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Jean-Paul Fontaine marchant aux côtés d'une banderole et arborant un chandail orange sur lequel il est écrit le mot survivant.

Jean-Paul Fontaine, un survivant des pensionnats autochtones, tenait à mener cette marche.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Louis-Simon Lapointe

Près de 200 personnes ont marché dans le quartier St-Roch à Québec vendredi en marge de la Journée nationale de Vérité et de réconciliation. Les participants souhaitaient rendre hommage aux victimes des pensionnats pour autochtones, et mettre fin à la haine.

Au-devant de la procession, bien en vue aux côtés d’une grande banderole, un homme arbore un chandail orange sur lequel est écrit le mot : survivant.

Jean-Paul Fontaine a déménagé à Québec il y a trois ans seulement. Natif de Pessamit, sur la Côte-Nord, il avait besoin d’un nouveau départ.

Ce qui m'a amené ici, c'est que j'ai fui le fléau de la drogue et de l'alcool, parce que moi, je suis un survivant des pensionnats. Je noyais mes peines dans l'alcool, raconte-t-il, en pesant chacun de ses mots.

Jean-Paul Fontaine posant aux côtés de la banderole de la Journée nationale de Vérité et réconciliation.

Jean-Paul Fontaine a fréquenté le pensionnat de Maliotenam, à Uashat, près de Sept-Îles, il y a 56 ans.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Les douloureux souvenirs de son passage dans un pensionnat autochtone, sont encore frais à sa mémoire.

C’était en 1966. J'avais 11 ans. Un an après le décès de mon père. [...] Je l'appelais par la fenêtre. Papa, papa, viens me chercher, se remémore-t-il.

« C'est pas facile d'oublier les prêtres et personnes qui ont abusé de moi. C'est pas facile de pardonner. Je suis dans un processus de réconciliation »

— Une citation de  Jean-Paul Fontaine, survivant d’un pensionnat autochtone
Dos de chandail de Jean-Paul Fontaine où il est écrit que chaque enfant compte.

Jean-Paul Fontaine voulait aussi lancer un message au dos de son chandail.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Dans le cadre de cette deuxième Journée nationale de la vérité et de la réconciliation , Jean-Paul Fontaine n’aurait pas voulu être ailleurs.

C'était voulu d'être en avant de la marche. Je voulais que les jeunes nous voient, nous, les grands-pères. Je voulais qu'ils sachent ce qui s'est passé, qu'ils nous comprennent, mes enfants.

« Je voulais aujourd'hui qu’ils comprennent pourquoi j'étais dans la boisson et pourquoi je n'ai pas su les aimer comme il fallait. »

— Une citation de  Jean-Paul Fontaine.

Aujourd'hui, j'ai fait des cérémonies avec eux autres. Il y a de l'amour maintenant, ajoute l’homme qui est maintenant sobre depuis trois ans.

Un groupe de 200 marcheurs arrivent sur le parvis de l'église St-Roch.

De simples citoyens de Québec ont également marché avec les Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Quand St-Roch devient orange

Jean-Paul Fontaine était ému de constater la réponse des citoyens, alors que près de 200 personnes ont marché sur la rue Saint-Joseph.

Un groupe de gens portant un chandail orange posant sur le parvis de l'église St-Roch.

La marche a pris fin sur le parvis de l'église St-Roch.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Je ne m'attendais pas à autant de personnes, je croyais qu'on allait être une trentaine, une cinquantaine, mais ce que je vois ici aujourd'hui, ça me fait plaisir, c'est ça me touche au cœur.

La coorganisatrice Pénélope Guay avait lancé l’initiative via les réseaux sociaux. La dame qui est aussi cofondatrice de la Maison communautaire Missinak, un organisme qui a pour mission de venir en aide aux femmes autochtones victimes de violence, tenait à organiser cette marche pour des personnes comme monsieur Fontaine.

Pénélope Guay s'adressant à une foule.

Pénélope Guay et Jean-Paul Fontaine se sont adressés à la foule avant d'amorcer la marche.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Tout ce qui est arrivé aux pensionnats, tout ce qui est arrivé de cette loi sur les Indiens, on en vit encore des conséquences aujourd’hui. J'entends les femmes et les hommes, j'entends ce qui s'est qui se passe, j'entends plein de détresse, indique-t-elle.

« J'aimerais ça qu'on reconnaisse le racisme systémique, parce qu'il existe par rapport à l'histoire, par rapport à ce qu'on est »

— Une citation de  Pénélope Guay, cofondatrice de la Maison communautaire Missinak

Un enjeu négligé

Alors que la campagne électorale provinciale s’achève, Pénélope Guay est attristée de constater que les acteurs politiques se sont peu intéressés aux enjeux que vivent les Autochtones en 2022.

Quand on dit qu'il n'y a pas d'eau dans le Nord, c'est assez triste et on ne parle pas des conséquences de la santé. Les politiciens n’ont rien nommé là-dessus, je ne suis même pas sûre que c'est dans leur dépliant de la campagne, se questionne-t-elle.

Un groupe de 200 personnes qui marche sur la rue St-Joseph.

La marche s'est amorcée sur le coup de 14 h vendredi.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

La cofondatrice de la Maison communautaire Missinak salue toutefois le nombre record de candidats autochtones, tous partis confondus.

Je pense qu’il faut continuer de dénoncer. C'est notre responsabilité de prendre notre place au niveau politique et je suis contente qu'il y en a qui l'ont fait.

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