•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Immigration : les propos de Jean Boulet dénoncés par des organismes en Outaouais

Ndeye Khady Ngom en entrevue sur le bord d'une piste cyclable.

Ndeye Khady Ngom est la présidente d'Action Femmes Afrique et militante pour la lutte pour les droits des femmes et contre le racisme.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les récents propos du ministre de l'Immigration du Québec, Jean Boulet, ne passent pas du côté de divers organismes de lutte pour les droits des personnes immigrantes en Outaouais. On s'inquiète d'ailleurs de voir ce genre d'incidents se produire de plus en plus au sein des partis politiques.

La semaine dernière, Jean Boulet a indiqué en point de presse que 80 % des immigrants s'en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

Cette déclaration avait suscité de vives réactions à l'Assemblée nationale et auprès des communautés immigrantes. La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, avait d’ailleurs demandé à ce que M. Boulet soit démis de ses fonctions.

Ce dernier s’est excusé et s’est dit peiné de la situation, soulignant au passage qu’il avait mal exprimé sa pensée.

Pour la présidente d'Action Femmes Afrique et militante pour la lutte contre le racisme, Ndeye Khady Ngom, ces propos sont scandaleux et regrettables.

Ça démontre qu’il y a des préjugés qui continuent de nous faire reculer, poursuit-elle. Ça freine le projet d’une société québécoise inclusive.

Mme Ngom n'est pas surprise de la décision du premier ministre François Legault de ne pas démettre de ses fonctions le ministre de l'Immigration, ayant lui aussi fait ce genre d'amalgame dans le passé. M. Legault a toutefois laissé entendre que M. Boulet ne serait pas reconduit à la tête du ministère de l'Immigration dans un prochain mandat.

« Chaque fois qu’il y a des enjeux électoraux, on tape sur les immigrants. On est vraiment tannés. Qu'est-ce que ça prend pour être intégré ? »

— Une citation de  Ndeye Khady Ngom, Action Femmes Afrique et militante pour la lutte contre le racisme

Il ne faut pas tolérer ce genre de chose, insiste-t-elle. Les immigrants n'ont pas à justifier leur niveau d'intégration à qui que ce soit.

Entre déception et inquiétude

Dans la communauté, il y a de la déception, de la tristesse, mais également de l’inquiétude, souligne Kethlande Pierre, du Conseil de la communauté noire de Gatineau et porte-parole pour Leaderpol.

On constate que ça devient une tendance pour certains politiciens d’associer l’immigration avec des choses très négatives.

Mme Pierre ajoute que la dernière déclaration n'est pas sans conséquence étant donné la crédibilité que confère le statut de ministre de l'Immigration à M. Boulet. Et cette fois-ci, on a ajouté des statistiques, indique-t-elle au passage.

La communauté en vient d'ailleurs à mettre en doute la volonté de la CAQ d'inclure les communautés immigrantes dans son plan pour la société québécoise, dit-elle.

« Faire plus et faire mieux, ça vient aussi avec les immigrants québécois. »

— Une citation de  Kethlande Pierre, du Conseil de la communauté noire de Gatineau et porte-parole pour Leaderpol

Il reste donc du chemin à faire, estime Mme Pierre. Mais elle croit toutefois qu'il y a une réelle volonté de changer au sein de la population. Le Québec m’a ému, le Canada m’a ému cette année, confie-t-elle.

J'ai participé aux manifestations qu’il y avait eu suite au décès de George Floyd et j’ai pleuré comme une petite fille parce que la majorité des personnes qui étaient présentes, elles n’étaient pas noires, raconte Mme Pierre.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !