on ne savait pas que ça pouvait apporter beaucoup dans notre vie, surtout pour les tout-petits, a renchéri Mary Coon.  Notre peuple est en train de montrer qu'il se lève. Qu'il se lève de la honte, de la colère, de la rage.

Le chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci, François Neashit, croit que c'est d'ailleurs vers l'avenir que la communauté doit se tourner. 

On va sûrement faire un examen de conscience, de chaque personne, groupe familial et communautaire. Comment on a vécu tout ça? Comment façonner notre avenir ? On est en processus , a-t-il remarqué. 

Avec les informations de Raphaëlle Drouin

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